Lion dévoile le premier camion électrique de classe 8 en Amérique du Nord

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Après ses autobus scolaires, La Compagnie Électrique Lion a dévoilé en grande pompe son nouveau camion urbain de classe 8 entièrement électrique, le Lion 8. Le premier en Amérique du Nord, de souligner Marc Bédard, président et fondateur de Lion.

«Il y a quelque chose d’extraordinaire avec ce camion-là, et c’est qu’il vient à 100 % du génie québécois», de lancer M. Bédard.

Le Lion 8 n’est pas un camion existant qui a été modifié pour accommoder une propulsion électrique. Il a été pensé de A à Z pour être électrique. Bien sûr, il a bénéficié de l’expertise acquise par Lion dans le développement de son autobus scolaire électrique.

Le camion présenté au Centre de formation du transport routier de Saint-Jérôme est conçu pour une utilisation urbaine, offrant une autonomie de 400 kilomètres. Le président de Lion a précisé qu’environ 45 pour cent des camions de classe 8 vendus en Amérique du Nord sont affectés à des tâches effectuées dans un rayon de moins de 400 km, et c’est pourquoi son entreprise s’est initialement concentrée sur ce segment.

En primeur, Marc Bédard a annoncé qu’un Lion 8 en version tracteur routier devrait être dévoilé en 2020.

Le Lion 8 est vendu selon un modèle de coût de propriété totale. Marc Bédard admet qu’il y a une surprime à l’achat par rapport au prix d’un camion similaire au diesel, mais ce surcoût s’amortit au fil du temps. Questionné à répétition, M. Bédard a finalement indiqué que le prix de détail d’un Lion 8 tourne entre 250 000 et 400 000$ selon l’équipement.

Pour certaines utilisations, comme les camions de collecte des matières résiduelles, le retour d’investissement s’obtient en quatre ans. La durée de vie du camion est d’une dizaine d’années, selon le nombre de cycles demandés aux batteries.

«Vous allez souvent nous entendre dire qu’un camion électrique, plus il est utilisé, plus il fait du kilométrage, plus c’est payant», souligne Marc Bédard, qui estime que le Lion 8 procure une économie d’énergie de 80 pour cent environ par rapport à un camion similaire au diesel. «Comparativement à un véhicule diesel qui va dépenser 50 000 $ en carburant par année, le modèle électrique va coûter 10 000 $ par année.»

Pour ce qui est de la perte d’autonomie propre aux véhicules électriques par temps froid en hiver, Yves Provencher, directeur senior, Développement des affaires pour Lion, a indiqué qu’elle est de l’ordre de 10 pour cent et qu’elle est optimisée du fait que Lion fabrique son propre système de gestion des batteries.

Les économies d’entretien seraient pour leur part de l’ordre de 60 pour cent, considérant l’absence d’un système d’échappement, d’un filtre à particules, d’une transmission et d’huile moteur. En outre, le freinage régénératif devrait permettre de prolonger de trois fois la durée de vie des freins.

C’est Laurent Duvernay-Tardif, joueur des Chiefs de Kansas City et ambassadeur de Lion, qui a expliqué que le Lion 8 est doté d’une technologie intelligente [de diagnostic à distance]qui peut détecter les pièces défectueuses pendant que le chauffeur est sur la route, ce qui permet de commander des pièces à distance et les faire livrer chez le propriétaire du camion pour assurer une maintenance plus rapide.

«La majorité des exploitants de flotte qui font affaire avec nous comptent sur leurs propres mécaniciens», de souligner M. Bédard, ajoutant que Lion honorera les garanties des composantes chez ses clients. Si un bris de moteur ou de batterie survenait, c’est Lion et ses fournisseurs qui s’en occuperaient.

Le Lion 8 en version porteur présenté était équipé d’un moteur de 470 chevaux et affichait une masse totale en charge de quelque 55 000 lb, soit 25 000 livres pour le camion et 30 000 livres de charge utile.

Le Lion 8 accepte tous les types de recharge, y compris la recharge rapide en une heure 30 environ, avec une borne de 100 Kw.

Le gouvernement du Québec a financé le développement du Lion 8 à hauteur de 8,6 millions de dollars.

Lion compte sur trois partenaires québécois majeurs dans le projet Lion 8, soit le manufacturier de moteurs électriques TM4, AddÉnergie Technologies, qui a développé la borne de recharge rapide, et Solution Centum Adetel Transportation qui a développé le système de télémétrie.

La Société des Alcools du Québec a acheté le premier Lion 8. Les premiers Lion 8 seront livrés à l’automne 2019.

«Nous n’avons pas de limite à notre capacité de production», a indiqué Marc Bédard. «Au cours de la prochaine année, nous pourrions fabriquer 1000 camions Lion 8 avant de devoir penser à lever le pied de l’accélérateur.»

Patrick Turcotte, président de Transport TYT, était présent lors du dévoilement du Lion 8. Son entreprise a déjà réservé cinq Tesla Semi et trois camions Nikola à hydrogène. Il a l’intention de faire l’essai d’un Lion 8.

«Chez TYT, nous sommes pour l’électrification et les technologies vertes. Ici on ne parle pas d’un camion converti à l’électricité, mais d’un véhicule bâti dès le départ pour être électrique, et c’est très intéressant», d’indiquer M. Turcotte. «C’est un projet emballant pour ce qui est des économies d’échelle, mais si Lion veut être stratégique dans son approche, il faudrait vraiment qu’il y ait un cadre de financement avec un partenaire. Le financement traditionnel avec un camion électrique, c’est difficile», prévient-il.

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