Nikola plaide en faveur d’une double approche de l’électrification

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Pour concurrencer le diesel, les véhicules électriques à batterie et les camions électriques à pile à combustible à hydrogène seront des options viables sous certaines conditions.

C’est pourquoi Nikola Motor Company mise sur les deux technologies pour le marché des semi-remorques. Lors d’une présentation dans le cadre de la conférence Heavy Duty Dialogue de la Heavy Duty Manufacturers Association, Jason Roycht, vice-président de Nikola chargé du développement technologique et de la stratégie, a déclaré que les deux technologies auront leur place.

«Il est possible de remplacer le diesel par des solutions zéro émission», a déclaré M. Roycht. «Mais le diesel est un carburant formidable et le moteur à combustion interne présente des avantages comme la simplicité du ravitaillement, la densité énergétique et un faible poids par rapport aux batteries.»

Un groupe motopropulseur diesel pèse environ 3 000 kg, a précisé M. Roycht. Pour obtenir la même énergie à bord d’un camion de classe 8 en utilisant des batteries qui ont la même autonomie, il faut ajouter près de 5 000 kg (11 000 livres). Mais pour les trajets plus longs où l’autonomie est importante, les piles à combustible ont à peu près le même poids que le moteur qu’elles remplacent dans un camion diesel.

«Cela nous donne beaucoup de potentiel pour déplacer ces tonnes-mille fret de la même manière avec une pile à combustible», d’ajouter M. Roycht.

Nikola prévoit de lancer des camions électriques à batterie et à pile à combustible de classe 8, mais M. Roycht a déclaré que les véhicules à batterie sont mieux adaptés à une autonomie quotidienne d’environ 480 km. En 2021, Nikola l’intention de commercialiser le Nikola Tre, dont l’autonomie peut atteindre 300 milles. En 2023 suivra le camion électrique à pile à combustible Nikola 2, dont l’autonomie varie entre 500 et 600 milles (entre 800 et 960 km), destiné aux applications longue distance.

Pour concurrencer le diesel, ces camions devront offrir un coût total d’exploitation comparable ou supérieur, a reconnu M. Roycht. Le diesel, à 3,30 $US/gallon, produit de l’énergie à un coût d’environ 8 cents par kWh (kilowattheure). Nikola espère fournir de l’hydrogène à un coût de 2,50 $/kg, ce qui correspond au coût de 8 c/kWh du diesel, alors que le coût pour alimenter les véhicules électriques à batterie est d’environ 15 c/kWh.

Mais les véhicules électriques à batterie et les camions à pile à combustible permettront également de réduire les coûts d’entretien des composants tels que les freins et élimineront le besoin de lubrifiants pour les moteurs.

Le temps de ravitaillement en carburant est un autre élément à prendre en considération. Un camion diesel peut être ravitaillé en une dizaine de minutes, tandis qu’il faut compter environ une demi-heure pour recharger un véhicule électrique à batterie d’une autonomie de 300 milles à 80 % de sa capacité. En revanche, un camion électrique à pile à combustible peut être ravitaillé en 15 minutes environ.

Le principal obstacle en lien avec l’hydrogène est qu’il n’est pas encore facilement disponible. Nikola prévoit de développer le réseau d’alimentation en hydrogène nécessaire le long des routes que ses clients empruntent.

«Ce que nous prévoyons de faire, c’est d’intégrer la production d’hydrogène et le ravitaillement en carburant dans des stations liées à la location de nos camions», a expliqué M. Roycht. «Par exemple, Anheuser-Bush a accepté d’acheter plusieurs centaines de camions à pile à combustible à hydrogène, et Nikola a l’intention de construire des stations de ravitaillement le long des routes où ces camions seront déployés.»

«Nous savons exactement où placer ces stations et où elles seront utilisées à haut rendement», d’ajouter M. Roycht. «Quand nous savons où les mettre, c’est très efficace en termes de capital. Nous n’avons pas à construire dans l’espoir que les véhicules viendront se ravitailler – nous construisons en fonction de l’utilisation des véhicules.»

Nikola prévoit d’utiliser des sources d’énergie renouvelables et de les décomposer par électrolyse en hydrogène et en oxygène.

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