Le COVID-19 frappe l’intermodal

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L’épidémie mondiale de coronavirus aura de profondes répercussions sur le secteur intermodal à court terme, car la chaîne d’approvisionnement a été sensiblement perturbée, prévient la firme d’analyse en transport FTR.

«Les dernières données montrent d’énormes disparités entre ce que nous avons connu traditionnellement et ce qui s’est passé au cours des dernières semaines, et la baisse a été substantielle», a déclaré Eric Starks, président-directeur général de FTR, lors d’un webinaire spécial sur les incidences du coronavirus sur l’industrie du transport.

Le virus, officiellement connu sous le nom de COVID-19, a infecté quelque 100 000 personnes dans le monde et causé plus de 3 400 décès depuis son apparition en Chine à la fin de l’année dernière. Quarante-huit personnes ont été infectées au Canada tandis que les États-Unis ont signalé 236 cas et 14 décès (chiffres en date du 6 mars 2020).

L’une des principales raisons de la perturbation de la chaîne d’approvisionnement, c’est que la fabrication s’est pratiquement arrêtée en Chine, a expliqué M. Starks.

«Quoi qu’il en soit, le mois de mars sera faible en raison du délai qu’il leur faut (en Chine) pour déplacer des articles à travers l’océan et les acheminer vers les États-Unis. Donc, nous prévoyons qu’il y aura des répercussions dans le système au cours des deux prochains mois au minimum», a-t-il ajouté.

Avery Vise, vice-président Camionnage chez FTR, a indiqué que la guerre commerciale avec la Chine a eu comme effet positif que la chaîne d’approvisionnement était quelque peu à l’abri des présentes répercussions.

«Maintenant, je ne sais pas si on peut appeler ça un effet positif. C’est probablement une expression trop forte. On ne sait pas si cela sera vraiment un atout, mais c’est quelque chose dont il faut tenir compte», d’indiquer M. Vise, soulignant la croissance rapide des importations américaines en provenance de nombreux pays, dont le Vietnam, la Belgique, Taïwan et les Pays-Bas.

«La Chine est toujours un monstre en termes d’importations américaines. En 2019, elle était responsable de 18% des marchandises importées en valeur et de près du tiers des marchandises importées par conteneurs », a souligné M. Vise.

Selon lui, le problème de la chaîne d’approvisionnement n’affecterait pas le secteur du camionnage aussi rapidement et aussi directement que le transport intermodal, car une grande partie des marchandises est déjà en stock ici.

MM. Stark et Vise ont indiqué que si la situation s’améliorait bientôt, cela pourrait occasionner du réapprovisionnement, conduisant à une activité accrue pour la demande de marchandises au deuxième trimestre.

«De toute évidence, il y a un risque de baisse importante si nous entrons dans un environnement de pandémie», a averti M. Stark.

Plus près de nous

La forte baisse de la production chinoise due au nouveau coronavirus réduit le flux de biens de consommation au Canada, ce qui nuit aux affaires du plus grand chemin de fer du pays, rapporte la Presse canadienne.

«Au cours des 20 derniers jours, nous avons constaté une baisse régulière. Cette semaine, nous verrons un creux, et la semaine prochaine, nous verrons à nouveau un creux», a déclaré le chef de la direction de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, JJ Ruest, dans une entrevue accordée en début de semaine, faisant référence aux expéditions de conteneurs qui contiennent des produits allant des spatules aux pièces de rechange.»

Ici, Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) a, par voie de communiqué, pressé «le gouvernement d’agir pour limiter les répercussions du blocus ferroviaire, aujourd’hui levé, et les impacts grandissants du COVID-19 sur l’économie, considérant que plus d’un membre sur deux fait face à des pertes financières significatives directement liées à la crise et que l’effet du coronavirus commence à se faire sentir.»

Photo: Port de Montréal

Un nouveau sondage mené par MEQ auprès de ses membres révèle que la majorité d’entre eux (62 %) rappellent que la paralysie ferroviaire a contribué à miner la réputation des entreprises d’ici sur les marchés internationaux, d’autant plus que ces derniers sont déjà fragilisés par la propagation du COVID-19, qui ralentit les importations de produits et de composantes auprès de fournisseurs étrangers, notamment en Asie.

MEQ espère que des compensations financières gouvernementales seront rapidement déployées pour limiter les pertes financières, surtout dans un contexte d’incertitude économique mondiale liée au COVID-19.

«Le gouvernement doit rapidement assurer un redressement de la situation économique délicate dans laquelle se trouvent les entreprises québécoises. Nos membres ont perdu des dizaines de milliers de dollars. C’est inacceptable. Les membres ressentent également déjà les effets du COVID-19. Il faudra trouver rapidement des solutions pour que le secteur manufacturier puisse continuer ses activités » d’affirmer Véronique Proulx, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

L’Alliance canadienne du camionnage (ACC) et l’Association du camionnage du Québec collaborent avec le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST) pour promouvoir une foule de ressources de conformité disponibles pour l’industrie du camionnage.

«Bien que la plupart de ces documents se concentrent sur la conformité en matière de santé et de sécurité au travail, nous voulons nous assurer que les membres sont conscients que le CCHST dispose également de ressources en matière de préparation aux situations d’urgence, y compris des documents liés au Covid-19/Coronavirus et à la sensibilisation aux pandémies», d’indiquer l’ACC.

Voici quelques-unes des ressources disponibles pour les transporteurs :

Cours :

Fiches d’information :

Affiches à imprimer :

Autres ressources : 

Fiches de réponses de la CCHST : 

Pages sur des sujets spécifiques :

•    Plan de continuité des opérations – maladies infectieuses.

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