Est-ce que garder son matériel roulant plus longtemps est la bonne décision financière?

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Alors que la récession du fret entre dans sa troisième année, de nombreuses flottes prolongent le cycle de vie de leur matériel roulant. Cette stratégie peut toutefois comporter des risques : hausse des dépenses de maintenance, interventions plus complexes et possibilité accrue de temps d’arrêt imprévus à mesure que les actifs vieillissent.

La meilleure décision dépend de la composition et de l’utilisation de la flotte, rappelle Brian Antonellis, vice-président senior des opérations de flotte chez Fleet Advantage. «Je ne vous dis pas de remplacer ou de prolonger», a-t-il indiqué lors d’un webinaire organisé le 20 novembre par notre publication sœur TruckNews.com et commandité par FullBay. «Je vous dis de faire vos devoirs pour bien comprendre l’impact de votre décision sur le rendement énergétique, ainsi que sur les réparations et l’entretien.»

(Photo : iStock)

Selon lui, les entreprises doivent connaître leur courbe de coûts totale afin de déterminer si la prolongation du cycle de vie est avantageuse. À mesure que les tracteurs et remorques vieillissent, «la complexité des réparations commence à augmenter, tout comme les coûts».

Au début du cycle, l’entretien d’un véhicule neuf peut coûter entre 1 500 et 3 000 $ par année, surtout pour des opérations de routine. Après cinq ans, ces coûts peuvent grimper à 15 000 $ ou davantage, en raison des interventions mécaniques plus lourdes et des temps d’arrêt additionnels.

À cela s’ajoute la dégradation de l’efficacité énergétique. Même un changement minime sur un camion parcourant 160 000 km par an peut rapidement générer un impact financier important, et ces pertes se cumulent tant que le véhicule reste en service.

«Gérer les coûts, c’est gérer les risques», rappelle Adam Wolk, vice-président de la maintenance chez Canada Cartage, qui exploite 3 000 unités motrices et 4 000 remorques. Tous les actifs ne vieillissent pas au même rythme, dit-il, et il est essentiel de jumeler le bon matériel au bon type de route. Par exemple, une panne imprévue pourra être résolue plus rapidement – et à coût réduit – sur un corridor de fret dense que sur un trajet éloigné des centres de réparation.

Peter Cooper, PDG d’Ascend Consulting, note également que certaines dépenses sont souvent oubliées dans les calculs liés à la conservation prolongée du matériel roulant. Les flottes évaluent rarement si leurs techniciens disposent des compétences nécessaires pour effectuer des remises à neuf de moteurs ou transmissions. De tels projets prennent plus de temps que la maintenance préventive, peuvent exiger l’embauche de ressources supplémentaires ou encore mener à l’externalisation — un coût trop souvent absent des prévisions.

Bien entendu, le prix élevé du matériel neuf est l’un des principaux arguments derrière cette stratégie attentiste. Toutefois, souligne M. Wolk, les camions récents offrent une meilleure efficacité énergétique, des capacités accrues de collecte de données et des outils de télémétrie qui peuvent améliorer la productivité. Disposer de matériel rouant moderne peut aussi faciliter le recrutement et la fidélisation des chauffeurs, réduisant les coûts liés aux ressources humaines.

La différence de consommation de carburant entre un camion modèle 2026 et un modèle d’il y a dix ans peut être significative, ajoute M. Antonellis. Les économies peuvent atteindre 12 000 $ par an et par camion, un facteur impossible à négliger lorsqu’il s’agit de déterminer le bon moment pour renouveler son matériel roulant.


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