John O’Leary, nouveau PDG de Daimler Trucks North America

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Si vous pensez que c’est facile d’être président et chef de la direction du principal fabricant de camions en Amérique du Nord, détrompez-vous.

John O’Leary, qui a pris les rênes de Daimler Trucks North America (DTNA) le 1er avril, l’a fait alors que la demande de nouveaux camions explosait, mais que la capacité des fabricants à combler cette demande était mise à mal. Les problèmes de chaîne d’approvisionnement mondiale et les pénuries de composants ont préoccupé les fabricants de toutes sortes, et DTNA n’est pas à l’abri.

John O’Leary (photo : DTNA)

«C’est une véritable montagne russe», a admis M. O’Leary lors d’une rencontre virtuelle avec la presse spécialisée. «Il y a des matins où je me réveille avec un courriel de notre responsable de la fabrication en Caroline du Nord disant qu’il y a une crise majeure, que nous n’allons pas recevoir de micropuces et que nous allons peut-être devoir fermer pendant un mois. Puis, plus tard dans la journée, il écrit ‘Je plaisante, nous les avons trouvées’ et mon rythme cardiaque redescend. J’aimerais que cela cesse, mais il semble que ce soit le monde dans lequel nous vivons dans un avenir prévisible.»

Heureusement, a ajouté M. O’Leary, en tant qu’organisation mondiale, Daimler a été en mesure d’exploiter ses activités dans d’autres juridictions pour atténuer le problème. DTNA partagera des fournisseurs avec ses filiales européennes, par exemple, et vice-versa, pour continuer à faire tourner les chaînes de montage. Il y a aussi des personnes dans les services d’achat et de gestion des fournisseurs dont le «seul objectif dans la vie» est de trouver les pièces nécessaires.

«C’est une approche très combinée et basée sur le travail d’équipe pour nous approvisionner à l’échelle mondiale», a-t-il expliqué. «Nous faisons de notre mieux et par conséquent, nos usines n’ont été arrêtées que pendant de courtes périodes de temps.»

John O’Leary a grandi dans la région de Seattle et a passé plus de dix ans chez un fabricant de camions concurrent avant de se joindre à Freightliner en 2000. Il a notamment dirigé la division des pièces de rechange, a orchestré un redressement d’entreprise, a travaillé avec Mercedes-Benz en Allemagne et a occupé un poste de directeur financier.

Il est maintenant responsable de l’un des principaux marchés de Daimler.

«Ce qui s’est passé au cours des 10 ou 15 dernières années ici, c’est que nous avons vraiment compris la nécessité de mettre l’accent sur le client», a-t-il déclaré à propos du marché nord-américain. «Nous avons proposé d’excellents produits. Le Cascadia a été un véritable succès, le moteur DD15 a été un véritable succès, et notre réseau de concessionnaires a beaucoup progressé en termes d’investissements.»

Mais il a fait remarquer que l’entreprise ne se repose pas sur ses lauriers. DTNA veut renforcer sa présence auprès des petites flottes et dans le segment des camions spécialisés. L’entreprise continue à se mesurer non seulement aux fabricants de camions rivaux, mais aussi aux entreprises d’autres secteurs. Après tout, à mesure que les camions deviennent plus complexes, DTNA se retrouve en concurrence avec des sources non traditionnelles de talents.

«La course aux talents est brutale en ce moment», a-t-il dit. «Nous essayons d’embaucher beaucoup de personnes avec des profils différents de ceux dont nous avions besoin par le passé. Pour recruter des ingénieurs logiciels, nous sommes en concurrence avec des entreprises comme Apple et Google, entre autres, et nous devons être un employeur très attractif. Beaucoup plus que par le passé.»

En même temps, l’entreprise cherche à se diversifier, selon M. O’Leary. La division mexicaine est désormais dirigée par une femme d’origine latine et d’autres employés issus de minorités y occupent des postes de direction.

«Nous essayons vraiment d’être plus progressistes par rapport aux personnes que nous embauchons», poursuit-il. «Elles doivent être formidables en termes d’intelligence et de capacité, mais nous voulons aussi ressembler au reste de la société.»

Interrogé sur les efforts de Daimler visant à développer des véhicules zéro émission propulsés par des moteurs électriques à batterie et à pile à combustible, M. O’Leary a répondu que le diesel n’allait pas disparaître du jour au lendemain.

«Nous comprenons vraiment, à l’heure actuelle, où se situent nos intérêts», a-t-il souligné. «Nous comprenons parfaitement que les camions que nous vendons aujourd’hui, et que nous vendons avec beaucoup de succès, sont des camions équipés de moteurs à combustion interne. Il n’y a aucune volonté de s’en écarter, de s’en débarrasser et de dire ˈOublions tout ce succès et laissons tomber le dieselˈ».

Il a toutefois reconnu que les gros clients s’intéressent de plus en plus aux camions électriques, et que des pressions politiques et sociétales s’exercent en faveur du passage à l’électricité.

«Les gens sont très intéressés par cela en ce moment, donc nous devons avoir un produit», a-t-il conclu. «Nous voulons être l’un des pionniers dans ce domaine, et nous allons donc proposer un excellent produit.»

Bien qu’il n’ait pas voulu divulguer le nombre de commandes de camions électriques eM2 et eCascadia dévoilés récemment, il a déclaré que «la demande est bonne».

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