Le transport d’acier menacé

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Les entreprises de camionnage qui transportent de l’acier de structures en direction des États-Unis pourraient subir les contrecoups d’une nouvelle dispute commerciale avec nos voisins du sud.

L’Institut canadien de la construction en acier (ICCA) a fermement pris position aujourd’hui contre la décision annoncée vendredi dernier par le département américain du commerce d’imposer des droits antidumping sur l’acier de construction fabriqué au Canada.

La Commission du commerce international des États-Unis entendra les doléances du Canada dans ce dossier dès demain, 28 janvier. Selon la décision prise par cette instance américaine, les producteurs d’ici pourraient devoir payer des droits de 6,7% sur les exportations d’acier de construction vers les États-Unis.

Pour le président et chef de la direction de l’ICCA, Ed Whalen, pareille manœuvre serait carrément illégale.

« Il s’agit visiblement d’une mesure visant à empêcher le Canada de participer au marché américain plutôt qu’au commerce illégal. Nous explorerons toutes les voies et dispositions de l’ALENA et de l’OMC pour garantir l’équité du commerce », a déclaré M. Whalen.

Il est à noter que le Canada n’est pas le seul pays à subir les foudres du lobby de l’acier américain. La Chine et le Mexique sont également dans le collimateur de l’American Institute of Steel Construction.

Ces disputes surviennent dans un contexte de ratification – le Canada ne l’a pas encore fait – de ce qu’il est convenu d’appeler le « nouvel ALENA », accord censé favoriser la libre circulation des biens à travers l’Amérique du Nord.

Les observateurs s’entendent pour dire que des mésententes du type de celle portant sur l’acier de construction nuisent à l’industrie du transport par camion.

L’American Trucking Associations (ATA) elle-même s’est félicitée le 15 janvier de l’apaisement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Le président-directeur général de l’ATA, Chris Spear, avait alors déclaré que la bonne entente entre les deux géants était positive pour l’industrie du camionnage « qui est affectée de façon significative par les relations commerciales. »

Le lendemain, 16 janvier, la même ATA félicitait l’administration Trump d’avoir ratifié le nouvel ALENA. « Les échanges commerciaux sont au cœur de l’industrie du camionnage – 76% de tout le transport terrestre entre les États-Unis et nos voisins les plus proches se fait par camion », déclarait alors M. Spears, disant que la ratification du nouvel accord serait bénéfique à l’industrie du camionnage.

Les perspectives de nouveaux droits sur l’acier canadien sont de mauvais augure à cet égard.

La cause étant toujours devant la Commission du commerce international, l’Alliance canadienne du camionnage a préféré s’abstenir de commenter aujourd’hui.

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