Sondage Desjardins : L’enfer de la distraction au volant, c’est les autres

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Lorsque les sondeurs de Desjardins leur ont demandé s’ils avaient été témoins de conducteurs distraits au volant, près de huit Canadiens sur 10 (79%) ont répondu par l’affirmative. Lorsqu’on leur demandait si eux-mêmes avaient déjà connu un épisode de distraction au volant, sans surprise les mêmes usagers de la route n’ont été que 38% à admettre que ç’avait été le cas. Bref, comme dans bien d’autres domaines, nous sommes souvent plus enclins à lancer la pierre aux autres.

Toujours selon le sondage Desjardins mené en ligne dans l’ensemble du Canada auprès de 3 020 répondants, les Canadiens ont classé la distraction au volant comme le deuxième facteur de risque en importance lorsqu’ils prennent la route, derrière la conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool.

Pourtant, cette perception est erronée elle aussi puisque la distraction au volant est désormais la première source de coûts liés à une collision selon C.J. Meurell, cofondateur de Motion Intelligence qui prenait récemment la parole à Houston au Texas dans le cadre d’un forum organisé par la firme PeopleNet et dont notre collègue Derek Clouthier a fait un compte-rendu dans le magazine Truck News. Le phénomène préoccupe suffisamment l’industrie pour que l’Alliance canadienne du camionnage (ACC) reprenne la nouvelle sur son propre site Internet.

Et même si moins de gens décèdent sur nos routes au fil des ans, la proportion de ces décès attribuable à la distraction, elle, est en hausse. « En 2015, un décès sur quatre était attribuable à celle-ci [la distraction] », souligne Robyn Robertson, présidente et chef de l’exploitation de la Fondation de recherches sur les blessures de la route.

Pour les entreprises de camionnage, un accident causé par la distraction au volant coûte en moyenne 63 000 $ en dommages à la propriété, 438 000 $ pour une collision causant des blessures et la facture peut atteindre plus de 10 millions de dollars si un décès survient à la suite de l’accident, selon l’expert de Motion Intelligence.

Sans surprise, les jeunes semblent plus touchés par le phénomène en raison de l’attrait qu’exercent sur eux les dispositifs de communication mobile. Cette affirmation doit toutefois être prise avec un grain de sel selon des transporteurs avec qui Transport Routier a discuté du phénomène et qui témoignent que des chauffeurs de tous âges commettent parfois des erreurs au volant en raison d’une distraction provenant d’un gadget électronique.

J.C. Meurrell estime que l’une des clés pour contrer le fléau de la distraction au volant est d’implanter une culture d’entreprise où cette réalité est regardée en face avec les chauffeurs, au même titre que d’autres aspects de leur métier.

Encore une fois, cela tend à rejoindre les données compilées par Desjardins, qui indiquent que le premier facteur de dissuasion de comportements à risque est la possibilité perçue de se faire prendre et les conséquences qui en découlent. Si l’employeur démontre qu’il prend la chose au sérieux, les chauffeurs risquent de faire de même.

« Les Canadiens savent que la distraction au volant est un facteur de risque sur la route. Nous devons faire passer le message qu’il s’agit d’un comportement extrêmement dangereux pour eux, pour leurs passagers et pour l’ensemble des usagers de la route », conclut Denis Dubois, président et chef de l’exploitation de Desjardins Groupe d’assurances générales dans la foulée du dévoilement des résultats du sondage piloté par son entreprise, à Lévis la semaine dernière.

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