Québec-Ontario et Canada-US en camion électrique : Ça devient possible

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Mine de rien, l’infrastructure de recharge pour camions électriques se déploie au point où les transporteurs peuvent commencer à envisager parcourir des distances plus longues sans trop craindre de « manquer de jus » pour revenir à leur base.

En plus du réseau de bornes québécois existant et toujours en croissance, l’Ontario multiplie aussi les installations de recharge.

La semaine dernière, le ministère fédéral des Ressources naturelles a annoncé un investissement de huit millions de dollars pour l’installation de 73 sites de recharge en Ontario. L’initiative est menée en partenariat avec Hydro One (l’Hydro-Québec ontarien), Ontario Power Generation (OPG) et Ivy Charging Network.

Et les camions pourront s’y ravitailler avec des prises CCS et CHAdeMO. « La plupart des modèles actuels de véhicules lourds électriques sont compatibles avec les bornes de recharge rapide que permet d’installer l’Initiative pour le déploiement d’infrastructures pour les véhicules électriques et les carburants de remplacement », déclare Ressources naturelles Canada en réponse à nos questions.

Le ministère ajoute cependant que tous les emplacements ontariens de cette annonce ne sont pas conçus pour accommode le déplacement de véhicules lourds à leurs abords.

Ponts frontaliers plus accueillants

La situation est nettement plus positive à proximité de certains ponts qui jalonnent la frontière Canada/États-Unis, alors que la Société des ponts fédéraux Limitée (SPFL) a annoncé avant-hier l’installation de ses deux premières stations de recharge haute capacité pour véhicules électriques.

Les bornes se situent à proximité des boutiques hors taxes du pont international des Mille-Îles (Lansdowne, Ontario) et du pont Blue Water (Point Edward, Ontario).

Les bornes de recharge rapide de 25 kW sont munies de multiples connecteurs (CCS et CHAdeMO dans ces cas aussi) et sont installées à proximité des boutiques hors taxes afin que les voyageurs puissent se rendre à la boutique pendant qu’ils rechargent leur batterie.

Le lancement de ces deux stations de recharge constitue la première étape d’un projet pilote qui pourrait s’étendre à d’autres emplacements de la SPFL.

En entrevue à Transport Routier, le porte-parole de la SPFL, Todd Kealey, indique que les installations de recharge situées près de ces ponts frontaliers ont d’abord été conçues pour les véhicules commerciaux.

« Quand ça a commencé, l’idée était de mettre en place des bornes de recharge pour les gros camions », explique M. Kealey, soulignant que l’emplacement du pont des Mille-Îles est particulièrement bien adapté aux véhicules lourds. L’espace serait plus restreint du côté du pont Blue Water (photos ci-dessous).

La situation est un peu comme la question de l’œuf et la poule, dit le porte-parole. Il faut déployer l’infrastructure pour servir le camionnage électrique mais l’industrie du transport par camion doit acheter des véhicules électriques pour que l’investissement en recharge (environ 75 000 $ par borne) en vaille la peine.

« Ce qu’on a décidé de faire, c’est de mettre des bornes de capacité moyenne dans un premier temps », dit-il.

Le choix des emplacements n’est pas un hasard puisque le pont Blue Water est le pont transfrontalier le plus achalandé par les camions commerciaux, après le pont Ambassador.

« On veut créer une infrastructure qui diminue l’anxiété d’être pris dans une grosse file d’attente et de perdre de la capacité en électricité », ajoute M. Kealey. « On veut que les gens aient confiance qu’ils peuvent faire l’aller-retour sans problème », ajoute-t-il.

« L’idée, c’est d’installer dans le futur des chargeurs à chacun des quatre ponts [incluant Sault-Ste-Marie et Cornwall], dans les deux directions », nous dit le porte-parole de la SPFL.

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