Québec offre des prêts et garanties de prêts aux entreprises affectées par la COVID 19

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Le gouvernement du Québec a annoncé hier la mise sur pied d’un programme doté d’une enveloppe globale de 2,5 milliards de dollars afin d’épauler les entreprises du Québec aux prises avec des problèmes temporaires de liquidités attribuables à la crise de la COVID-19.

L’aide financière vise à soutenir leur fonds de roulement afin qu’elles puissent poursuivre leurs activités.

Le programme, baptisé PACTE, est piloté par le ministère de l’Économie et de l’Innovation en partenariat avec Investissement Québec. Les garanties de prêts sont favorisées mais des prêts en bonne et due forme pourraient aussi être accordés par Investissement Québec. Dans tous les cas, le programme vise à faciliter des emprunts de 50 000 $ et plus, à des taux dits avantageux.

« Beaucoup d’entreprises et de travailleurs québécois sont affectés, et notre économie en pâtit. Il faut faire le pont jusqu’à la reprise, jusqu’au moment où la vie reprendra son cours normal », a déclaré le premier ministre François Legault lors de l’annonce du programme PACTE.

Sauf de rares exceptions (production ou distribution d’armes, jeux de hasard, tabac ou drogues par exemple) les entreprises de tous les secteurs d’activité sont admissibles à ce programme, y compris les entreprises de camionnage et celles du secteur manufacturier permettant leur fonctionnement.

« Les entreprises de tous les secteurs sont admissibles », confirme Jean-Pierre D’Auteuil, porte-parole du ministère de l’Économie et de l’Innovation, à l’occasion d’une entrevue à Transport Routier depuis son domicile puisque lui-même fait du télétravail.

Le refinancement de prêts – par exemple le financement déjà obtenu pour l’acquisition de camions ou de remorques – est exclu du programme, mais de l’aide pourrait être disponible pour faire le versement des mensualités sur ces camions, permettant de garder les compagnies de transport en activité. L’aide pourrait aussi servir à offrir des primes salariales à des chauffeurs devant remplacer des collègues en confinement.

Pour bénéficier de ces prêts et garanties de prêts, la clé pour les entreprises est d’établir que leurs difficultés sont temporaires et liées à la COVID-19. Bref, que leurs assises et leur modèle d’affaires sont solides et qu’elles pourront redevenir rentables une fois la tempête passée.

« Ça va faire suite à l’évaluation de leur dossier. Il faudra voir si la COVID est vraiment une source de problématiques pour leur entreprise et si lorsque tout sera passé, ils sont en mesure de relancer sans problèmes leurs opérations », résume M. D’Auteuil.

Lien de cause à effet avec le virus

Questionné à savoir comment les entreprises désireuses d’obtenir de l’aide financière devront démontrer le lien de cause à effet entre la COVID-19 et leur manque temporaire de liquidités, le porte-parole explique : « Ça va être de démontrer que depuis le début de cette crise-là, les entreprises voient leur chiffre d’affaires vraiment diminuer, preuves à l’appui. Que la COVID est arrivée brusquement dans leurs opérations régulières. » M. D’Auteuil ajoute que plus de 600 entreprises se sont déjà inscrites au programme PACTE.

Quant aux délais de traitement, on assure que des efforts ont été déployés pour les réduire autant que possible. « Ils vont essayer de faciliter le dossier rapidement. Ils ont mis des équipes en place pour répondre à la demande », dit M. D’Auteuil au sujet de ses collègues du ministère et d’Investissement Québec, assurant du même souffle que les autorités sont prêtes à répondre à une augmentation rapide de la demande de facilités de financement.

« Il faut comprendre que les gens en ont besoin rapidement de ce soutien financier-là », souligne le porte-parole gouvernemental, disant avoir vu comme plusieurs les sondages indiquant que plusieurs entreprises ne pourraient survivre que quelques semaines encore à la situation actuelle sans soutien financier.

Les principales modalités ainsi que la façon de procéder pour obtenir l’aide sont présentées sur le site Web d’Investissement Québec. Les entreprises admissibles souhaitant obtenir plus d’informations ou se prévaloir de ce financement peuvent composer le 1-844-474-6367 ou le numéro de téléphone de leur bureau régional, indiqué sur le site Web.

Les fournisseurs tiennent le coup

Les fournisseurs aux entreprises de camionnage sont également admissibles à de tels décaissements de liquidités mais les coups de sonde que nous avons menés ne semblent pas démontrer que l’approvisionnement en matières premières ou le paiement de celles-ci fassent problème.

Chez le fabricant de planchers de semi-remorques Prolam, à Cap-Saint-Ignace, la responsable des ressources humaines Anne-Marie Pelletier nous indique que les efforts de l’entreprise sont plutôt consacrés à la santé et au bien-être des employés.

À Québec, la présidente de Suspensions & Ressorts Michel Jeffrey, Karen Jeffrey, dit trouver positive l’annonce gouvernementale, même si elle ne ressent pas le besoin d’y recourir pour le moment.

Pour elle, le plus important est que ses fournisseurs de pièces demeurent en activité comme c’est le cas présentement. « Peut-être que nous sommes considérés comme un service essentiel parce que nous réparons les camions et que si les camions ne roulent pas, rien ne fonctionne », avance-t-elle comme hypothèse.

Mme Jeffrey s’estime chanceuse dans le contexte actuel que son équipe ait pour l’instant été peu affectée par la COVID-19. « Nous n’avons aucun employé en confinement », dit-elle.

Pour la présidente de Suspensions & Ressorts Michel Jeffrey, l’aide financière gouvernementale n’est pas le premier souci. « Si mes fournisseurs devaient ne plus être disponibles pour me servir, le gouvernement aurait beau me prêter de l’argent, ça ne règlerait pas mon problème », dit-elle.

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