La CTOA exhorte les gouvernements à inclure les petits transporteurs dans les discussions sur la réforme du camionnage

La Canada Truck Operators Association (CTOA) demande aux gouvernements et aux décideurs de consulter directement les chauffeurs et les petits exploitants de camionnage lors de l’élaboration de réformes du secteur, soutenant que de nombreux transporteurs sont injustement tenus responsables de problèmes systémiques plus vastes.

Lors d’une récente séance d’information destinée à ses membres à Brampton, en Ontario, l’association a réuni des exploitants de camionnage, des agents d’application de la loi, des professionnels de la formation, des représentants du secteur de l’assurance et des experts en sécurité afin de discuter de divers enjeux, notamment le bien-être des chauffeurs, les normes de formation, le vol de marchandises, les pressions exercées par les assureurs et les pratiques d’application de la réglementation.

(Photo : CTOA)

«Le Canada doit avoir une véritable discussion sur le camionnage, mais cette discussion ne peut pas se faire uniquement au sujet des transporteurs; elle doit se faire avec les transporteurs», a déclaré Tejpreet Dulat, porte-parole de la CTOA.

L’association souligne que les petites entreprises dominent le secteur canadien du camionnage, citant des données fédérales selon lesquelles 83,4 % des établissements employeurs du transport routier en 2025 étaient des microentreprises comptant moins de cinq employés, tandis que 16,1 % supplémentaires étaient classés comme petites entreprises.

Selon Tejpreet Dulat, ces entreprises sont souvent les plus touchées par la hausse des coûts d’assurance, le fardeau réglementaire, l’augmentation du prix du carburant et la surveillance accrue du public.

L’événement comprenait notamment une présentation de Philip Fletcher, président de la Truck Training Schools Association of Ontario, qui a abordé les normes de formation et la supervision des écoles de conduite commerciale.

L’association a soutenu que l’inconstance de la qualité de la formation peut exposer à des risques tant les chauffeurs que les transporteurs.

«Lorsqu’une entreprise embauche un chauffeur muni de permis et de documents délivrés par le gouvernement, elle se fie également à ce système», a déclaré Tejpreet Dulat. «Si la qualité de la formation est inégale, le chauffeur comme l’entreprise peuvent alors devenir victimes d’une défaillance plus large du système.»

La séance a également présenté des exposés sur les tendances en matière de vol de marchandises par le Bureau de lutte contre le crime automobile commercial du Service de police régional de Peel, ainsi que des discussions portant sur la santé au travail, les tests de dépistage de drogues et d’alcool, la gestion des risques au sein des flottes et la santé mentale des chauffeurs.

La CTOA a exprimé son appui à la décision de la Colombie-Britannique d’exiger l’installation de caméras de tableau de bord orientées vers l’extérieur dans les camions commerciaux. Elle a également suggéré que l’Ontario et les autres provinces envisagent des mesures similaires, tout en mettant en place des protections adéquates en matière de vie privée.

L’association estime que l’attention médiatique récente portée aux enjeux de sécurité dans l’industrie du camionnage représente une occasion de mettre en œuvre des réformes. Elle prévient toutefois que les décisions politiques devraient être fondées sur les réalités du secteur plutôt que sur des généralisations à l’égard des transporteurs.

«Il est facile de blâmer tout le monde», a affirmé Tejpreet Dulat. «Ce qui est plus difficile, mais aussi plus responsable, c’est de s’attaquer aux causes profondes : les lacunes en matière de formation, les règles peu claires, l’application inégale de la réglementation, la hausse des coûts, les pressions exercées sur la chaîne d’approvisionnement et le manque de consultation directe des véritables acteurs du secteur.»


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