Les tarifs du transport maritime mondial grimpent alors que les détaillants se pressent d’éviter de nouveaux tarifs douaniers imminents

Noël arrive plus tôt cette année. Et cela fait grimper les tarifs du transport maritime.

Une vague de commandes de gros anticipées, allant des décorations des Fêtes aux meubles de maison, a propulsé les coûts du transport maritime à leurs plus hauts niveaux en quatre ans en raison de l’incertitude entourant les tarifs douaniers et de la guerre en Iran, ce qui pourrait entraîner des répercussions pour les consommateurs.

(Photo : iStock)

Les spécialistes de l’industrie affirment que les détaillants et les importateurs, particulièrement aux États-Unis, se précipitent pour réserver des expéditions afin de devancer une éventuelle nouvelle série de tarifs douaniers américains visant de nombreux pays, attendue vers la fin juillet.

La hausse de la demande fait grimper les prix du transport maritime partout dans le monde.

«Dans l’ensemble, le début hâtif de la demande liée à la haute saison est la principale cause de la flambée des tarifs de transport», a déclaré Judah Levine, responsable de la recherche chez la plateforme de transport Freightos.

Habituellement, la période d’août à la mi-octobre représente la plus achalandée pour le transport maritime, alors que les navires de marchandises acheminent des biens d’Asie vers l’Amérique du Nord et l’Europe en prévision de la saison des achats d’automne : «De la rentrée scolaire à l’Halloween, en passant par l’Action de grâce, puis jusqu’à la période des Fêtes», a expliqué M. Levine.

Il a attribué ce «devancement des expéditions» principalement aux tarifs douaniers anticipés, mais aussi à la hausse des prix du carburant découlant de la fermeture du détroit d’Ormuz depuis plusieurs mois.

Les grands expéditeurs disposent de contrats à long terme avec les transporteurs, dans lesquels les coûts du carburant sont ajustés sur une base trimestrielle. Les dépenses supplémentaires en carburant engagées par ces transporteurs au cours des trois derniers mois seront refilées aux expéditeurs à compter de cet été, a indiqué M. Levine.

Des ententes similaires entre les importateurs et les fabricants, dont les coûts ont également augmenté en raison de la flambée des prix de l’énergie, incitent encore davantage les expéditeurs à passer leurs commandes dès maintenant.

«En ce sens, une partie de cette hausse précoce (des expéditions) est un effet indirect de la fermeture du détroit d’Ormuz», a déclaré Judah Levine.

Selon le Platts Container Index, les tarifs mondiaux du transport maritime par conteneurs ont bondi d’environ 80% au cours de la période de 30 jours terminée le 24 juin, atteignant leur plus haut niveau depuis avril 2022, lorsque les problèmes de chaîne d’approvisionnement liés à la pandémie étaient à leur sommet.

Plus près de nous, les tarifs ont grimpé encore davantage. Le prix moyen du transport d’un conteneur de 40 pieds entre l’Asie de l’Est et la côte ouest de l’Amérique du Nord a bondi de 117% au cours des cinq dernières semaines pour atteindre près de 7 000 $, selon Freightos.

L’inquiétude entourant de possibles droits de douane américains d’au moins 10% visant des pays faisant l’objet d’une enquête des États-Unis sur les pratiques de travail forcé explique en partie cette situation. La fragilité de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), dont l’échéance de renouvellement du 1er juillet vient tout juste de passer, y contribue également.

La Maison-Blanche a déclaré le mois dernier que le Canada faisait partie des 59 pays, en plus de l’Union européenne, qui devraient être soumis à des tarifs douaniers supplémentaires en raison d’allégations selon lesquelles ils permettraient l’entrée de biens produits par le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement américaines. Toutefois, la grande majorité des marchandises exportées du Canada vers les États-Unis est conforme à l’accord commercial continental en vigueur et demeure exemptée de ces droits.

Quant à l’échéance de renouvellement du 1er juillet de cet accord, une opinion partagée par la plupart des dirigeants d’entreprise est qu’il s’agit de «beaucoup de bruit pour rien». L’incertitude persiste néanmoins, incitant les entreprises à jouer de prudence et à commander leurs marchandises avant que la situation n’évolue.

«Toute cette ambiguïté crée une frénésie de réservations, ce qui fait grimper les prix», a déclaré Lisa McEwan, copropriétaire du courtier en douane Hemisphere Freight. «Je dis à tous mes clients : “Réservez vos expéditions, faites-les partir.”»


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