Remorques aérodynamiques : Délai d’un an pour s’harmoniser avec les États-Unis

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Un débat juridique aux États-Unis a pour effet de retarder d’un an la mise en place au Canada de mesures destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux remorques dont l’aérodynamique et le coefficient de friction ne sont pas optimisés.

Ce dossier était piloté simultanément par l’agence américaine pour l’environnement (EPA) et Environnement et Changement climatique Canada mais des délais judiciaires aux États-Unis ont stoppé son avancement.

Si le Canada avait fait cavalier seul en allant de l’avant, cela aurait fait en sorte que les normes canadiennes auraient été en vigueur avant celles des États-Unis, forçant les fabricants de remorques d’ici à produire des véhicules dont la conformité n’aurait pas été assurée au sud de la frontière.

Il a ainsi été décidé qu’un délai supplémentaire, jusqu’au 27 mai 2020, s’appliquerait chez nous également.

L’Alliance canadienne du camionnage (ACC), par la voix de son président Stephen Laskowski, a dit soutenir l’initiative visant à réduire l’empreinte carbone des remorques attelées à nos camions mais, du même souffle, estimer logique que le gouvernement canadien prenne le temps d’analyser les impacts potentiels de réglementations différentes au Canada et aux États-Unis avant de légiférer.

Des coûts pour les transporteurs

En entrevue à Transport Routier, le président et chef de la direction du fabricant de remorques Manac, Charles Dutil, croit lui aussi que cette pause était nécessaire pour des raisons d’harmonisation et de saine concurrence entre transporteurs canadiens et américains. « Il y a une logique à la coordination des efforts entre les différents ministères qui touchent aux transports et à l’environnement au Canada et aux États-Unis », dit-il.

Bien sûr l’entreprise québécoise vise elle aussi un avenir plus sain pour la planète, mais elle devra faire accepter à sa clientèle de nouvelles contraintes de prix et de charge utile lorsque la réglementation sur les GES attribuables aux remorques entrera en vigueur. « Quand les réglementations évoluent dans ce sens, normalement il y a de l’ajout de quelques livres et de quelques dollars par unité », précise M. Dutil.

La loi, quelle que soit sa forme définitive, devra toutefois être respectée par l’ensemble des fabricants de remorques même si ce sera un peu plus tard que prévu. « On bâtit en respect des réglementations, selon les demandes de nos clients », assure le président de Manac.

Sur le plan de l’assemblage, la transition se fera sans trop de heurts estime M. Dutil, rappelant qu’une bonne majorité des unités livrées par Manac sont déjà équipées de jupes latérales ou autres appendices aérodynamiques parce que beaucoup d’acheteurs y voient un avantage en matière de consommation de carburant. « Les transporteurs n’attendent pas à la dernière minute pour dire “On va ajouter des choses” quand il y a une logique à le faire », dit-il.

Ce qui changera en mai prochain, ce sera le caractère volontaire de ces ajouts. « Nous allons devoir imposer l’équipement aux clients », explique M. Dutil, selon qui certains clients n’auraient pas opté d’eux-mêmes pour des caractéristiques telles que des déflecteurs d’air ou des pneus à faible résistance au roulement.

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