Les DCE peuvent accroître l’efficacité du premier au dernier kilomètre

Steve Bouchard

L’efficacité. Voilà ce que toute entreprise de transport routier s’efforce d’obtenir, que ce soit à travers le continent ou dans les limites de la ville.

Au fil des ans, la technologie a contribué à accroître l’efficacité dans tous les domaines, et les dispositifs de consignation électronique (DCE) ont joué un rôle important, surtout en ce qui concerne la planification, la réduction du temps d’attente et la transmission de données pour moderniser l’approche des livraisons du dernier kilomètre.

La possibilité de déterminer l’itinéraire le plus rapide et le plus sûr qu’un conducteur peut emprunter, pour effectuer sa livraison n’est qu’un exemple de la manière dont les données recueillies par les DCE permettent d’accroître l’efficacité du dernier kilomètre, explique Scott Sutarik, vice-président des solutions pour véhicules commerciaux chez Geotab.

Pour Denis Côté, directeur de la sécurité routière au Groupe Guilbault, les DCE n’ont eu que des répercussions positives sur l’ensemble de la flotte.

«On était vraiment convaincus. C’est tellement fantastique comme système qu’on l’a mis en place même si on n’était pas obligés», nous a-t-il dit, ajoutant que les DCE ont été adoptés par le Groupe Guilbault peu de temps après l’entrée en vigueur du règlement aux États-Unis.

Selon André Bissonnette, responsable de la conformité des opérations chez Transport YN Gonthier à Lévis, les répercussions positives s’observent sur l’ensemble de la flotte.  «La répartition peut faire un meilleur suivi des remorques et des camions en sachant toujours où ils sont et ce qu’ils font», explique-t-il. «En ce qui a trait à la paye, le chauffeur sait exactement combien il a gagné dans sa semaine. La facturation, les rapports de carburant, la paperasse… tout passe par la tablette. Tout est beaucoup plus simple. Les propriétaires peuvent faire le suivi en temps réel de leurs chauffeurs et de leurs comportements.»

Les DCE aident le Groupe Guilbault à à mieux planifier ses opérations et à mieux les synchroniser avec les clients. «Il n’y a plus d’ambiguïté avec les clients», constate Denis Côté. «Si on a un seul chauffeur à cet endroit, tout le monde sait que ce n’est pas possible de faire autrement. Avec les DCE, les clients n’essaient plus de négocier des dépassements d’heures. Ils savent que ce n’est mathématiquement pas possible et ils l’acceptent.»

Thomas McKee, vice-président des services aux chauffeurs chez Payne Transportation, indique que les dispositifs ont eu plusieurs répercussions positives sur l’efficacité opérationnelle de la flotte depuis leur déploiement en 2017.

«Le fait d’avoir les heures de service en temps réel a été très bénéfique pour réduire les infractions», continue-t-il. «En connaissant les heures de service d’un chauffeur en temps réel, nous évitons de promettre des délais de livraison irréalistes.»

Glenn Williams, vice-président de la gestion des produits chez Trimble, un fournisseur de DCE, souligne que les DCE ne sont qu’un aspect d’une stratégie globale visant à connecter et à optimiser toute la chaîne d’approvisionnement. Le jumelage des données sur les heures de service d’une flotte avec le fret disponible peut réduire les kilomètres à vide, améliorer l’efficacité des chauffeurs et relier toute la chaîne d’approvisionnement, d’expliquer M. Williams.

Tous les transporteurs de dernier kilomètre n’ont pas fait la transition vers les DCE dans le but de rationaliser leurs activités. Mais Central Carriers, dont les chauffeurs ne s’aventurent pas en dehors des limites de la ville d’Edmonton, voit des avantages potentiels dans cette nouvelle technologie.

Selon Rendel Elock, directeur du terminal, l’entreprise contrôle les heures de service des chauffeurs grâce à des chronomètres qui font appel à la reconnaissance faciale, et à des estampilles temporelles qui sont appliquées sur les documents avant et après le voyage.

Mais une meilleure connaissance des horaires de ses transporteurs partenaires serait bénéfique.

«Pour l’instant, aucun des transporteurs qui utilisent présentement les DCE ne partage d’informations avec nous», a déclaré M. Elock. «S’ils le faisaient, nous pourrions être en mesure d’obtenir une meilleure efficacité avec les livraisons.»

Il reste cependant méfiant quant à l’adoption de cette technologie tant que son efficacité n’aura pas été prouvée. Pour l’instant, les dispositifs sont simplement considérés comme une dépense supplémentaire.

Mais il convient que le gouvernement doit mettre tout le monde sur un pied d’égalité dans le domaine des transports.

«D’après moi, il y a peut-être deux pour cent des gens qui vont être récalcitrants : ceux qui trichent. Tous les autres sont contents. Ça permet d’améliorer la qualité de vie des chauffeurs, et ça c’est un gros point positif», croit André Bissonnette.

«Ceux qui trichent et qui sont habitués de tricher pour avoir des plus grosses paies vont avoir de la difficulté à continuer», conclut Denis Côté.

Steve Bouchard

Steve Bouchard écrit sur le camionnage depuis plus de 20 ans, ce qui en fait de loin le journaliste le plus expérimenté dans le domaine au Québec. Steve est le rédacteur en chef de l’influent magazine Transport Routier, publié par Newcom Média Québec, depuis sa création en 2000. Il est aussi le rédacteur en chef du site web transportroutier.ca, il agit comme rédacteur conseil du magazine L’automobile et il contribue aux magazines Today’s Trucking et Truck News.

Steve rédige aussi le bulletin électronique de Transport Routier, Les nouveautés du routier, et il participe à l’élaboration des stratégies de communication pour le salon ExpoCam de Montréal, propriété de Newcom.

Steve est détenteur d’un permis de conduire de classe 1 depuis 2004 et il est le seul journaliste de camionnage au Québec à avoir gagné des prix Kenneth R. Wilson de la Presse spécialisée du Canada, l’or et l’argent deux fois chacun.

Steve a occupé la présidence et la présidence du Conseil du Club des professionnels du transport du Québec et il représente les médias au comité des fournisseurs de l’Association du camionnage du Québec. En 2011, il a reçu le prestigieux prix «Amélioration de l’image de l’industrie» remis par l’Association du camionnage du Québec.

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