La pandémie complique les relations entre le CFTR et ses enseignants contractuels

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La Commissions scolaire de la Rivière-du-Nord (SCRDN) a émis un communiqué visant à apporter des précisions quant à l’arrêt obligatoire de ses activités depuis le 13 mars, en lien avec la pandémie de la COVID-19.

«À l’évidence, ces deux mois d’inactivité ont retardé d’autant l’avancement de formation de la cohorte inscrite avant le 13 mars et, par conséquent, leur diplomation. Cet arrêt obligatoire est également responsable du retard de l’arrivée de nouvelles cohortes, dont le début de formation était initialement programmé pour le mois de mai», a indiqué par communiqué la CSRDN, de laquelle relève le Centre de formation du transport routier (CFTR) de Saint-Jérôme.

Les consignes ministérielles quant à la réouverture progressive du CFTR ont permis une reprise partielle des activités. Cependant, la mise en place de mesures de protection particulièrement strictes empêche les élèves de poursuivre leur formation au même rythme que ce qu’ils ont connu antérieurement, indique la CSRDN, ajoutant que ce ralentissement a lui aussi des répercussions sur le moment où les élèves pourront terminer leur formation et celui où de nouvelles cohortes pourront intégrer leur programme de formation.

«Dans ce contexte hors du commun, alors que les emplois permanents ont pu être préservés, le CFTR a été forcé de mettre fin à des ententes contractuelles avec certains de ses enseignants », explique la CSRDN dans son communiqué. À l’origine, ces ententes prévoyaient un nombre d’heures qui tenait compte de l’affluence des nouvelles cohortes printanières. Ce mode de gestion permet habituellement aux enseignants contractuels d’avoir une stabilité quant au nombre d’heures qui leur sont offertes et au point de service dans lequel ils effectuent leur prestation de travail.

«Avec l’arrivée de cette crise sanitaire, il était impossible d’honorer ces ententes basées sur des prévisions de clientèles. Toutefois, le CFTR s’est engagé auprès de ces enseignants à les rappeler au fur et à mesure que les activités reprendraient, et ce, conformément à une entente intervenue le 14 mai dernier entre la CSRDN et le Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord (SERN).»

Avec l’arrivée de cette crise sanitaire, il était impossible d’honorer ces ententes basées sur des prévisions de clientèles.

Christian Aubin, président du syndicat, affirme qu’aucune entente n’est intervenue le 14 mai. «Le vice-président du syndicat et deux délégués étaient sur place, en plus de deux autres délégués qui ont participé par vidéo. Les professeurs ont dit souhaiter que le CFTR garde le plus de d’enseignants possible en évitant le plus de déplacements possible. Nous avions des demandes et ils en avaient aussi», de dire M. Aubin. «Durant la rencontre, des suggestions ont été faites. On a discuté, on a proposé des choses, mais jamais il n’y a eu d’entente.»

Le président du syndicat ne s’explique pas pourquoi les contrats de 63 enseignants sur 161 ont été résiliés du 1er au 28 juin et, qu’une semaine plus tard, leur employeur leur aurait demandé s’ils étaient disponibles durant cette période, mais à un taux horaire plus bas que celui prévu dans le contrat des enseignants. «Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on coupe les 63 enseignants contractuels, mais on veut ensuite les engager à taux horaire. Et on parle d’une entente? Sérieusement, si on nous avait proposé ça, pensez-vous qu’on aurait signé sans rien dire?», nous a-t-il-dit en entrevue téléphonique.

Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on coupe les 63 enseignants contractuels, mais on veut ensuite les engager à taux horaire.

La question des frais de déplacement occasionnés dans le cas où un enseignant est appelé à aller travailler dans un des points de service du CFTR pose aussi problème, au dire du syndicat. «La Commission scolaire a établi qu’elle rembourserait 100$ pour les déplacements de plus de 125 kilomètres, alors que la possibilité de déplacement la plus éloignée est un peu en-dessous de 125 kilomètres», plaide M. Aubin.

En outre, le syndicat déplore que la CSRDN invoque le manque d’élèves comme motif pour les mises à pied, affirmant de son côté qu’il y a «bien suffisamment d’élèves, au point où ils ont manifesté pour avoir leur formation».

«La CSRDN affirme aussi qu’il y a un manque de camions en raison des normes sanitaires qui obligent à faire la formation sur la route avec un enseignant et un élève dans la cabine, plutôt qu’avec quatre élèves pour un professeur. Le Centre de formation en transport de Charlesbourg à Québec est dans la même situation et pourtant ils roulent», argue M. Aubin.

La CSRDN a indiqué que, depuis le 19 mai, la reprise progressive des activités de formation auprès de la cohorte d’hiver engendre un certain nombre d’heures d’enseignement disponibles. Ces heures ont été offertes à tous les enseignants dont le nombre d’heures d’enseignement a été réduit, en respect de la convention collective, avant cette reprise. «Malheureusement, à ce jour, la CSRDN n’a réussi à combler que quelques-unes de ces heures en raison d’un refus massif émanant des enseignants», indique la commission scolaire, ajoutant que cette situation pourrait forcer le CFTR à suspendre ses activités d’enseignement jusqu’au mois d’août.

Christian Aubin confirme le refus des enseignants. «La CSDRN nous coupe nos heures à contrat pour nous les repayer à taux horaire. Les gars se tiennent debout et ils ont dit qu’ils ne retourneront pas à taux horaire.»

Dans son communiqué, la CSRDN dire être consciente de l’impact que cet autre retard pourrait avoir sur l’arrivée de nouveaux diplômés dans l’industrie du transport et s’en désole. «Tous espèrent un retour à la normale le plus rapidement possible afin de permettre aux élèves d’obtenir leur diplôme, aux enseignants de revenir au travail et aux partenaires de cette industrie florissante et essentielle, de pouvoir compter sur une relève qualifiée.

Le syndicat dit comprendre que la COVID-19 a engendré une situation difficile. Il demande toutefois notamment à la CSRDN de réengager les professeurs mis à pied et de payer leurs frais de déplacement.

-Cet article a été mis à jour depuis sa publication initiale.

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