Les baisses de volume, Chauffeur Inc. et les logs électroniques au cœur des discussions du STS

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Alors que les revenus commencent à décroître pour certaines, les flottes présentes au Surface Transportation Summit (STS) de Mississauga d’hier ont porté une attention toute particulière à des questions touchant leurs dépenses et l’environnement de concurrence.

Même si, de façon générale, les transporteurs présents ont dit vivre une année 2019 fort acceptable, la baisse des volumes de fret se fait sentir. Chez Bison Transport par exemple, le vice-président au développement des affaires, Norm Sneyd, a indiqué qu’à son avis il y a clairement un excès de capacité sur le marché. Les résultats de Bison au premier trimestre étaient comparables à ceux de 2018, a-t-il dit, mais les affaires ont ralenti depuis.

Personne ne semble craindre une récession catastrophique, mais certains enjeux deviennent plus aigus, notamment lorsque certains transporteurs exercent une concurrence déloyale dans la « chasse aux chauffeurs » en utilisant le stratagème Chauffeur Inc., qui fait miroiter aux routiers des revenus plus élevés en raison d’une forme d’évitement fiscal lié aux retenues à la source des routiers autonomes qui diffèrent de celles d’un chauffeur employé.

Les gens de chez Bison disent avoir mesuré le phénomène. Selon M. Sneyd, 35% de tous les nouveaux chauffeurs qui se présentent chez eux tournent les talons lorsqu’ils apprennent que l’entreprise n’acceptera pas de leur donner un statut – et une rémunération – de routiers autonomes.

L’utilisation obligatoire au Canada de dispositifs de consignation électronique (DCE) des heures de service représente une bonne nouvelle sur le front de la concurrence loyale puisque la tricherie sera plus difficile.

D’autre part, le problème de surcapacité pourrait être atténué si chaque camion roule moins parce que les règles sur les heures de service sont mieux respectées.

Il y a cependant un coût rattaché à ce virage pour les entreprises de camionnage qui ne l’ont pas déjà fait, et cela risque d’entraîner la fermeture de certains transporteurs.

Des expéditeurs s’en préoccupent et Sylvie Messier, responsable des transports et des douanes chez l’entreprise montréalaise Ipex, l’a rappelé aux participants du sommet. Elle a dit s’inquiéter davantage pour les petits transporteurs locaux. « Je crois que nous allons vivre un choc similaire à ce qui s’est passé aux États-Unis en 2018 », a-t-elle déclaré, craignant que des flottes de plus petite taille n’aient pas nécessairement mis de côté les capitaux nécessaires pour la transition vers les DCE.

La collaboration entre transporteurs et expéditeurs sera d’ailleurs plus que jamais nécessaire alors que chaque minute de temps perdu chez les clients comptera plus que jamais pour les chauffeurs de camions et leurs employeurs.

À cet égard, Mme Messier a invité les transporteurs à aider les expéditeurs à améliorer leurs façons de faire afin d’accélérer les procédures de chargement et de déchargement, en informant les clients expéditeurs des situations qui causent des délais indus afin que ces accrocs puissent faire l’objet de correctifs.

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