Rendez-vous de l’ACQ : comment gérer vos huiles usagées en toute sécurité

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La gestion des huiles usées et des produits connexes demeure un enjeu central pour les ateliers mécaniques, particulièrement dans le secteur du transport routier où les volumes générés peuvent être considérables. Entre exigences réglementaires, impératifs environnementaux et réalités opérationnelles, les entreprises doivent composer avec un cadre structuré qui vise à assurer une récupération sécuritaire et efficace de ces matières.

C’est pour encourager ces bonnes pratiques que l’Association du camionnage du Québec (ACQ) a consacrée son Rendez-vous de l’ACQ en ligne sur le sujet. Intitulé «Gestion sécuritaire des huiles usées en atelier», ce webinaire a permis de faire le point sur les obligations et les meilleures pratiques à adopter sur le terrain.

(Photo : iStock)

Un cadre réglementaire structuré autour de la responsabilité des producteurs

Le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP) oblige les entreprises mettant certains produits sur le marché à en assurer la récupération et le recyclage en fin de vie. Dans le cas des huiles usagées au Québec, ce rôle est assumé par la Société de gestion des huiles usagées du Québec (SOGHU).

Ce modèle repose sur les écofrais perçus lors de l’achat de produits visés, comme les huiles moteur ou les antigels, qui servent à financer l’ensemble du système de récupération, permettant aux ateliers de se départir de ces matières sans coûts supplémentaires à condition de respecter les règles établies.

«Si un produit est visé, il doit être récupéré dans le bon circuit. Sinon, des frais peuvent s’appliquer», a rappelé Claude Bourque, co-fondateur d’Écocentre Québec et responsable du volet résidus domestiques dangereux (RDD) et SST à la SOGHU.

L’un des éléments clés pour les ateliers consiste à bien distinguer les produits acceptés de ceux qui ne le sont pas, ici selon la fonction du produit. Les produits acceptés sont :

  • les huiles de lubrification (moteur, transmission, hydraulique);
  • les filtres associés (huile, carburant, hydraulique);
  • les antigels à base de glycol;
  • certains aérosols, notamment les nettoyants à freins.

Les produits exclus contiennent le liquide lave-glace, les huiles alimentaires, les mélanges carburant-huile ou encore l’urée (DEF). L’intégration de produits non admissibles dans les flux de récupération peut entraîner des frais additionnels ou compromettre le recyclage.

Savoir trier et entreposer

Au-delà de l’identification des produits, la qualité du tri joue un rôle déterminant dans l’efficacité du système. Chose importante à savoir : les huiles peuvent être mélangées entre elles, mais ne doivent jamais être combinées avec d’autres substances.

«Il faut absolument séparer les huiles des antigels, de l’eau, du diesel ou de l’essence», a précisé M. Bourque.

Cette séparation vise à maintenir la qualité des matières récupérées et à éviter des coûts de traitement supplémentaires. De même, les filtres, les aérosols et les contenants vides doivent être triés et entreposés séparément, sans contamination par d’autres déchets comme le carton ou les guenilles.

Sur le plan opérationnel, les solutions d’entreposage varient selon les volumes générés afin de prévenir les fuites et de faciliter la collecte par des récupérateurs agréés. Les petits volumes sont déposés dans des points de collecte autorisés, les volumes intermédiaires dans des barils ou des conteneurs appropriés, alors que les volumes importants nécessitent des systèmes de stockage industriels avec récupération par pompage.

Déversements : un risque omniprésent à maîtriser

Malgré les précautions, les déversements demeurent une réalité dans les ateliers. Ces écoulements accidentels sont un risque pour la santé, la sécurité ou l’environnement et peuvent varier en gravité selon leur ampleur et le type de produit impliqué.

Qu’ils soient mineurs (facilement maîtrisable à l’interne), intermédiaires (nécessitant parfois un soutien externe), ou bien majeurs (impliquant des interventions spécialisées, notamment en cas de contamination environnementale), les écoulements ont plusieurs conséquences.

Ils amènent des risques pour les travailleurs, la pollution des sols ou des eaux, l’interruption des activités d’une entreprise, voire l’atteinte à sa réputation.

Il est donc important d’avoir une approche préventive structurée se reposant sur trois piliers : l’identification des causes, la mise en place de mesures correctives et la formation des employés.

«Il faut se poser la question : pourquoi les déversements surviennent-ils? Et agir à la source», a affirmé Catherine Pessoa, CRIA et conseillère technique chez Via Prévention. «La meilleure façon de gérer un déversement, c’est encore de l’éviter», a-t-elle ajouté.

Parmi les causes les plus fréquentes à identifier, on retrouve des contenants endommagés ou mal fermés, une manutention inadéquate ainsi qu’un entreposage instable ou mal organisé.

Plusieurs mesures correctives permettent de réduire significativement les risques, notamment :

  • l’utilisation de matériel adapté (pompes, entonnoirs);
  • l’installation de bacs de rétention;
  • la réduction des volumes stockés;
  • l’amélioration des méthodes de manutention;
  • le maintien de l’ordre et de la propreté dans l’atelier.

La formation joue également un rôle clé. Les travailleurs doivent être en mesure d’intervenir rapidement et sécuritairement, en utilisant le matériel de protection individuelle approprié et les bons absorbants.

Des obligations légales à ne pas négliger

La gestion des huiles usées et des déversements est encadrée par plusieurs lois, notamment en matière d’environnement et de santé et sécurité au travail. Les entreprises ont notamment l’obligation de :

  • ne pas rejeter de contaminants dans l’environnement;
  • récupérer tout déversement de manière sécuritaire;
  • fournir le matériel et la formation nécessaires;
  • mettre en place des procédures d’urgence adaptées.

Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions, en plus des coûts liés aux interventions correctives.


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