L’ATRI quantifie les impacts réels des camions zéro émission pour l’environnement

Dans un rapport de 40 pages publié par l’Institut de recherche en transports des États-Unis (ATRI, ou American Transportation Research Institute) évalue les gains véritables pour l’environnement des camions à zéro émission. Pour cette division de l’American Trucking Associations (ATA), une analyse comparative actualisée devenait nécessaire afin d’évaluer la (bonne) direction à prendre pour l’industrie du camionnage.

Son constat ?

30% et des défis

Un gain global de 30 % des camions alimentés par les batteries électriques ou les piles à combustion à l’hydrogène comparativement à ceux qui roulent au diesel. C’est en prenant en compte tout le cycle de vie des émissions de CO2, de la production à l’exploitation et au recyclage que l’ATRI peut arriver à cette conclusion pour les États-Unis d’Amérique.

Évidemment, l’avantage majeur des batteries et des piles à combustion se situe au niveau du pot d’échappement, lequel ne laisse aucune trace polluante dans son sillon. C’est dans sa phase exploitation, donc, que la réduction des CO2 peut avoir un maximum d’impact.

L’Elekro Dumper, un monstre des mines entièrement électrique qui permet d’économiser jusqu’à 83 000 litres grâce à sa batterie de 4,4 tonnes et son freinage à récupération de l’énergie cinétique. Crédit Photo : EMining AG.

Pollution… en amont

A contrario, les problèmes liés à la production du lithium-ion et de l’électricité ont un impact (très) négatif en amont de l’exploitation des camions. Les auteurs de l’étude concluent, et c’est ici que le bât blesse, que les émissions de CO2, lesquelles sont générées pour extraire et traiter les ressources qui entrent dans la composition de la batterie, sont six fois supérieures au diesel.

Les matériaux qui sont utilisés dans la cathode (l’électrode positive de la batterie) vont inclure le fer, le phosphate, le cobalt, nickel, le manganèse et l’aluminium. En ajoutant à ce bilan les sources d’énergie qui servent à produire et stocker l’électricité – principalement le gaz naturel, le pétrole et le charbon qui comptent pour près de 80 % de la production étasunienne) – le rapport pointe du doigt les zones où des gains importants peuvent être faits dans l’avenir.

« Malgré tout ce qui a été couvert dans le rapport Understanding the CO2 Impacts of Zero-Emission Trucks, précise le président directeur-général du transporteur CRST qui a participé à l’étude, Hugh Ekberg, il reste à mener des recherches sur les différentes technologies afin de mieux les développer et les utiliser pour réduire notre empreinte carbone. »

Des solutions

Parmi les solutions envisagées à court et moyen termes, il y le diesel renouvelable qui pourrait couper de 67 % les émissions de CO2 du carburant diesel classique sans modifier les infrastructures de ravitaillement ni les équipements de camions. Les piles à combustion à l’hydrogène, si elles sont produites avec de l’électricité provenant de panneaux solaires, auraient la capacité de réduire, à la hauteur de 91 %, les émissions de CO2 du camion.

Rédacteur professionnel depuis plus de 15 ans, Christian possède une expérience considérable à titre de journaliste spécialisé en transport, notamment à titre de directeur de la rédaction de L'Écho du transport, magazine aujourd'hui disparu, et de Transport durable magazine.

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