L’ACQ présente sa première Journée d’industrie virtuelle

0

La Journée d’industrie de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), un événement virtuel présentant une série de conférences et une exposition, s’est mise en branle ce matin avec l’allocution de Karine Goyette, présidente du Conseil de l’ACQ.

Parlant de la pandémie de COVID-19, Mme Goyette a souligné que l’industrie du camionnage, contrairement à d’autres secteurs, a dû continuer ses opérations et envoyer ses employés au front. «Notre industrie a été révélée au grand jour comme essentielle. La population a enfin réalisé que, sans camions sur la route, les biens qu’elle consomme ne seraient pas sur les tablettes. La pandémie aura eu ça de bien : l’image de notre industrie a repris du galon.»

Le ministre des Transport du Québec, François Bonnardel, a poursuivi dans le même sens lors de son allocution d’ouverture de la Journée de l’industrie. «En mon nom et au nom de la société québécoise, toute notre reconnaissance depuis le début de cette pandémie. Merci à vos entreprises et à vos ressources d’aller au front pour nous approvisionner en produits de consommation et en biens essentiels afin de traverser cette pandémie. Cette période met en lumière la réelle portée du transport routier. Le Québec a besoin de vous», a-t-il déclaré.

Le ministre des Transport du Québec, François Bonnardel, a remercié l’industrie du camionnage pour son rôle essentiel durant la pandémie. (Capture d’écran)

La première heure de conférence appartenait à l’économiste Yves-Thomas Dorval, président exécutif du Conseil d’administration du Conseil du patronat du Québec.

En raison de la pandémie de COVID-19, nous vivons actuellement, ici et dans le monde entier, un choc économique et social comme nous n’en avons pas connu depuis le Deuxième Guerre mondiale. Les entreprises sont aussi confrontées à un choc sans précédent quant à l’organisation du travail.

La situation imprévisible et inconnue que nous vivons présentement n’a pas été créée par une crise économique ou des éclatements de bulles liées à des spéculations, mais bien par une crise sanitaire. M. Dorval a expliqué que les conséquences de cette crise sanitaire perdureront dans le temps, et ce, pour différentes raisons.

«Tant que nous n’aurons pas accès à des vaccins qui seront répandus et efficaces pour l’ensemble de la population, nous risquons d’être dans cette situation-là assez longtemps, avec des périodes comme on vit présentement au Québec [une deuxième vague], de durées variables. Donc, l’économie elle-même va être très volatile.»

Une récession atypique

La récession que nous vivons présentement en raison de la pandémie fait en sorte que nous nous retrouvons au cœur d’une récession atypique.

«En général, juste avant une récession, on voit des signes de plongeon boursier ou financier qui entraînent tout un écosystème et beaucoup d’acteurs dans l’économie. Il y a une diminution du pouvoir d’achat par les consommateurs et des possibilités d’investissement par les entreprises.»

Avant la crise sanitaire, il y avait des enjeux importants; on parle notamment d’enjeux diplomatiques avec la Chine et d’un certain protectionnisme du côté américain. D’autres facteurs ont touché plus particulièrement notre industrie, comme la grève du CN, les blocus ferroviaires et la grève au port de Montréal qui s’est ajoutée plus récemment.

(Capture d’écran)

«La crise sanitaire a commencé en Chine à la fin de 2019. Elle a créé d’autres enjeux au point de vue de la logistique, comme un arrêt brusque d’échanges de transport de marchandises dans les ports. Tout cet écosystème de logistique a encore des impacts aujourd’hui.»

La première chose que l’on doit considérer lors d’une crise économique, c’est le pouvoir d’achat des consommateurs ou des entreprises, car c’est cela qui génère la production et la distribution.

Pour faire face à la pandémie, les gouvernements fédéral et provinciaux ont mis en place des mesures qui font en sorte que le pouvoir d’achat n’a pas été grandement réduit.

«Tout cela nous a amenés devant une récession vraiment atypique», explique M. Dorval. «Il y a eu une décision politique et gouvernementale qui a eu pour effet de stopper les opérations, sauf les services essentiels. Donc, plusieurs secteurs économiques ont chuté rapidement et brutalement. Par la suite, le gouvernement a ré-ouvert certains secteurs de l’économie. À partir de là, on a vu des entreprises connaître une croissance assez ou très importante (la quincaillerie par exemple), mais certains pans de l’économie ont continué à connaître un arrêt ou un ralentissement marqué (aéronautique, hébergement, grands événements).»

Lorsqu’une récession survient, il y a toujours des enjeux et des opportunités.

Dans certains secteurs, le télétravail a permis à des entreprises de revenir à un taux de productivité normal et même, dans certains cas, d’accroître leur productivité.

Les entreprises basées sur le commerce électronique comptent parmi celles qui se sont vu offrir des opportunités. Les choses sont plus problématiques pour celles s’appuyant sur le commerce de proximité. Dans certains secteurs, le télétravail a permis à des entreprises de revenir à un taux de productivité normal et même, dans certains cas, d’accroître leur productivité.

Les secteurs les plus touchés entre février et juin, s’appuyant sur la diminution du PIB, ont été le transport aérien (-94 %), la restauration et l’hébergement (-45 %), le contenu et les médias (-28 %) et le transport et l’entreposage (-26 %).

Les ventes au détail ont connu une chute importante, mais une remontée aussi importante en raison des soutiens aux revenus offerts par le gouvernement fédéral.

Au Québec, environ 400 000 personnes sont sans emploi, dont la moitié directement en raison de la pandémie. Au Canada, on parle de 2 millions de personnes sans emploi.

Le vieillissement démographique se poursuit et les besoins en main-d’œuvre sont eux aussi atypiques : malgré quelque 400 000 personnes qui déclarent être à la recherche d’un emploi, certains secteurs sont en manque de main-d’œuvre.

Les perspectives économiques d’ici la fin de l’année, en tenant compte du grand plongeon économique causé par la pandémie de mars à juin, prévoient une croissance négative. Pour 2021, on observe quand même une croissance intéressante et plus significative au Québec que dans le reste du Canada. Cependant, si vous êtes dans des secteurs fortement touchés, par exemple l’aviation, les perspectives demeurent pessimistes.

Les marchés boursiers demeurent très volatiles en raison de la crise sanitaire, et la deuxième vague qui s’installe au Québec aura des répercussions économiques et psychosociales préoccupantes.

Partager.

Laisser une réponse