Le manque de main-d’œuvre, la faiblesse de la demande et la hausse des coûts continuent de freiner la croissance des PME du Québec

La rétrospective spéciale du Québec 2026 du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) montre que plusieurs obstacles limitent les activités des PME, notamment la pénurie de main-d’œuvre, le ralentissement de la demande et les pressions exercées par les coûts d’exploitation.

La FCEI note la forte résilience des PME, alors que l’indice de confiance à long terme (12 mois) des PME québécoises s’est établi en moyenne à 58,5 depuis le début de l’année, tandis que l’indice à court terme (3 mois) a atteint 58,4, soit 12 points de plus qu’en 2025. Ces résultats sont nettement supérieurs à ceux de l’année dernière et aux creux observés durant la pandémie, mais restent inférieurs aux niveaux généralement associés à une économie en croissance (entre 60 et 65).

Cependant, le secteur du transport fait partie de ceux qui se trouvent sous la barre des 55, signalant une confiance plus prudente quant à leurs perspectives d’affaires.

(Photo : iStock)

«Qu’est-ce qui explique cette hausse de confiance? Le gouvernement a posé des gestes répondant aux besoins des PME», a indiqué François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI. «Maintenant, le travail est loin d’être terminé! Le Québec est encore la province avec la pire fiscalité pour les petites entreprises et celle qui impose le plus d’exigences règlementaires. Si l’on veut une économie en santé dans cette période d’incertitude, il faut en faire plus pour les PME.»

De plus, les intentions d’augmentation des prix sont en progression, notamment sous l’effet des tarifs et contre-tarifs douaniers et de la hausse des coûts du carburant.

Pour l’année 2026, les principaux freins à l’augmentation des ventes et/ou de la production sont la pénurie de main-d’œuvre qualifiée (48%), l’insuffisance de la demande (47%) et les problèmes de liquidités et de fonds de roulement (28%). Du côté des coûts, les coûts salariaux représentent la principale contrainte pour 60% des PME québécoises, suivis des primes d’assurance (55%), des taxes et de la réglementation (49%) ainsi que des coûts du carburant (46%).

«La trame de fond de ces dernières années reste la même, mais avec en plus une grande instabilité économique en raison du conflit tarifaire avec les États-Unis. Ce qui est préoccupant, c’est que les coûts d’exploitation signalés par les PME dépassent largement les niveaux observés au cours des 15 dernières années. À ces pressions s’ajoutent des défis persistants, notamment la pénurie de main-d’œuvre et le ralentissement de la demande. Affronter simultanément tous ces obstacles n’est pas une situation soutenable sur le long terme», a affirmé Laure-Anna Bomal, économiste principale à la FCEI.

La FCEI rappelle que la pression vécue par les PME québécoises se fait ressentir dans leur perception de l’environnement d’affaires. En effet, le sondage en cours au Québec montre que seulement 35% des entrepreneurs croient que le Québec est un endroit attrayant pour démarrer et faire croître une entreprise, tandis que 60% sont en désaccord et que 5% ne savent pas.

Pour les aider, les PME québécoises citent la réduction de la paperasserie et du fardeau réglementaire (49%), l’amélioration de l’environnement fiscal pour les PME (45%) et la réduction de la taille de la fonction publique (33%).

«Notre étude montre l’impact direct que génèrent des mesures qui visent les PME. Les actions posées par le gouvernement du Québec font donc une différence et peuvent contribuer à la réussite de nos entreprises. Les PME veulent investir, embaucher et contribuer à la croissance, mais elles sont encore freinées par une fiscalité désavantageuse et une règlementation excessive. Avec des PME en santé, c’est toute la population qui en sort gagnante», a déclaré M. Vincent.


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