Écocamionnage est relancé jusqu’en 2028

Le ministre des Transports et de la Mobilité durable, Jonatan Julien, ainsi que le ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs et responsable de la Stratégie maritime, Bernard Drainville, annoncent la réouverture très attendue du programme Écocamionnage.

(Photo: Steve Bouchard)

«Il est essentiel de soutenir l’industrie du transport routier des marchandises dans sa transition vers des technologies vertes. Je suis conscient que le renouvellement du programme Écocamionnage était attendu de l’industrie et c’est maintenant chose faite», a déclaré le ministre Julien. «J’encourage les entreprises du domaine à soumettre leurs demandes de financement et à prendre le virage de la mobilité durable!»

La subvention pour l’achat de véhicules lourds électriques sera offerte jusqu’au 31 mars 2028 et sera dotée d’un financement total de 145,4 M$. Le gouvernement espère que le programme favorisera l’électrification et l’amélioration de l’efficacité énergétique dans l’industrie du camionnage et des véhicules de service, contribuant ainsi à réduire les émissions de GES.

«Écocamionnage a déjà permis de retirer l’équivalent de plus de 15 000 véhicules légers des routes du Québec chaque année, ce qui démontre son effet réel», a affirmé le ministre Drainville. «En renouvelant ce programme, notre gouvernement continue d’appuyer l’industrie dans sa transition vers des solutions plus efficaces et moins polluantes. Grâce au Fonds d’électrification et de changements climatiques (ex-Fonds vert), nous pouvons financer des mesures concrètes pour réduire les GES et soutenir une économie durable.»

Le retour d’Écocamionnage était attendu depuis sa suspension à l’automne 2024. Plusieurs acteurs de l’industrie — dont l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Propulsion Québec et de nombreux transporteurs — avaient réclamé sa relance dans une déclaration commune.

Une motion présentée la semaine dernière à l’Assemblée nationale par Joël Arseneau, porte-parole du Parti Québécois en matière de Transports, demandait la réactivation du programme d’ici la fin de 2025. Elle a été adoptée à 96 voix contre une.

Propulsion Québec, l’une des principales voix demandant le retour d’Écocamionnage, se réjouit de cette annonce. «Le retour d’Écocamionnage envoie enfin un signal clair. Les transporteurs sont prêts à investir et les solutions sont disponibles. Cette relance donne l’élan nécessaire pour réduire les émissions tout en renforçant la compétitivité des entreprises», a indiqué Alexis Laprés-Paradis, PDG par intérim de Propulsion Québec.

«Cette relance est le fruit d’un effort collectif et d’une conviction commune : le Québec peut et doit demeurer un leader de la décarbonation du transport lourd. En unissant nos forces, nous avons renforcé l’importance d’accélérer la transition, de soutenir nos transporteurs et de renforcer une filière stratégique pour l’économie du Québec», a ajouté M. Lapré-Paradis.

Marc Cadieux, PDG de l’ACQ, a également fait part de son enthousiasme via un communiqué. «Nos représentations soutenues auprès du ministère ont porté leurs fruits. Réduire notre empreinte carbone, c’est dans l’ADN même du camionnage et sa volonté de s’inscrire dans son temps», a-t-il souligné.

Les concessionnaires sont eux aussi contents de cette nouvelle. «Pour nous, le mot qui nous vient à la bouche, c’est “enfin”. Nous sommes très contents que le programme soit finalement annoncé et que l’avenir soit plus clair», a souligné Thierry Salem, directeur principal des ventes chez Globocam. Le concessionnaire était en effet pris avec plusieurs camions électriques dans son inventaire qu’il ne pouvait pas vendre sans la subvention, ce qui entraînait des coûts importants.

«Cela va nous permettre de libérer nos inventaires, de remettre les camions aux clients pour qu’ils puissent les mettre en service, et de continuer à soutenir la décarbonation du transport au Québec. Cela va aussi nous permettre de poursuivre le développement et d’appuyer l’électrification des transports dans la province.»


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