Les travailleurs étrangers toujours en demande pour les métiers spécialisés

Le jour où la pandémie a été déclarée, les choses ont changé du tout au tout. La plus grande préoccupation de l’industrie, la pénurie de main-d’œuvre, a soudainement été reléguée au second plan. Mais trouver de la main-d’œuvre dans les métiers spécialisés demeure un défi, particulièrement en région.

C’est ce qu’a expliqué William Gobeil, de RM Recrutement, lors d’un webinaire présenté par l’Association d’équipement de transport du Canada.

Avant la pandémie, on prévoyait un manque de plus de deux millions de travailleurs au Canada d’ici 2031. La situation actuelle crée un taux de chômage beaucoup plus élevé, mais les métiers spécialisés demeureront difficiles à combler.

«Dans les métiers spécialisés, la situation ne se règle pas. Les soudeurs et les mécaniciens demeurent en forte demande, et les travailleurs qui sont au chômage ne possèdent pas nécessairement les qualifications pour ces postes», a expliqué M. Gobeil.

Les gens qui se sont retrouvés au chômage ont majoritairement été mis à pied temporairement et des procédures de rappel par les entreprises sont prévues. On ne doit pas oublier que le recrutement de main-d’œuvre étrangère nécessite de la planification à long terme.

William Gobeil
(Photo: RM Recrutement International)

«Peut-être qu’aujourd’hui le besoin n’est pas là. Par contre, on prévoit que, l’hiver prochain, on va avoir des besoins de main-d’œuvre. C’est maintenant qu’il faut y penser. On ne pourra pas régler ces problèmes en quelques semaines seulement avec de la main-d’œuvre étrangère. Les délais sont beaucoup plus longs », prévient M. Gobeil.

Parmi les répercussions possibles de la pandémie sur le recrutement à l’étranger, on peut prévoir une prolongation de la durée maximale des permis pour les postes à bas salaire et de la période de validité de l’Étude d’impact sur le marché du travail (EIMT). Cette étude confirme que le travailleur étranger temporaire comble un besoin et qu’aucun Canadien ou résident permanent n’est disponible pour faire le travail en question.

«Les EIMT sont maintenant valides pendant neuf mois plutôt que six mois », a annoncé M. Gobeil. «Une fois que votre EIMT est émis et approuvé, le travailleur a maintenant neuf mois pour obtenir son permis de travail et s’y présenter.» Ce délai est entre autres accordé en raison des contraintes sur les voyages. «Soyez sans crainte, si les contraintes se prolongent, certainement que les EIMT vont aussi être prolongées», s’est-il empressé de préciser.

Il pourrait aussi y avoir une augmentation des délais de traitement. «On s’y attend, mais est-ce que les employeurs vont moins embaucher à l’étranger, libérant ainsi des agents d’immigration? Peut-être.» C’est à suivre, mais vous seriez bien avisé de prévoir au moins six mois de délai pour les postes à haut salaire, et au moins huit mois pour les postes à bas salaire.

Le gouvernement du Québec a déjà indiqué qu’il pourrait y avoir une réduction des seuils d’immigration. Par contre, il s’agit de seuils pour les résidences permanentes. Il n’y a donc pas d’inquiétude à y avoir pour le moment en ce qui a trait à l’embauche de travailleurs étrangers temporaires. «Pour la résidence permanente, le Programme de l’expérience québécoise est toujours là pour ceux qui ont travaillé un an au Québec et qui savent parler français. Pour le moment, il ne faut pas trop s’inquiéter et, dans tous les cas, vous pourrez renouveler en tant que travailleur temporaire», indique William Gobeil.

Pour le moment, les travailleurs qui arrivent de l’étranger doivent faire une quarantaine de 14 jours dès leur arrivée. Durant cette période, ils ne peuvent aller nulle part et c’est votre devoir de vous assurer qu’ils auront accès à leur logement dès leur arrivée. Il faut aussi vous assurer que quelqu’un soit allé leur porter l’épicerie et tout ce dont ils ont besoin. L’employeur doit payer les employés étrangers durant cette quarantaine.

Enfin, en raison des règles de sécurité plus strictes, plusieurs consignes, comme la distanciation, devront être respectées en milieu de travail. Prévoyez expliquer ces consignes lors de l’accueil des nouveaux travailleurs.

 

 

Steve Bouchard écrit sur le camionnage depuis plus de 25 ans, ce qui en fait de loin le journaliste le plus expérimenté dans le domaine au Québec. Steve est le rédacteur en chef de l’influent magazine Transport Routier, publié par Newcom Média Québec, depuis sa création en 2000. Il est aussi le rédacteur en chef du site web transportroutier.ca, il agit comme rédacteur conseil du magazine L’automobile et il contribue aux magazines Today’s Trucking et Truck News.

Steve rédige aussi le bulletin électronique de Transport Routier, Les nouveautés du routier, et il participe à l’élaboration des stratégies de communication pour le salon ExpoCam de Montréal, propriété de Newcom.

Steve est détenteur d’un permis de conduire de classe 1 depuis 2004 et il est le seul journaliste de camionnage au Québec à avoir gagné des prix Kenneth R. Wilson de la Presse spécialisée du Canada, l’or et l’argent deux fois chacun.

Steve a occupé la présidence et la présidence du Conseil du Club des professionnels du transport du Québec et il représente les médias au comité des fournisseurs de l’Association du camionnage du Québec. En 2011, il a reçu le prestigieux prix «Amélioration de l’image de l’industrie» remis par l’Association du camionnage du Québec.

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