Quand la COVID s’invite au bureau

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Un simple match de hockey entre amis dans la rue d’un village en Estrie. Il n’en fallait pas plus pour que le virus s’invite.

Josiane Lorange, vice-présidente, Culture, développement et engagement pour Isaac Instruments, faisait partie du groupe. Elle a reçu un résultat positif à la COVID-19 le 19 mars dernier, mais elle avait été en contact avec des collègues de travail entre-temps. Cela a marqué le début d’une minutieuse opération de traçabilité pour elle et pour son employeur.

Le fameux match de hockey dans la rue du 29 février a été à l’origine d’une éclosion, la majorité des joueurs ayant été atteints de la COVID-19 par la suite, dont un qui a été admis aux soins intensifs.

On en était au tout début de la crise, alors que le premier cas au Québec avait été déclaré deux jours plus tôt.

Le conjoint de Josiane a commencé à ressentir des symptômes avant elle et a même dû être hospitalisé. Heureusement, les symptômes de Josiane se sont limités à de la fatigue et à une irritation de la gorge au début, suivies d’une perte de goût et d’odorat.

Le couple et ses deux enfants ont dû faire une quarantaine dans des conditions surréalistes à leur chalet, les adultes vivant à l’étage et les enfants au sous-sol.

En rétrospective, Josiane estime avoir contracté le virus entre le 29 février et le 7 mars. Il se serait donc écoulé entre une et deux semaines entre le moment de la transmission et le 13 mars, jour où la plupart des employés d’Isaac sont partis en télétravail. Une période durant laquelle elle a été en contact avec des collègues.

Elle a passé un test le 15 mars et reçu un résultat positif le 19 mars. Elle a fait l’objet d’un suivi téléphonique quotidien durant lequel elle devait prendre sa température et dire si elle avait des symptômes.

«Josiane a été super transparente et a avisé immédiatement l’équipe de direction», souligne Mélanie Charbonneau, vice-présidente, Marketing et communications pour Isaac.

«Ce qui m’a vraiment impressionnée, c’est comment la Direction de la santé publique (DSP) a pris les choses en main. Comment elle a fait des suivis serrés. À quel point elle était préparée, organisée et structurée pour accompagner Josiane ainsi que les gens qui avaient été en contact avec elle», reconnaît Mme Charbonneau.

«J’ai appelé Jacques [De Larochellière, président d’Isaac)] cinq jours avant le réception de mon résultat de test, soit le 14 mars, au moment où j’ai su que j’avais potentiellement été exposée au virus deux semaines plus tôt. Puis j’ai reçu mon résultat le 19 mars. Entre le 15 et le 19 mars, mon dossier était sous investigation et on ne pouvait encore rien annoncer étant donné l’incertitude. Mais du moment que le résultat a été reçu, le 19 mars, la DSP a pris le dossier en charge avec Jacques.»

Les critères de la DSP sont très précis. Par exemple, elle veut savoir qui s’est trouvé à moins de deux mètres, pendant au moins 15 minutes, d’une personne atteinte.

Mme Lorange a dû passer son agenda au crible. «Nous savions que la DSP allait nous demander avec qui nous avions été, à quelle heure et pendant combien de temps, et ce, à partir du moment où nous avons eu des symptômes. Nous avions déjà commencé à faire nos listes pendant que nous nous en rappelions. Pendant une heure ou deux, nous avons passé en revue tous les endroits où nous étions allés.»

«Avec la DSP, je me suis plongée dans mon agenda, j’ai répertorié toutes les rencontres que j’avais eues et j’ai indiqué le nom de mes collègues avec lesquels j’avais été en plus grande proximité à partir du début probable de mes symptômes, soit vers le 4 mars», explique Mme Lorange.

«Toujours dans un esprit de confidentialité, la DSP a communiqué avec tous ces collègues individuellement. Eux ne savaient pas que c’était moi qui avais contracté le virus, et ils ne savaient pas nécessairement que c’était quelqu’un du bureau. On leur disait qu’ils avaient pu être en contact avec quelqu’un atteint de la COVID-19 et on leur demandait de rester en quarantaine et de respecter les consignes.»

En ce qui a trait à la confidentialité, c’est la personne en cause qui décide si elle veut dévoiler son identité ou non.

Josiane Lorange (Photo: Isaac Instruments)

Plusieurs personnes de l’entreprise ont été mises en quarantaine après que Josiane eut été déclarée positive. En fait, tous ceux qui ont été en contact avec elle, à moins de deux mètres pendant plus de 15 minutes à partir du moment où elle a pu être contaminée.

Isaac s’est occupée des communications auprès de l’ensemble des employés, alors que la DSP a communiqué avec ceux qui avaient côtoyé Josiane de plus près.

Dès le début de la pandémie, l’équipe de direction d’Isaac a tenu des réunions COVID-19 quotidiennes – maintenant trois fois par semaine – afin de partager l’information en lien avec la situation.

«Nous essayons d’être le plus transparent possible. Nous partageons les questions de chacun des membres de nos équipes et donnons des réponses officielles par voie de communiqué», explique Mélanie Charbonneau.

«Ce qui a aidé, c’est la communication avec l’équipe, parce qu’il y avait pas mal d’inquiétude, qu’on le veuille ou non», analyse Mme Charbonneau avec le recul «En tant qu’entreprise, il faut être transparent, annoncer les choses dès qu’on les sait et faire le suivi aussi avec ceux qui ont été testés.»

«La bonne nouvelle, c’est que je n’ai contaminé personne. Ça a été rassurant», conclut Mme Lorange.

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