Grève partielle des débardeurs du port de Montréal

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Le Syndicat des débardeurs du port de Montréal (SCFP 375) a envoyé un avis de grève partielle samedi en réponse à un avis de l’employeur qui va suspendre le régime de sécurité d’emploi prévu à la convention collective à partir de mardi.

«Vendredi dernier, après une bonne semaine de négociations où les travaux allaient bon train, nous avons été surpris de recevoir un avis de l’employeur comme quoi dans 72 heures, c’est-à-dire à partir de mardi, il exerçait son droit de lock-out», d’expliquer Michel Murray, conseiller syndical du SCFP.

(photo : port de Montréal)

En réponse à cet avis, le Syndicat des débardeurs a répliqué samedi avec un avis de grève partielle. À partir de mardi, les débardeurs feront une grève du temps supplémentaire et ils ne prolongeront plus les quarts de travail au-delà des huit heures normales. De plus, à partir de samedi, le 17 avril, il y aura grève les samedis et dimanches pour une durée illimitée.

Les quarts de travail du lundi au vendredi de jour, de soir et de nuit seront travaillés normalement.

«Ainsi, nous mettons de la pression sur l’employeur sans trop déranger les clients qui attendent leurs marchandises. Bien franchement, nous étions surpris par l’action de l’employeur. Lorsque la partie patronale a quitté la table de négociations vendredi, ils n’ont donné aucun signe qu’ils allaient agir ainsi. Nous croyons toujours à la négociation et attendons impatiemment un retour à la table», d’ajouter M. Murray.

Rappelons que le 17 février dernier, les négociations ont été rompues entre l’AEM et les débardeurs, représentés par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Le syndicat n’avait toutefois pas menacé d’entreprendre une grève et avait exprimé sa volonté de retourner à la table de négociation. 

Marc Cadieux, président et directeur-général de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), avait alors déclaré «qu’une nouvelle grève serait catastrophique et que tout doit être fait pour éviter que la situation de l’été 2020 ne se répète».

«Chaque jour, 2 500 camions transitent au port de Montréal, ce qui représente plus de 2 400 conteneurs par jour», a précisé aujourd’hui M. Cadieux, lors d’un entretien avec Transport Routier. «L’industrie du transport routier de marchandises génère plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans le Grand Montréal, et représente au Québec 54 % du volume en tonnes manipulées. La situation qui perdure actuellement au port de Montréal a déjà des conséquences néfastes pour l’industrie du camionnage. On constate déjà une diminution des volumes et un détournement des marchandises vers des ports concurrents et plus éloignés. Il s’agit de répercussions directes et importantes pour l’économie du Grand Montréal, pour les entreprises canadiennes qui dépendent du commerce international et, ultimement, pour l’approvisionnement en biens et produits pour les citoyens. Nos membres anticipent des pertes d’emplois puisque l’arrêt des opérations portuaires force des transporteurs à suspendre leurs opérations, à réduire le personnel, dont de nombreux chauffeurs.»

M. Cadieux demande à la ministre du Travail, Filomena Tassi, d’intervenir immédiatement afin d’empêcher une situation qui aurait des conséquences économiques pour le Québec et le Canada. «L’apport économique de l’industrie de la logistique dans le Grand Montréal est immense», conclut-il.

Tôt ce matin, le groupe d’intervenants économique composé de l’ACQ, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), le Conseil du patronat du Québec (CPQ), la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) ainsi que Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) se sont réunis afin d’établir la stratégie d’intervention à adopter. Une sortie médiatique commune est prévue demain, à l’occasion d’une conférence de presse qui aura lieu à 10 h.

Comptant près de 122 000 membres au Québec, le SCFP représente le Syndicat des débardeurs du port de Montréal ainsi que les débardeurs des ports de Québec, Trois-Rivières, Sorel, Matane, et les débardeurs d’Arrimage du Saint-Laurent (Baie-Comeau), pour un total de quelque 1545 membres.  

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