L’immigration parmi les sources de recrutement chez Simard Suspensions

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L’animateur Don Moore en compagnie de David Tremblay, de Lesley Love et de William Gobeil.

Simard Suspensions est clairement un employeur important à Baie-St-Paul. Et l’entreprise spécialisée en conception et fabrication de suspensions spécialisées doit elle aussi composer avec la pénurie de main-d’œuvre.

«Machiniste n’est pas un métier très prisé de nos jours par la nouvelle génération», a lancé d’emblée David Tremblay, président de Simard Suspensions, lors d’une discussion sur les stratégies d’immigration présentée dans le cadre du congrès annuel de l’Association d’équipement de transport du Canada, tenu à Tremblant.

«La foresterie était la principale industrie de notre région il y a quelques années et, dans les années 90, il était assez courant de trouver des travailleurs forestiers à la recherche d’une nouvelle carrière dans un atelier comme le nôtre. Il était également courant de voir des adolescents jouer avec des motos tout-terrain et faire leurs propres réparations, et de trouver des fils de fermiers comme moi qui cherchaient un emploi de mécanicien, de soudeur ou de machiniste. Mais plus maintenant.»

La région ne fournit simplement plus tout le talent dont elle a besoin.

C’est la raison pour laquelle Simard a commencé à travailler avec des écoles de métiers et à mettre en place des programmes comprenant des stages de travail dans ses installations. «Nous avons eu une bonne collaboration pendant de nombreuses années, mais rejoignions davantage des soudeurs, alors que nous avions davantage besoin de gens sur la chaîne d’assemblage.»

Un programme axé sur les techniques d’assemblage et la fabrication mécanique permet aujourd’hui à l’entreprise de compter 225 employés. Mais, une fois que vous avez attiré tous les habitants d’une région intéressés par vos emplois, vous devez étendre la portée de vos efforts de recrutement.

«Il est devenu très difficile d’attirer des gens de grandes villes comme Montréal et Québec, et de leur demander de déménager ici pour le même salaire, et parfois pour moins selon ce que nous pouvons offrir. Nous avions besoin d’autres sources pour nous fournir la main-d’œuvre», a expliqué M. Tremblay.

C’est à ce moment que l’immigration a été identifiée comme faisant partie de la solution.

«Il y a différentes façons d’amener des gens, mais en général, ce que vous faites est bien», a déclaré Lesley Love, avocate spécialisée en droit de l’immigration chez Gowling Lafleur Henderson. «Vous devez commencer à travailler localement, c’est ce que le gouvernement veut voir avant que vous alliez voir outre-mer.»

Pour identifier les candidats idéaux à l’étranger, il faut examiner des facteurs allant de antécédents à l’éducation, de poursuivre Mme Love. Même dans ce cas, amener un travailleur étranger sur le lieu de travail n’est pas une tâche facile.

«Le gouvernement est très réactionnaire. C’est difficile d’amener des gens au Canada. Si vous avez fait tout votre possible et qu’il n’y a toujours personne au Canada pour occuper un poste, vous devez faire des demandes et être très précis sur ce que les travailleurs vont faire.»

Au Québec, les canaux d’immigration impliquent Service Canada et le ministère de l’Immigration.

«Vous devez prouver que vous avez fait tout ce que vous pouviez et, en plus de cela, le Québec demande qui est ce travailleur et s’il est qualifié pour le Québec», a indiqué William Gobeil, directeur de la mobilité et de l’immigration d’affaires chez RM Recrutement International.

«Cela prend plus de temps et, au début, c’est plus compliqué mais, une fois que c’est commencé, c’est plus facile. Par exemple, obtenir la résidence permanente est beaucoup plus rapide et plus simple pour le travailleur et l’employeur au Québec.»

Toutefois, la vérification des compétences d’un futur travailleur varie considérablement selon son pays d’origine, ajoute-t-il.

«Si vous allez en Europe, il est probablement plus facile de savoir si ce qui est dit sur le curriculum vitae est réel. Mais cela peut être très délicat dans certaines parties du monde, comme l’Afrique. Il peut être difficile de valider si l’expérience sur un CV est réelle. Nous ne sommes pas sur place et nous ne partageons pas le même contexte culturel.»

Parfois, ça ne fonctionne pas de faire immigrer des gens d’une plus grande ville ou d’un pays étranger dans une région plus petite comme Charlevoix, a indiqué M. Tremblay «Vous devez vous assurer qu’il y a des affinités entre le travailleur, votre entreprise et la communauté dans laquelle vous vivez. L’adaptation est essentielle.»

De son côté, Simard Suspensions semble faire du très bon travail. L’entreprise a embauché six employés du Mexique et six de Colombie. Une douzaine d’employés arrivera bientôt des Philippines.

Et comment va la rétention?

«Elle est de 100 %. Ils sont tous restés», de répondre David Tremblay.

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