Shell Rotella mise sur les économies de carburant et l’allongement des intervalles d’entretien avec de nouvelles huiles moteur

La nouvelle génération d’huiles moteur pour véhicules lourds de Shell Rotella pourrait aider les flottes de camions à réduire leur consommation de carburant, à prolonger les intervalles d’entretien et à améliorer la protection des moteurs. Les progrès réalisés dans la technologie des lubrifiants permettent aux fabricants de miser sur l’efficacité énergétique sans compromettre la durabilité des moteurs.

Les avantages vont au-delà du moteur lui-même. Des formulations d’huile améliorées peuvent contribuer à prolonger les intervalles d’entretien des filtres à particules diesel, tandis qu’une meilleure résistance à l’oxydation offre aux fabricants de moteurs la possibilité d’améliorer l’efficacité énergétique ou d’espacer les vidanges d’huile.

Le Dr Jason R. Brown, directeur général des lubrifiants pour l’industrie et le transport chez Shell, a indiqué que les fabricants de lubrifiants ont réalisé des progrès considérables pour concilier les économies de carburant et la protection des moteurs, deux caractéristiques de performance qui nécessitaient auparavant des compromis difficiles.

Jason Brown, à gauche, et Matt Urbanak, au centre, au Shell Technology Center, à Houston, au Texas. (Photo : Leo Barros)

«Ce que nous avons découvert dans nos études, c’est qu’il est en fait possible de faire les deux», a déclaré M. Brown lors d’une entrevue au Shell Technology Center, à Houston, au Texas. «On peut concevoir une huile qui offre un rendement exceptionnel en matière d’économie de carburant, tout en développant les composants nécessaires pour préserver la durabilité du moteur.»

Shell Rotella se prépare à lancer des huiles moteur améliorées pour véhicules lourds au début de 2027 afin de répondre aux nouvelles spécifications CL-4 et FB-4 de l’American Petroleum Institute (API), qui remplaceront les catégories actuelles CK-4 et FA-4.

Les nouveaux produits arriveront sur le marché l’an prochain

Les nouvelles spécifications entreront en vigueur pour l’octroi des premières licences le 1er janvier 2027, marquant ainsi la première évolution majeure des catégories d’huiles moteur diesel pour véhicules lourds depuis environ une décennie.

M. Brown a expliqué que le développement des lubrifiants commence par une compréhension de l’évolution de l’industrie du camionnage, notamment des changements réglementaires, des projets des fabricants de moteurs et des attentes des clients.

Shell collabore avec des organismes de l’industrie, des fabricants et des flottes de transport afin de déterminer comment les nouvelles formulations peuvent répondre à l’évolution de la conception des moteurs et des exigences d’exploitation.

(Photo : Leo Barros)

L’un des facteurs les plus importants à prendre en compte est la viscosité, particulièrement la viscosité à haute température et à haut taux de cisaillement (HTHS), qui reflète le comportement des lubrifiants dans des conditions de fonctionnement exigeantes pour les moteurs.

M. Brown a expliqué qu’une fois les caractéristiques de viscosité souhaitées établies par les ingénieurs, ceux-ci peuvent mettre au point des ensembles d’additifs offrant la protection nécessaire contre l’usure, la résistance à l’oxydation et la durabilité recherchées.

Les progrès réalisés dans la technologie des additifs ont permis aux fabricants de mettre au point des lubrifiants à plus faible viscosité, capables d’améliorer l’efficacité énergétique tout en maintenant une protection adéquate des moteurs.

M. Brown estime qu’il est encore possible de réaliser des gains supplémentaires en matière d’économie de carburant, notamment à mesure que les fabricants de moteurs poursuivent leurs recherches sur l’utilisation de lubrifiants à plus faible viscosité dans les applications appropriées.

Il a reconnu que convaincre les clients d’abandonner les huiles traditionnelles à viscosité plus élevée demeure un défi important pour l’industrie.

Des possibilités d’économies de carburant

De nombreuses flottes utilisent des lubrifiants 15W-40 depuis des années et sont satisfaites de leur rendement. Toutefois, M. Brown a indiqué que les nouvelles formulations offrent des possibilités de réduire la consommation de carburant sans compromettre la protection des moteurs, lorsqu’elles sont utilisées dans des moteurs adaptés.

Pour les flottes exploitant des centaines de camions, même des améliorations relativement modestes de l’efficacité énergétique peuvent se traduire par des économies d’exploitation considérables.

Karin Haumann, responsable technique des fabricants chez Shell Global Solutions et présidente de l’équipe chargée du développement des nouvelles catégories de l’API, a expliqué que les nouvelles spécifications ont été élaborées en partie pour accompagner les modifications apportées par les fabricants de moteurs afin de répondre à des exigences de plus en plus strictes en matière d’émissions polluantes.

L’un des principaux objectifs consiste à réduire la teneur en composants chimiques des lubrifiants qui contribuent à l’accumulation de cendres dans les filtres à particules diesel (FPD).

(Photo : Leo Barros)

De petites quantités d’huile moteur peuvent pénétrer dans la chambre de combustion, où certains composés inorganiques subsistent sous forme de cendres après la combustion. Ces dépôts s’accumulent progressivement dans le FPD, augmentant la contre-pression et pouvant nuire à l’économie de carburant.

La réduction de ces composés peut contribuer à prolonger les intervalles d’entretien des systèmes de post-traitement des gaz d’échappement et à diminuer les besoins en maintenance.

Mme Haumann a indiqué que ces améliorations offrent également aux fabricants de moteurs une plus grande souplesse dans la conception et le fonctionnement de leurs moteurs.

Par exemple, une meilleure résistance à l’oxydation pourrait permettre aux fabricants de faire fonctionner les moteurs à des températures plus élevées, ce qui réduirait la viscosité de l’huile et améliorerait leur efficacité énergétique.

Des intervalles de vidange d’huile prolongés

Les fabricants pourraient également maintenir les températures de fonctionnement actuelles et tirer parti de cette meilleure stabilité thermique pour prolonger les intervalles de vidange d’huile.

Ces deux approches pourraient permettre aux flottes de réaliser des économies, selon la manière dont les fabricants de moteurs intègrent les améliorations apportées aux lubrifiants dans leurs produits.

Mme Haumann a précisé que les nouvelles spécifications des huiles visent à permettre ces évolutions technologiques des moteurs, plutôt qu’à générer à elles seules tous les gains d’efficacité énergétique.

La catégorie API CL-4 sera rétrocompatible avec les applications CK-4, ce qui permettra d’utiliser les nouvelles huiles dans les moteurs diesel actuels et plus anciens, lorsque cela est approprié.

La catégorie FB-4 succède à la FA-4 et met l’accent sur des formulations à plus faible viscosité destinées aux moteurs conçus pour concilier efficacité énergétique et durabilité.

Shell affirme que ses nouvelles formulations offriront une meilleure protection contre la dégradation de l’huile, l’usure et la formation de dépôts, tout en étant compatibles avec les systèmes modernes de post-traitement des gaz d’échappement.

La gamme améliorée comprend les huiles Shell Rotella T4 15W-40, T5 10W-30 et T6 10W-30.

Selon les essais réalisés par Shell, la nouvelle huile T4 offre une maîtrise de la formation des dépôts supérieure de 58% à celle de sa précédente formulation CK-4.

L’huile T5 10W-30 dépasse de plus de 90% les exigences en matière de résistance à la dégradation de l’huile, tandis que la T6 10W-30 offre en moyenne une protection contre l’usure supérieure de 66% aux exigences de la norme API CL-4.

(Photo : Leo Barros)

Shell indique que ces améliorations de performance sont appuyées par de nombreux essais en laboratoire et des essais en conditions réelles auprès de flottes de transport, totalisant des millions de milles parcourus.

Matt Urbanak, directeur de la technologie chez Shell Rotella, a expliqué que les essais sur le terrain sont particulièrement importants, puisque les essais normalisés sur les moteurs ne peuvent pas reproduire toutes les conditions rencontrées dans le transport routier commercial.

Shell évalue ses lubrifiants dans différents environnements d’exploitation, notamment le camionnage longue distance, les activités de livraison sur de courtes distances, le matériel roulant hors route et les applications à service intensif.

L’un des essais sur le terrain a été réalisé avec des équipements dont le poids atteignait 160 000 lb (72 574 kg), soumettant les lubrifiants à des charges élevées qui, selon M. Urbanak, seraient difficiles à reproduire lors d’essais normalisés sur les moteurs.

Des essais sur le terrain

Les essais normalisés sur les moteurs dans l’industrie se déroulent généralement sur des périodes prédéterminées, notamment de 200, 400 ou 600 heures. Toutefois, ces durées ne correspondent pas nécessairement aux intervalles de vidange d’huile observés dans les activités quotidiennes des flottes de transport.

Les essais sur le terrain permettent à Shell d’évaluer le rendement des lubrifiants sur des centaines de milliers de milles parcourus, notamment dans des conditions où les intervalles de vidange d’huile sont prolongés.

M. Urbanak a expliqué que l’analyse des huiles usagées joue un rôle central dans ce processus. Les échantillons prélevés pendant les essais sont analysés afin de mesurer la viscosité, l’oxydation, les indices d’acidité et de basicité ainsi que la présence de métaux d’usure, notamment le fer, le nickel, l’aluminium et le cuivre.

Les résultats permettent de déterminer la durée de vie utile restante du lubrifiant et de vérifier s’il continue d’assurer une protection adéquate du moteur.

Dans certains cas, Shell retire des moteurs du service et les démonte afin d’inspecter leurs composants internes, puis compare leur état aux résultats des analyses d’huile usagée.

La numérisation tridimensionnelle

M. Urbanak a indiqué que l’entreprise explore également l’utilisation de la technologie de numérisation tridimensionnelle afin de mesurer plus objectivement les dépôts présents sur les composants des moteurs.

Les évaluations visuelles traditionnelles peuvent varier d’un inspecteur à l’autre, tandis que la numérisation pourrait permettre d’obtenir des mesures plus uniformes et reproductibles.

Les données supplémentaires recueillies par les capteurs embarqués des moteurs pourraient également permettre de mieux évaluer le rendement des lubrifiants dans différentes conditions de fonctionnement.

M. Urbanak a expliqué que les flottes qui envisagent d’adopter de nouvelles formulations souhaitent souvent obtenir des résultats d’essais réalisés sur des moteurs semblables à ceux qu’elles utilisent, avec des intervalles de vidange d’huile comparables ou plus longs.

Il estime également que les exploitants pourraient tirer profit d’intervalles de vidange d’huile prolongés, lorsque ceux-ci sont conformes aux recommandations des fabricants de moteurs et appuyés par les résultats des analyses d’huile.

(Photo : Shell Rotella)

Parallèlement au lancement des nouvelles formulations, Shell bonifie la couverture de garantie de deux produits.

La garantie de l’huile Rotella T5 Advanced Synthetic Blend passera de 10 ans ou 300 000 milles (480 000 km) à 12 ans ou 400 000 milles (640 000 km).

La couverture de garantie de l’huile Rotella T6 Full Synthetic passera de 15 ans ou 500 000 milles (800 000 km) à 15 ans ou 600 000 milles (960 000 km).

La garantie de l’huile T4 Triple Protection demeure inchangée et peut atteindre 10 ans ou 300 000 milles (480 000 km).

Les produits améliorés seront lancés progressivement à compter du début de 2027, leur disponibilité variant selon les formulations.


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