Exemptions de s’arrêter aux postes de pesée dès le 1er mars en Ontario. Le Québec encore indécis

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Ce texte a été mis à jour afin d’inclure les dispositions du gouvernement ontarien à l’égard des transporteurs du Québec

Dès le 1er mars, les camions de transporteurs ayant un bon dossier de sécurité en Ontario et immatriculés dans cette province pourront être exemptés de s’immobiliser à certains postes de pesée et d’inspection ontariens, la province voisine ayant adopté la technologie Drivewyze déjà utilisée à grande échelle aux États-Unis.

L’annonce officielle de la mise en place de ce programme a été faite hier aux installations de la firme de camionnage Rosedale à London, en présence du ministre des Transports de l’Ontario, Jeff Yurek.

Selon les autorités ontariennes, cette initiative permettra aux transporteurs exemplaires d’économiser temps, argent et carburant en ne se soumettant pas à des contrôles superflus. L’autre avantage est qu’avec un moins grand nombre de poids lourds à vérifier, les agents du contrôle routier de l’Ontario pourront se concentrer leurs efforts sur les transporteurs délinquants .

L’Ontario est la deuxième province canadienne à aller de l’avant avec ce programme de contournement des points de contrôle, l’Alberta ayant pavé la voie.

La technologie de pré-approbation identifie rapidement les camions à risque élevé lorsqu’ils s’approchent d’un poste d’inspection et avertit les agents que le véhicule lourd doit entrer au poste pour une inspection complète. Les camions ayant de bons antécédents en matière de sécurité reçoivent une alerte leur indiquant qu’ils sont autorisés à contourner l’arrêt.

Le ministère des Transports de l’Ontario (MTO) laisse poindre la possibilité que des transporteurs du Québec sillonnant fréquemment ses routes puissent bénéficier du même avantage de contournement. « Le ministère envisage diverses options permettant d’étendre le programme à des transporteurs provenant d’autres juridictions canadiennes », indique le MTO.

L’application mobile appelée Drivewyze sera livrée par Intelligent Imaging Systems Inc., une entreprise canadienne. La firme québécoise ISAAC Instruments fait également partie des revendeurs Drivewyze, plusieurs transporteurs utilisant déjà la plateforme ISAAC/Drivewyze pour faciliter leurs déplacements aux États-Unis là où le contournement de postes d’inspection (bypass) est permis.

La nouvelle a été applaudie par l’Ontario Trucking Association (OTA), son président Stephen Laskowski déclarant que la technologie permettra d’éliminer « les tracasseries administratives pour la grande majorité des conducteurs et des parcs de camions qui font de la sécurité routière une priorité chaque jour. »

Même enthousiasme du côté de l’Association canadienne du camionnage d’entreprise (ACCE) qui regroupe les flottes privées du pays, alors que son président Mike Millian rappelle que les statistiques de la Commercial Vehicle Safety Alliance (CVSA) montrent qu’environ 80 % des véhicules réussissent leur inspection routière. « L’ACCE appuie sans réserve cette approche et félicite le ministère d’avoir mis sur pied ce nouveau programme en Ontario », a déclaré M. Millian.

Incertitude au Québec

Quant à savoir si de telles mesures d’exemption d’arrêt aux postes de contrôle seront adoptées au Québec pour les transporteurs ayant une fiche de sécurité immaculée, des messages contradictoires circulent en ce moment.

En entrevue téléphonique, le porte-parole de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) Mario Vaillancourt indique que ce n’est « pas dans les plans pour le moment ». Il ajoute qu’il n’est pas en mesure de dire si les autorités québécoises ont eu ou pas des discussions avec Drivewyze.

Par contre à l’occasion d’un échange avec Transport Routier, le vice-président au marketing de Drivewyze, Doug Johnson, affirme : « Nous avons eu des rencontres et des discussions avec la province [de Québec]mais en ce moment nous n’avons pas encore d’entente pour y opérer. »

Il ajoute qu’ISAAC, à titre de partenaire d’affaires, est tout aussi motivée à ce que le programme de contournement voie le jour au Québec et que l’entreprise de Chambly a offert son appui pour que cela se matérialise.

Un intérêt que le président d’ISAAC, M. Jacques DeLarochellière, confirme : « L’intégration de Drivewyze à la solution d’ISAAC contribue au développement de l’Internet des camions et facilite la vie des transporteurs, tout en réduisant leur impact environnemental et en préservant la sécurité routière. L’équipe d’ISAAC serait très heureuse de contribuer au déploiement des contournements de pesées routières au Québec », dit-il dans une déclaration qu’il nous a fait parvenir.

On peut présumer que l’Association du camionnage du Québec (ACQ), dont nous attendons les commentaires incessamment, travaille elle aussi en coulisses à faire avancer ce dossier dans l’intérêt des transporteurs d’ici qui sont respectueux des lois et règlements.

Contrairement aux États-Unis où il y a une certaine forme d’harmonisation entre les États dans les critères et modes d’attribution des cotes de sécurité aux entreprise de camionnage, chaque province canadienne a ses propres règles en la matière. C’est ce qui explique le déploiement plus lent ici d’un programme de contournement d’un océan à l’autre.

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