L’ASFC recueille des informations personnelles des camionneurs à la frontière

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COUTTS, Alb. – L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a commencé à recueillir des renseignements personnels auprès des camionneurs à plusieurs postes frontaliers au nom de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Cela a pris certains camionneurs par surprise, dont le voiturier-remorqueur Greg Decker, et a suscité quelques inquiétudes. On lui a récemment demandé son adresse électronique personnelle et son numéro de téléphone cellulaire lors de son passage à Coutts, en Alberta.

M. Decker a appelé la ligne sans frais de l’ASFC, mais n’a reçu aucune information expliquant pourquoi on lui demandait des renseignements personnels. Il s’est ensuite tourné vers les médias sociaux et a découvert qu’on avait demandé à d’autres camionneurs de fournir les mêmes informations qu’à Coutts.

« Cela ajoute au niveau de stress déjà catastrophiquement élevé que nous subissons », a déclaré M. Decker dans un courriel envoyé à notre publication-soeur Today’s Trucking. «Si le gouvernement veut cette information, qu’il ait la courtoisie et le respect d’expliquer publiquement pourquoi.»

Nous avons contacté Luke Reimer, porte-parole de l’ASFC pour la région des Prairies, qui a confirmé que les renseignements étaient recueillis au nom de l’ASPC dans le cadre d’un projet pilote à plusieurs postes frontaliers, soit St. Stephen 3rd Bridge (N.-B.); Saint-Armand Phillipsburg (Qc); Lansdowne (Ont.); Pont Queenston-Lewiston (Ont.); Coutts (Alb.) et Pacific Highway (C.-B.).

Le voiturier-remorqueur Greg Decker a été surpris quand on lui a demandé des informations personnelles, y compris son numéro de téléphone portable et son adresse courriel, à la frontière. (Photo: Greg Decker)

«En date du 30 juin, l’ASFC, de concert avec l’ASPC, a lancé un projet pilote pour recueillir les coordonnées des personnes exemptées de quarantaine en vertu de l’une des exemptions de l’article 6 du décret 2020-0524. Ces personnes exemptées peuvent ainsi être contactées pendant la période de 14 jours qui commence le jour de leur entrée au Canada», a expliqué M. Reimer, notant que d’autres passages frontaliers pourraient également participer au projet.

Sur demande de leurs renseignements personnels, «il est obligatoire pour les voyageurs – y compris les personnes exemptées – de fournir leurs coordonnées conformément à l’article 15 (1) de la Loi sur la quarantaine et à l’article 2 (b) du décret 2020-0524», a précisé M. Reimer.

Greg Decker est mécontent du fait que le projet pilote n’ait pas été communiqué à l’industrie du camionnage avant son lancement, et il a des réserves quant à l’obligation de fournir des informations personnelles à la frontière. Il s’interroge également sur l’efficacité de l’approche.

«Il n’y a aucune chance que je réponde à un appel téléphonique ou à un courriel de quiconque affirmant appartenir à une agence gouvernementale. Ne se rendent-ils pas compte du volume d’appels que nous recevons d’escrocs qui prétendent être de l’Agence du revenu du Canada? Ne se rappelle-t-il pas la dernière arnaque utilisant le nom de la GRC?», souligne M Decker.

«Je comprends le désir et l’intention, mais ils auraient dû consulter quelqu’un en dehors de leur bulle», a-t-il ajouté. «La plupart des camionneurs que je connais ne répondront pas aux demandes de renseignements de la Santé publique, plusieurs donnent l’adresse courriel et le numéro de téléphone de leur entreprise.»

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