L’industrie du camionnage réagit au budget du Québec

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C’était hier jour de dépôt de budget à Québec, alors que le ministre des Finances Eric Girard et le premier ministre François Legault dévoilaient les orientations économiques de leur gouvernement. Voici quelques réactions d’acteurs de premier plan de l’industrie du transport par camion.

L’Association du camionnage du Québec (ACQ) remarque dans un premier temps que la dette brute du Québec représentera moins de 45% du PIB dès le 31 mars 2020, pour atteindre les 43%.

Et même si ce budget a été considéré comme celui de l’environnement et du transport en commun, le réseau routier, vital au transport de marchandise, n’a pas été oublié.

À cet égard, l’ACQ par la voix de son président-directeur général Marc Cadieux, dit se réjouir « de l’ajout de 15,1 milliards de dollars au Plan québécois des infrastructures 2020-2030 (PQI), qui s’élève maintenant à un sommet historique de 130,5 milliards de dollars. Ces sommes affectées aux investissements en infrastructures permettront de maintenir ou de générer des retombées économiques favorables aux activités des transporteurs routiers de marchandises de la province. »

L’ACQ estime que ces investissements pourraient se traduire par plus de routes en bon état, ce taux pouvant passer de 60,8% en 2020 à 70,7% en 2030. D’autant plus que les municipalités responsables des routes locales pourront également bénéficier d’un appui du gouvernement.

Bien qu’elle se dise déçue du peu de mesures prévues au budget Girard pour atténuer la pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie du camionnage, l’ACQ accueille néanmoins « favorablement l’annonce d’un investissement de 212,7 millions de dollars pour mieux intégrer les personnes immigrantes et attirer des travailleurs étrangers qualifiés, faciliter l’intégration des personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi et former la main-d’œuvre en entreprise », ajoute M. Cadieux.

« Dans le cadre de la pénurie de main-d’œuvre que nous connaissons, le gouvernement du Québec devrait mettre en œuvre des discussions avec le gouvernement fédéral afin de coordonner une révision de la fiscalité de la retraite pour favoriser le retour en emploi des travailleurs expérimentés » ajoute Frédérik François, Conseiller, affaires économiques et fiscales de l’Association.

L’ACQ aurait également bien aimé que le budget comporte des dispositions assurant la pérennité du programme Écocamionnage, « l’un des programmes les plus efficaces dans le domaine » commente M. Cadieux, se disant malgré tout confiant que des annonces positives puissent bientôt être faites en ce sens.

« Au chapitre de la compétitivité, l’Association regrette cependant de ne rien retrouver dans ce budget au sujet du fléau des “Chauffeurs inc.” dans le cadre des mesures de lutte contre l’évasion fiscale et l’évitement fiscal décriés par son industrie dans le cadre des consultations prébudgétaires de janvier dernier » conclut le PDG de l’ACQ.

L’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) reçoit plutôt positivement ce budget elle aussi. Elle y voit en effet « plusieurs mesures intéressantes pour l’industrie de la construction » mais dit constater du même souffle que « à certains égards, les moyens manquent pour l’amélioration du réseau routier. »

« Alors qu’en 2017-2018 84,5% des investissements avaient été réalisés sur le réseau routier, c’est 92,7%, qui l’ont été en 2018-2019. Une nette amélioration. Cependant, dans un contexte où l’indice d’état du réseau routier est en baisse, il est essentiel que les budgets soient dépensés à 100% », plaide l’ACRGTQ par voie de communiqué.

La Compagnie Électrique Lion, fabricant de bus scolaires et de camions électriques 100% québécois, dit de son côté saluer l’engagement du gouvernement du Québec dans le budget envers la transition énergétique ainsi que les investissements prévus dans le premier plan de mise en œuvre de la Politique-cadre d’électrification et de lutte contre les changements climatiques.

L’entreprise dit cependant vouloir attendre de voir comment s’articuleront ces initiatives dans le cadre du transport routier de marchandises avant de démontrer un excès d’enthousiasme. « Lion demeure prudent quant aux mesures prévues pour accélérer l’électrification des transports lourds », dit-elle par voie de communiqué.

« Le budget 2020-2021 envoie un signal positif à l’industrie et crée de fortes attentes, c’est donc avec beaucoup d’intérêt que nous attendrons les détails du plan de mise en œuvre qui seront dévoilés au printemps », déclare Marc Bédard, président et fondateur de Lion.

Le fabricant de St-Jérôme se dit confiant que l’exemple donné par le gouvernement et son appui financier constitueront des incitatifs supplémentaires pour encourager le secteur privé, incluant l’industrie du camionnage, à passer aux véhicules électriques.

Dans un monde idéal, selon Lion, Québec bonifierait les incitatifs financiers à l’acquisition de camions électriques et montrerait l’exemple en électrifiant encore plus rapidement la flotte gouvernementale, arguant que plus il y aura de camions électriques sur les routes, plus les ventes d’Hydro-Québec – dont le gouvernement est l’unique bénéficiaire – seront à la hausse elles aussi.

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