Loblaw et Sobeys expliquent comment l’IA peut contribuer à l’entretien des véhicules

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Wayne Scott croyait bien connaître les capacités de la plateforme de maintenance de Samsara. Puis, il a assisté à la conférence d’ouverture Beyond de l’entreprise. Lorsque la présentation a abordé les fonctions de prédiction des codes de défaillance et les estimations des coûts de réparation, il s’est dit : «Je ne savais pas qu’ils pouvaient faire ça.»

Pour M. Scott, qui cumule plus de 40 ans d’expérience en entretien de flotte, la surprise ne venait pas d’un nouveau tableau de bord ou d’un rapport supplémentaire. Elle résidait plutôt dans l’évolution des technologies de gestion de flotte connectée, qui ne se contentent plus d’indiquer ce qui s’est produit, mais aident désormais les responsables de l’entretien à déterminer les prochaines interventions à effectuer.

Le fait que la technologie aille désormais au-delà de la simple collecte de données pour aider les équipes à gérer les tâches administratives qui y sont liées, tout en produisant des informations plus précises et de meilleure qualité, est ce qui représente la véritable valeur ajoutée, selon les transporteurs canadiens présents à la conférence de Samsara Beyond à Las Vegas.

(Photo : Loblaw)

De la visibilité à la prise de décision

Technicien de métier, M. Scott a passé deux décennies chez Freightliner avant de diriger les activités d’entretien nord-américaines de Challenger Motor Freight. Depuis son arrivée chez Loblaw en 2007, ses responsabilités se sont largement étendues au-delà de l’entretien de la flotte. Il supervise aujourd’hui la sécurité, la conformité réglementaire, la stratégie d’approvisionnement en carburant, la planification des investissements, les initiatives environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), ainsi que le déploiement de technologies émergentes, notamment les camions électriques, à hydrogène et autonomes.

Lorsque Loblaw a déployé la télématique dans l’ensemble de sa flotte, vers 2009, l’objectif était avant tout de savoir où se trouvaient ses camions et ses remorques. La prochaine grande étape est survenue avant l’entrée en vigueur de l’obligation des dispositifs de consignation électronique (DCE) au Canada, lorsque Loblaw a remplacé son fournisseur de télématique par Samsara.

«Six mois auparavant, mon patron est venu me voir et m’a dit : « Écoute, il faut qu’on règle cette question des DCE… Nous éprouvons des difficultés avec notre fournisseur actuel »», se souvient Wayne Scott. Aujourd’hui, Loblaw exploite environ 1 000 camions et 6 000 remorques et a élargi son utilisation des solutions offertes par Samsara.

La visibilité est devenue particulièrement importante pour le détaillant à mesure qu’il a pris un plus grand contrôle du transport de ses marchandises en provenance des États-Unis. Sa flotte exploite maintenant environ 300 camions au sud de la frontière pour acheminer des produits frais vers le Canada, plutôt que de s’en remettre à des transporteurs tiers. «Par le passé, nous confiions essentiellement tout ce transport à des tiers… par l’intermédiaire de courtiers ou du marché au comptant», a expliqué M. Scott. «Depuis quelques années, nous avons repris la majeure partie de ce transport à notre compte… Cela nous procure un meilleur contrôle, une plus grande constance et, bien sûr, des coûts moins élevés.»

Aujourd’hui, l’équipe de M. Scott peut consulter les codes de défaillance d’un camion alors que celui-ci se trouve encore à l’autre bout du pays, plutôt que d’attendre son retour à l’atelier.

«Je repense à l’époque où je travaillais chez Challenger ou chez Freightliner. Nous n’avions aucun rapport», a-t-il raconté. «Lorsqu’il y avait un problème de consommation de carburant ou d’huile, nous devions essentiellement nous fier à ce que nous pouvions constater nous-mêmes.»

Lors de la conférence d’ouverture, Samsara a dévoilé de nouveaux outils d’entretien alimentés par l’intelligence artificielle. Ceux-ci évaluent la gravité des codes de défaillance, estiment les coûts de réparation, déterminent si les travaux pourraient être couverts par la garantie et prévoient l’évolution probable des problèmes s’ils ne sont pas corrigés rapidement.

«C’est un véritable changement de paradigme», a souligné Wayne Scott au sujet de ces nouvelles fonctionnalités.

Il reconnaît toutefois que «l’évolution de l’information est si rapide qu’il est presque difficile de suivre le rythme». Il envisage d’ailleurs de désigner des spécialistes dans les domaines de l’entretien, de la sécurité, de la conformité, du carburant et des opérations afin qu’ils suivent l’évolution des nouvelles fonctionnalités et en assurent le transfert de connaissances au reste de l’organisation.

Loblaw utilise déjà les solutions de Samsara pour les DCE, le suivi des remorques, les caméras embarquées alimentées par l’IA, la surveillance des groupes frigorifiques, les capteurs de porte ainsi que certains flux de travail connectés, comme la rémunération des conducteurs. En matière d’entretien, l’entreprise continue toutefois de s’appuyer sur Cetaris, une entreprise de Toronto spécialisée dans la gestion de l’entretien. Selon M. Scott, cette plateforme bénéficie de sept à huit années d’historique de données et d’intégrations. La remplacer représenterait un investissement de plusieurs millions de dollars.

Wayne Scott, qui siège également au comité consultatif des clients de Samsara, reconnaît que le module d’entretien de l’entreprise ne répondait pas auparavant aux besoins de Loblaw, notamment en ce qui concerne la gestion des garanties. Il estime toutefois que les progrès présentés lors de la conférence Beyond sont bien réels et significatifs.

Des données de qualité pour réduire les coûts

Toutefois, un autre grand détaillant canadien utilise déjà Samsara comme plateforme de gestion de l’entretien de sa flotte.

Lors d’un autre panel réunissant des clients, Aligan Sha, gestionnaire des technologies d’entretien de la flotte chez Sobeys, a expliqué que l’un des principaux défis auxquels son équipe faisait face il y a environ six ans n’était ni la réparation du matériel ni le manque de données d’entretien. Le véritable problème résidait plutôt dans la qualité des données et des rapports, ainsi que dans le travail administratif découlant des réparations et fondé sur ces informations souvent incomplètes ou imprécises.

«La gestion de flotte repose largement sur les données», a déclaré M. Sha. «La clé, c’est de recueillir des données exactes, fiables et bien structurées dans votre système de gestion de l’entretien.»

Cela signifiait notamment de s’assurer que chaque intervention de main-d’œuvre et chaque pièce de remplacement étaient associés au bon code VMRS, afin que la flotte puisse analyser avec précision l’historique des réparations, les coûts d’entretien et les défaillances des composants. Avant l’arrivée du traitement automatisé des factures par intelligence artificielle, cet objectif était toutefois difficile à atteindre.

En l’absence d’intégrations, les factures de réparation devaient être saisies manuellement par le personnel d’entretien de Sobeys ou par des fournisseurs externes. Selon Aligan Sha, le traitement d’une facture de cinq pages comportant plus de 15 lignes de main-d’œuvre pouvait prendre de 30 à 45 minutes.

«Les doseurs d’hydrocarbures, aussi appelés «septièmes injecteurs», sont souvent codés dans le système moteur plutôt que dans le système d’échappement. De la même façon, la sellette d’attelage du tracteur est parfois classée dans les systèmes des roues ou des freins, au lieu du système d’attelage», illustre M. Sha. Il ajoute que certains fournisseurs soumettent également des «factures à une seule ligne», qui indiquent simplement un coût global de réparation sans ventilation détaillée de la main-d’œuvre ni des pièces.

«Ces données sont complètement inutilisables. Elles ne veulent absolument rien dire», a-t-il affirmé.

(Photo : Samsara)

L’absence de données normalisées limitait également la capacité de Sobeys à analyser l’historique des réparations à l’échelle nationale et faisait en sorte que, dans certains cas, des travaux d’entretien préventif pourtant réalisés n’étaient même pas consignés dans le système.

Selon Aligan Sha, la situation a changé depuis l’adoption de la plateforme de gestion de l’entretien connectée de Samsara. L’intelligence artificielle lit désormais les factures de réparation, résume les travaux effectués, associe automatiquement la main-d’œuvre et les pièces aux tâches et catégories d’entretien appropriées, repère les réparations susceptibles d’être couvertes par une garantie et génère automatiquement un bon de travail.

«Tout cela se fait en moins de deux minutes par facture, comparativement à 30 ou 45 minutes auparavant», a-t-elle expliqué M. Sha. «Pour moi, c’est un véritable changement de paradigme.»

Les avantages vont toutefois bien au-delà du simple gain de temps. Grâce à la réduction de la saisie manuelle des données, Sobeys n’a plus besoin de faire appel à des fournisseurs externes pour entrer les factures dans son système.

«Cela nous place dans une meilleure position pour négocier des contrats à des tarifs plus avantageux. Ensuite, il n’y a plus de coûts d’intégration. Intégrer un fournisseur nous coûtait probablement entre 30 000 et 50 000 $ par fournisseur, et une fois l’intégration réalisée, nous étions en quelque sorte liés à lui. Désormais, nous avons toute la flexibilité nécessaire pour changer de fournisseur si celui-ci n’offre pas le rendement attendu, sans avoir à nous soucier de ces coûts.»

Pendant ce temps, les techniciens qui travaillent dans les ateliers de Sobeys peuvent désormais créer les bons de travail au fur et à mesure que les réparations sont effectuées. Le système enregistre automatiquement le temps de main-d’œuvre, les pièces utilisées et le coût total des réparations.

Moins de paperasse, plus de temps pour l’entretien

Wayne Scott a suivi la présentation d’Aligan Sha depuis la salle. Lorsque notre publication sœur trucknews.com lui a ensuite demandé si les problèmes liés au codage des factures et aux historiques de réparation fragmentés lui semblaient familiers, il a éclaté de rire avant de répondre : «C’est presque exactement la même chose.»

Invité à dire à quelles tâches un service d’entretien performant devrait consacrer moins de temps d’ici cinq ans, M. Scott n’a pas hésité une seconde : «À la paperasse.»

Pour lui, c’est précisément là que l’intelligence artificielle offre le plus grand potentiel. À titre d’exemple, il a récemment utilisé ChatGPT pour transformer un document technique d’une quarantaine de pages en questionnaire de formation destiné aux techniciens, une tâche qui lui aurait auparavant demandé une journée complète. «Je voulais envoyer un questionnaire à tout le monde pour évaluer leurs connaissances sur quelques sujets… Je suis allé me chercher un café et, à mon retour, c’était terminé.»

Selon lui, l’intelligence artificielle ne remplacera pas les professionnels de l’entretien, mais leur permettra plutôt de consacrer davantage de temps à mettre leur expertise à profit. C’est pourquoi Wayne Scott estime que l’avenir repose sur une combinaison de l’IA et de ce qu’il appelle l’«intelligence humaine».

«Éliminons la paperasse, remettons les mécaniciens dans l’atelier, là où ils créent de la valeur, me font économiser de l’argent et sont les plus efficaces.»

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