Le Groupe PIT teste l’efficacité des remorques et groupes frigorifiques

Bien alignées côte à côte dans une partie de la grande cour du Centre de formation en transport routier de Saint-Jérôme, huit remorques frigorifiques autour desquelles bourdonnent des techniciens et chercheurs du Groupe PIT. C’est parce que cette année, les membres ont demandé au groupe de recherche de mener des essais sur ce type de véhicule.

Les tests se sont déroulés sur cinq jours au mois d’août, et en plusieurs parties, nous a expliqué Marc Trudeau, responsable Relations des membres et développement des affaires.

«Depuis un an, beaucoup de nouveaux produits sont apparus sur le marché. Toutes les remorques ici sont des nouveaux modèles 2021, sauf une qui est de l’année-modèle 2017. Elle servira à comparer la dégradation qui apparaît avec les années.»

«Premièrement, nous allons essayer de comprendre les nouvelles isolations, les ponts thermiques, l’étanchéité des portes, tout ce qui peut influencer la qualité de la réfrigération», de dire M. Trudeau.

Chaque remorque est pourvue de 13 capteurs positionnés stratégiquement partout dans la remorque. On s’assure ainsi que toute la circulation d’air va être mesurée et que toutes les variations de température seront enregistrées.

Des réservoirs portables et des balances permettent de mesurer précisément la consommation de carburant.

«Nous pourrons voir si c’est optimal partout. Détecter s’il y a des zones plus sensibles. Déterminer combien de temps il faut pour réfrigérer le devant et l’arrière, entre autres choses», explique Marc Trudeau.

Une balance et un réservoir portable sont attribués à chacune des remorques. Des tuyaux relient les groupes frigorifiques aux réservoirs. C’est la meilleure méthode pour calculer la consommation de chacun des groupes frigorifiques.

Les remorques qui font l’objet des tests sont vides. Il était impensable de faire les tests avec des remorques chargées pour différentes raisons, par exemple le fait que l’étude s’est déroulée sur une semaine complète. Il aurait aussi fallu s’assurer que les remorques contiennent toutes les mêmes produits, que ceux-ci soient placés au même endroit, et ces produits n’auraient pas été nécessairement représentatifs du type de cargaison des membres de Groupe PIT.

Les remorques

Le premier test vise à vérifier les pertes thermiques. La température dans les remorques est descendue à -23 degrés Celsius. Puis on arrête tous les groupes frigorifiques en même temps, on mesure avec les capteurs quels genres de pertes il y a et on compare les remorques entre elles.

Avec le second test, les chercheurs veulent mesurer la dégradation entre deux remorques de la compagnie VersaCold, l’une neuve et l’autre ayant cinq ans. «Y a-t-il vraiment une différence notable après cinq ans?», demande Marc Trudeau. «L’histoire nous dit qu’après 10 ans, la dégradation commence à être majeure. D’ailleurs, c’est un gros problème ici au Canada, car la chaine du froid n’exige pas d’inspection des groupes frigorifiques et des remorques. En Europe, au contraire, la réglementation requiert un test d’isolation après cinq ans, et ensuite tous les deux ans.»

«On s’est rendu compte aussi que les remorques prennent beaucoup de poids avec le temps en raison des infiltrations d’eau et l’accumulation d’humidité dans les parois et l’isolant. On a vu des remorques qui pesaient 2000 lb de plus parce que l’isolation était remplie d’eau», souligne M. Trudeau.

Chaque remorque a été équipée de 13 capteurs permettant de récolter différentes données.

Certains manufacturiers ont gardé des méthodes de fabrication traditionnelles, mais plusieurs se sont tournés vers les matériaux composites afin d’augmenter le coefficient d’isolation des remorques. On se pose la question à savoir quelles sont les répercussions pour les flottes. Il ne vaut peut-être pas la peine de garder les remorques frigorifiques pendant 15 ans. Peut-être serait-il préférable de les changer plus tôt, ou encore d’investir un peu plus dans un modèle plus haut de gamme. C’est le genre de réponse que les flottes aimeraient avoir.

«Nous avons toutes les spécifications de toutes les remorques et, avec les capteurs, nous pouvons savoir s’il est vraiment valable d’investir davantage dans le plafond, le plancher, l’avant, l’arrière de la remorque.

Les groupes frigorifiques

Une autre série de tests s’intéresse aux groupes frigorifiques. «L’industrie nous dit que les groupes frigorifiques sont généralement réglés à -23 degrés Celsius pour les produits congelés, et à 2 degrés pour les produits frais. Nous faisons donc nos tests à ces températures», explique M. Trudeau.

Le Groupe PIT a rassemblé les modèles de groupes frigorifiques les plus populaires dans l’industrie. Un X4 7300, un X4 7500 et un Vector 8500 chez Carrier, ainsi que des Precedent C600 et C600M (pour multitempérature) chez Thermo King.

Marc Trudeau, responsable Relations des membres et développement des affaires au Groupe PIT.

Les modèles multitempérature sont plus polyvalents et permettent de transporter des produits frais et des produits congelés en même temps. Les groupes frigorifiques à une zone de température se retrouvent plus souvent dans des flottes qui ont des contrats sur de longues distances et qui impliquent uniquement un ramassage et une livraison dans des centres de distribution.

Lors de notre passage, l’équipe du Groupe PIT comparait les remorques multitempérature alors que la température était réglée à -23 degrés Celsius à l’avant et à 2 degrés Celsius à l’arrière.

«Nous allons ouvrir et fermer les portes pour simuler une livraison et, évidemment, tout est mesuré et chronométré pour nous assurer de l’uniformité des tests d’une remorque à l’autre. Nous pourrons notamment voir les pertes de chaleur et savoir combien de temps il faut pour que les remorques regagnent leur température.»

Durant ces tests, le Groupe PIT se penche non seulement sur la consommation de carburant des groupes, mais s’intéresse aussi aux meilleures pratiques.

«On dit par exemple que lors des livraisons, les groupes frigorifiques devraient être éteints quand on ouvre les portes, parce que sinon, de l’air chaud est tiré et est redistribué dans la remorque. Nous allons tester cela», conclut Marc Trudeau.

Steve Bouchard écrit sur le camionnage depuis plus de 20 ans, ce qui en fait de loin le journaliste le plus expérimenté dans le domaine au Québec. Steve est le rédacteur en chef de l’influent magazine Transport Routier, publié par Newcom Média Québec, depuis sa création en 2000. Il est aussi le rédacteur en chef du site web transportroutier.ca, il agit comme rédacteur conseil du magazine L’automobile et il contribue aux magazines Today’s Trucking et Truck News.

Steve rédige aussi le bulletin électronique de Transport Routier, Les nouveautés du routier, et il participe à l’élaboration des stratégies de communication pour le salon ExpoCam de Montréal, propriété de Newcom.

Steve est détenteur d’un permis de conduire de classe 1 depuis 2004 et il est le seul journaliste de camionnage au Québec à avoir gagné des prix Kenneth R. Wilson de la Presse spécialisée du Canada, l’or et l’argent deux fois chacun.

Steve a occupé la présidence et la présidence du Conseil du Club des professionnels du transport du Québec et il représente les médias au comité des fournisseurs de l’Association du camionnage du Québec. En 2011, il a reçu le prestigieux prix «Amélioration de l’image de l’industrie» remis par l’Association du camionnage du Québec.

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