Obibox, c’est la livraison du XXIe siècle qui sonne à votre porte

Personne ne peut anticiper, en voyant l’entrepôt d’Obibox, que cette compagnie de livraison de colis est à l’avant-garde des technologies de pointe en gestion des opérations. Les quelque 37 000 pieds carrés du local sont situés dans un bâtiment industriel anonyme de ville Saint-Laurent, à Montréal.

Pourtant…

Il ne faut pas se laisser distraire par ces quelques signes extérieurs visibles. Cette compagnie, menée de mains de maîtres par quatre visionnaires très ancrés dans le XXIe siècle, est l’exemple matriciel de la philosophie économique actuelle : moderne, adaptable, constamment en mouvement et en évolution, perméable aux technologies qui peuvent offrir, ici et maintenant, des solutions organisationnelles rapides et efficaces pour maximiser l’efficacité de ses opérations quotidiennes, et une réelle conscience de l’empreinte carbone que ses camions laissent derrière eux sur les routes.

Photo : Christian Bolduc
Jordan Arshinoff et Michael Cotnoir, deux des quatre propriétaires de Obibox, posent à l’intérieur de leur entrepôt montréalais pour Transport routier. Photo: Christian Bolduc

Une fusion bénéfique

Ces quatre propriétaires – Jordan Arshinoff, le gars de marketing et du service à la clientèle, François Lévesque, le gars de finance, Paul-Henri Erhard, le gars de tech et Michael Cotnoir, le gars des opérations – ont créé Obibox en décembre 2020 lors d’une fusion entre deux entreprises aux caractéristiques complémentaires : Xpedigo et Tecor Transport. « Paul et moi avions, chez Xpedigo, l’infrastructure technologique à l’interne, laquelle était proactive et réactive, nous disait Jordan lors d’un entretien téléphonique, alors que Michael et François possédaient, avec Tecor transport, une infrastructure opérationnelle qui nous manquait. »

Après plusieurs mois de franches discussions hebdomadaires, ces quatre pères de famille ont décidé de fusionner leurs activités professionnelles en décembre 2020. Donc en pleine pandémie à la COVID-19, une période pendant laquelle le commerce en ligne et la livraison ont littéralement explosé.

Une logistique développée et contrôlée à l’interne…

Depuis trois ans, donc à peu près douze mois avant la fusion, le chiffre d’affaires d’Obibox a été multiplié par presque dix. Comment, dans ces conditions, gérer une croissance aussi fulgurante? Comment affronter et régler des problèmes qui déboulent à vitesse grand V?

Pour Jordan, l’avantage concurrentiel de la compagnie se situe d’abord au niveau du développement des outils de gestion numériques, lesquels sont contrôlés et exploités à l’interne afin de supporter les opérations physiques au quotidien. Ils ont très tôt compris que la technologie jouerait un rôle central dans le succès de l’entreprise. Pour être instantanément réactif lorsque cela s’avère nécessaire.

Notamment lors du Vendredi fou de novembre dernier.

« Avoir une équipe technologique dédiée à l’interne nous a permis d’ajuster l’algorithme en moins de 24h, d’ajouter une troisième vague de départs et de livrer tous nos colis dans les temps impartis. » S’ils avaient fait affaire avec une ressource externe, les dirigeants d’Obibox auraient eu à attendre leur tour comme tout le monde. Or, des opportunités d’affaires de cette nature ne peuvent pas être bousillées impunément.

Un algorithme, en fait, dont l’adaptabilité n’est possible que parce que les développeurs sont au service exclusif des clients d’Obibox. Par exemple dans la calibration des routes, un exercice qui peut être rapidement et efficacement ajusté en fonction de demandes particulières d’un partenaire-livreur.

… Aussi pour le bénéfice des partenaires-livreurs

Il veut terminer sa route près de chez lui? L’algorithme peut retravailler les livraisons en fonction de cette exigence. Un client commercial ou industriel est fermé entre midi et 13h? L’algorithme reprogrammera la route en fonction de cette nouvelle information du chauffeur. Même chose si un chauffeur veut corriger des portions de route parce que les sens uniques vont dans le mauvais sens, ou que certaines rues empruntées sont, par exemple, difficiles d’accès.

C’est ce qu’on nomme, chez d’Obibox, l’optimisation (maximisation) des routes. Mais ce n’est pas tout ce que peut faire une équipe tech à l’interne. Les téléphones qu’utilisent les partenaires-livreurs n’avaient pas, jusqu’à tout récemment, la capacité d’activer la lumière sans devoir sortir de l’application lors des livraisons nocturnes. Une perte de temps inutile, considérant que l’application, dans ces moments-là, passait directement à la livraison suivante. Pas très pratique. Or, à leur demande, les développeurs ont réglé le problème de façon satisfaisante.

L’efficacité, encore et toujours.

Une expertise technologique précieuse qui appuie également la répartition au quotidien et, depuis peu, la gestion de camions 100% électriques qu’Obibox vient de se procurer.

Voyons voir.

La répartition en temps réel

Photo : Christian Bolduc
Michael Cotnoir et Jordan Arshinoff devant les 21 écrans de la répartition d’Obibox. Photo : Christian Bolduc

En entrant dans les bureaux d’Obibox, on constate d’abord que la section réservée à la répartition ressemble beaucoup à un « War room. » 21 écrans, fermés lors du passage de Transport routier afin de préserver l’intégrité de données névralgiques, permettent de suivre, en temps réel, les camions, les entrepôts, les routes et l’évolution des livraisons avec des caméras et des GPS intégrés.

Avec cinq centres de tri au Québec (Montréal, Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières et Drummondville) et un à Ottawa/Gatineau, la répartition d’Obibox peut suivre, 24h par jour et sept jours par semaine, l’ensemble de ses activités: l’évolution des livraisons, régler des problèmes divers, aider les livreurs au besoin pour un problème technique ou géospatial qui nécessite une assistance.

Outre le mode hors-ligne, qui permet de télécharger sa route et la compléter normalement en cas de problème avec sa connexion (zones rurales, interruption de service comme ce fût le cas pour Rogers le 8 juillet dernier), la répartition peut guider le livreur vers la borne électrique la plus proche si son camion a besoin d’une recharge pressante.

Des véhicules 100% électriques

Conscients de l’empreinte carbone liée à leurs activités professionnelles, les quatre mousquetaires d’Obibox ont en effet débuté leur transition 100% électrique avec l’achat d’une vingtaine de camions Ford E-Transit dont 14, à ce jour, ont été déployés sur le terrain. Si on se fie à Michael Cotnoir et Jordan Arshinoff, ce n’est qu’un début.

« D’ici 2030, on veut que notre flotte soit électrifiée à 90%. »

Cette initiative, aussi noble soit-elle, entraîne dans son sillon un certain de défis logistiques nouveaux pour l’entreprise, parmi lesquels la gestion de l’autonomie, la conduite, la gestion des routes et les (bonnes) bornes de recharge.

Pour Michael, qui conduit un véhicule électrique personnel depuis trois ans, une borne à recharge rapide semblait une évidence pour équiper les points de chute d’Obibox. Erreur! Il avoue que cette idée a été révisée le jour où il la compagnie a reçu sa facture d’électricité. Les tarifs pour le commercial et l’industriel ne se calculent pas de la même façon que pour les clients résidentiels.

« Étant donné que nos camions reviennent à peu près tous en même temps et qu’Hydro-Québec facture en fonction des heures de pointe, il a fallu repenser notre façon de gérer nos bornes. »

En quête d’un partenariat éventuel avec InnovHQ, Obibox évalue sérieusement la possibilité d’installer des bornes intelligentes. Leur avantage, outre la connectivité et le traçage de données telles que la vitesse, la durée ou la puissance de recharge, est de distribuer équitablement la capacité énergétique disponible afin d’éviter les périodes de pointe.

Donc si tous les camions se rechargent en même temps, les bornes dites « intelligentes » calibreront la puissance et la vitesse de chaque camion sur une plus longue période afin de ne pas surcharger le réseau. Et payer plus cher.

Le circuit électrique

Avec un plafond d’autonomie fixé à un maximum de 190km, le E-Transit de Ford exige une gestion serrée de son énergie. En réservant les routes plus courtes situées dans les zones urbaines, Obibox doit également former ses partenaires-livreurs à la façon d’utiliser les camions électriques.

Michael mentionne que le freinage regénératif, qui consiste à appuyer légèrement sur la pédale de frein afin de récupérer l’énergie cinétique qui la transformera, à son tour, en énergie utilisable, n’est qu’un des aspects nouveaux qu’il faut gérer. « L’hiver, on recommande aux livreurs de faire chauffer leur camion électrique avant de le débrancher et d’entamer leur journée. »

En cas d’un imprévu sur la route, le partenaire-livreur peut s’appuyer sur le circuit électrique, le réseau québécois de bornes de recharge pour véhicules électriques. Un outil de gestion qu’Obibox a intégré à ses opérations afin d’éviter les remorquages, les coûts qui y sont associés et les pertes de productivité qu’une panne peut engendrer. « Le répartiteur, qui possède les codes d’accès du circuit électrique pour chaque camion, aidera le livreur à repérer la borne la plus proche. Il peut même l’activer à distance pour lui. »

Pour Jordan, Michael et leurs associés, la technologie a pour finalité de maximiser les rendements de livraison sur la route et les entrepôts, mais également réduire, au minimum, l’empreinte carbone de leurs activités corporatives. Ces précieux outils de gestion interne, que les employés d’Obibox peuvent contrôler et orienter dans leur développement, demeurent leur avantage concurrentiel indéniable pour une compagnie de son temps : réactive, proactive, flexible, constamment perfectible et visionnaire.

Rédacteur professionnel depuis plus de 15 ans, Christian possède une expérience considérable à titre de journaliste spécialisé en transport, notamment à titre de directeur de la rédaction de L'Écho du transport, magazine aujourd'hui disparu, et de Transport durable magazine.

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