Les camions sont toujours au ralenti en raison de la COVID-19, selon les données des compagnies d’assurance

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Les flottes du Québec et de l’Ontario qui ont stationné des camions dans la cour au début de la pandémie de COVID-19 reprennent progressivement du service, mais les données des compagnies d’assurance indiquent que toutes les roues ne roulent pas encore.

«On voit vu plus de camions reprendre la route», a déclaré Angelique Magi, vice-présidente d’Intact Assurance – solutions spécialisées, lors d’une présentation pour l’Association du camionnage de Toronto.

Mais une partie du matériel roulant inutilisé depuis le début de la crise continue de porter la mention «stationné».

«Nous sommes à peu près, je dirais, à 85 % de ce qui aurait été retiré (de la route)», a-t-elle déclaré à notre publication sœur Today’s Trucking, en lien avec le matériel inutilisé qui a été remis en service au Québec et en Ontario.

«L’Alberta était déjà en difficulté avant cela de toute façon.»

Un retour progressif au service, combiné à des babillards d’affichage de cargaisons actifs, montre que les flottes adoptent une approche réfléchie et échelonnée dans leur retour aux affaires – et qu’elles s’assurent que les camions obtiennent les marges d’exploitation nécessaires pour transporter le fret, a-t-elle déclaré.

«Il y a du fret là dehors, et les taux de fret augmentent», d’ajouter Mme Magi lors du webinaire. «C’est une question de capacité motrice.»

Mais les conditions économiques ne sont pas les seuls facteurs à l’origine de l’immobilisation du matériel roulant pendant la COVID-19. La pénurie de camionneurs en est un exemple.

La pandémie a aggravé le problème car certains chauffeurs n’étaient pas à l’aise de traverser la frontière pendant les fermetures, a-t-elle dit. «Cela a réduit d’autant plus la capacité de transporter des marchandises.»

La vice-présidente a également souligné que les vols de cargaisons sont maintenant en hausse et elle prévoit que d’autres vols se produiront au cours de l’hiver. Les voleurs visent généralement les produits haut de gamme, les denrées alimentaires ainsi que les articles non périssables et la marchandise sèche.

Dans les mois à venir, Mme Magi s’attendent également à un «changement» plus large dans l’industrie du camionnage, alors que les flottes explorent les fusions, les acquisitions et d’autres voies potentielles.

A plus long terme, il y aura également des discussions sur la délocalisation de l’activité manufacturière, ce qui pourrait modifier la structure des échanges commerciaux, a-t-elle déclaré, en lien avec la nécessité de surveiller des activités telles que la production alimentaire pour voir les occasions qui se présentent.

Mais l’obtention d’une couverture d’assurance pour de telles activités constituera un défi en soi au milieu du marché difficile d’aujourd’hui, d’autant plus que les compagnies d’assurance tentent de s’adapter aux «verdicts nucléaires» qui font monter en flèche le coût des réclamations.

«Vous pouvez voir que les calculs ne fonctionnent pas», a-t-elle déclaré, en lien avec les verdicts de plusieurs millions de dollars, en particulier aux États-Unis. L’exposition aux litiges dans les entreprises commerciales continue également de croître.

«En tant qu’assureur, il est très difficile d’avoir la certitude que nous sommes à l’avant-garde de cette tendance particulière, et comment pouvons-nous gérer cela?»

Il s’agit d’un facteur qui va probablement entraîner une plus grande attention aux initiatives de sécurité chez les flottes.

«Vous allez entendre vos courtiers et vos assureurs parler des mesures que vous prenez en tant que transporteur pour vous assurer que vous réduisez vos risques», a déclaré Mme Magi.

Attendez-vous également à ce que l’on accorde plus d’attention à des zones d’exploitation spécifiques, au temps que les camions restent dans des zones particulières des États-Unis, et à l’exposition connexe qui en découle.

Le secteur de l’assurance lui-même continue de se consolider, laissant moins d’acteurs participer à certains segments d’activité, a-t-elle ajouté.

«Cela se produit souvent dans le secteur du camionnage», de conclure Mme Magi. «Il y a des assureurs qui seront des acteurs à long terme, et il y a des assureurs qui ne le seront pas.»

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