Écocamionnage : trop de technologies valables ont été écartées, déplore l’ACQ
Le programme Écocamionnage a été créé pour aider les entreprises de transport par camion à réduire leurs émissions de GES par toutes sortes de moyens diversifiés, selon le type de transport effectué.
Dans sa nouvelle mouture toutefois, ce programme met tous ses œufs dans le panier de l’électrique, déplore l’Association du camionnage du Québec (ACQ), qui souligne qu’à peine 25% à 30% des activités de camionnage d’ici se prêtent à l’électrification des unités motrices. Pour des raisons d’autonomie, de charge utile et de manque d’infrastructures de recharge.
La président-directeur général de l’ACQ, Marc Cadieux, a fait parvenir hier une lettre aux ministres Jonatan Julien (Transports) et Bernard Drainville (Environnement) afin de faire part des préoccupations de ses membres à l’égard de nombreuses technologies permettant de réduire les GES des camions qui ne sont désormais plus admissibles à une aide financière de Québec.

Marche au ralenti, carburants de remplacement, aérodynamique
L’ACQ fait référence à des dispositifs de réduction de la marche au ralenti, à des carburants de remplacement à plus faible empreinte carbone comme le gaz naturel ou encore à des appendices aérodynamiques sur des camions et des remorques qui permettent de réduire la consommation de diesel.
« La liste des technologies admissibles au programme, à date, est déconnectée de ces réalités et viendra probablement freiner les efforts de décarbonation de nombreuses entreprises québécoises pour lesquelles l’électrification n’est pas une solution viable à court et moyen terme », écrit M. Cadieux dans sa missive aux membres du cabinet Legault.
Selon le regroupement de transporteurs, une réduction graduelle des subventions offertes aux technologies autres qu’électriques aurait été préférable que leur élimination pure et simple.
Rétroactivité et espoir d’ajustements
L’ACQ fait par ailleurs valoir que, depuis la suspension d’Écocamionnage le 6 septembre 2024, plusieurs transporteurs se sont retrouvés avec du matériel roulant pour lequel les subventions anticipées ne sont jamais arrivées et qu’aucune rétroactivité n’a été annoncée pour couvrir la période du 7 septembre 2024 au 1er décembre 2025.
L’ACQ semble toutefois confiante de faire en sorte que plusieurs technologies de réduction des GES qui ont fait leurs preuves puissent être réadmises dans la liste de celles qui sont admissibles à de l’aide financière.
Le seul fait que l’organisation dise que la liste des technologies admissibles n’est « à date » pas adéquate et que l’ACQ veuille discuter de la situation avec les ministres concernés laisse croire que, selon elle, il est encore temps de renverser la vapeur.
« Nous croyons nécessaire d’échanger le plus rapidement possible avec les décideurs du programme pour leur permettre de mieux appréhender les réalités quotidiennes complexes de nos transporteurs sur le terrain », conclut Marc Cadieux dans sa lettre aux ministres Julien et Drainville.
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