Tendances économiques : le marché au comptant montre des signes de reprise possible, mais l’intérêt pour les camions neufs demeure modéré
Les entreprises de camionnage ont encore peu d’incitatifs à commander de nouveaux camions, alors que la croissance du fret demeure atone et que les tarifs restent sous pression. Toutefois, le marché au comptant américain semble se stabiliser et affiche certains signes précurseurs d’une possible reprise, selon truckstop.com.
Les expéditeurs ont constaté une légère amélioration des conditions en octobre, même si les volumes de fret aux États-Unis ont reculé durant le même mois, d’après les données du Bureau of Transportation Statistics (BTS).
La demande de nouveaux tracteurs demeure sous pression
La demande de camions de classe 8 neufs reste modérée, en raison notamment d’une croissance toujours faible du fret et d’une surcapacité persistante. Dans son plus récent North American Commercial Vehicle Outlook, ACT Research indique qu’il est peu probable que les acheteurs devancent leurs achats en prévision des normes d’émissions EPA27 — et, si cela devait se produire, ce ne serait pas avant la fin de 2026.
« La clarification récente concernant l’EPA27 est la bienvenue, mais comme nous l’avons déjà souligné, les camionneurs achètent des camions lorsqu’ils gagnent de l’argent », a déclaré Ken Vieth, président et analyste principal chez ACT. « Malgré l’utilité de cette clarification réglementaire, compte tenu des faibles niveaux actuels de rentabilité et de retour sur investissement, à moins d’un revirement économique imprévu, il est très improbable que les acheteurs se précipitent vers de nouveaux tracteurs. Cela pourrait toutefois stimuler une activité marginale plus tard en 2026, à mesure que les conditions d’offre et de demande s’amélioreront. »
ACT souligne également l’impact des tarifs douaniers imposés en vertu de l’article 232, qui appliquent une taxe de 25 % sur la valeur des composants étrangers des camions et autobus moyens et lourds importés.
« Alors que le transport pour compte d’autrui entre dans une troisième année consécutive de rentabilité historiquement faible et que les tarifs stagnent, l’augmentation des coûts d’équipement liée aux tarifs douaniers contribuera à freiner davantage la demande déjà limitée de véhicules neufs aux États-Unis », a ajouté M. Vieth.
Ces pressions s’ajoutent à plusieurs autres facteurs défavorables :
- des tarifs de fret et des marges des transporteurs pour compte d’autrui qui demeurent à des niveaux récessionnistes ;
- une pause actuelle du fret après une période prolongée d’anticipation visant à éviter les droits de douane ;
- une inflation des biens liée aux tarifs, qui pourrait peser sur les volumes ;
- un recul des flottes privées après leur forte expansion en 2023 et 2024 ;
- et une incertitude macroéconomique persistante entourant la politique économique américaine.

Le TSI du fret recule en octobre
Le BTS a indiqué que l’indice des services de transport de marchandises (TSI) a reculé de 1,2 % en octobre par rapport à septembre, marquant un deuxième mois consécutif de baisse. L’indice affiche également un recul de 1,2 % sur un an.
Le TSI « fret » mesure le volume de marchandises transportées par les transporteurs pour compte d’autrui. « L’indice TSI du fret a diminué en octobre en raison de la baisse des volumes transportés par rail, transport intermodal ferroviaire, pipeline et camionnage, tandis que le transport aérien et maritime a progressé », a précisé le BTS.

Les conditions des expéditeurs s’améliorent légèrement
L’indice des conditions des expéditeurs (SCI) de FTR a légèrement augmenté pour atteindre 0,3 en octobre, comparativement à -0,5 en septembre. La hausse des taux de fret a compensé l’amélioration observée dans d’autres composantes de l’indice.
FTR prévoit que l’indice demeurera généralement neutre jusqu’à la mi-2026.
« Même si nous ne disposons pas encore d’un portrait complet de l’économie américaine, une récente révision des estimations de la production industrielle par la Réserve fédérale suggère que la demande de fret est encore plus faible que prévu », a expliqué Avery Vise, vice-président du camionnage chez FTR.
« C’est une bonne nouvelle à court terme pour les expéditeurs, car la capacité pourrait continuer de dépasser largement les volumes. Toutefois, cela laisse entrevoir un resserrement plus rapide et plus marqué lorsque la demande reprendra. Nous estimons que le marché du fret est entré dans une phase de transition inévitable, susceptible d’entraîner une certaine volatilité au cours des prochains mois. »

Le marché au comptant affiche des signaux positifs
Parallèlement, le marché au comptant américain continue d’envoyer des signaux encourageants pour les camionneurs. La semaine se terminant le 5 décembre a été marquée par «une hausse notable des tarifs au comptant affichés par les courtiers, ce qui pourrait indiquer un point d’inflexion», selon truckstop.com.
«Si cette tendance se maintient au cours des deux prochaines semaines, une reprise pourrait bien être en cours», indique la plateforme.
Les tarifs ont progressé pour tous les types d’équipements, avec des hausses particulièrement marquées pour les fourgons frigorifiques, dépassant les attentes saisonnières. Les tarifs du transport frigorifique ont enregistré leur plus forte hausse depuis la semaine de l’International Roadcheck en mai et ont atteint leur niveau le plus élevé depuis janvier 2023.
Les tarifs des remorques sèches ont connu leur meilleure progression hebdomadaire depuis le milieu de l’année, tandis que les tarifs des remorques plateformes ont affiché leur plus forte hausse depuis avril, atteignant un sommet de six semaines.
Truckstop.com demeure toutefois prudent : « La volatilité des taux au comptant survient souvent autour des grands congés et ne signale pas nécessairement un changement de tendance durable. » La plateforme rappelle notamment que les hausses observées autour du 4 juillet avaient été rapidement suivies d’un retour à la tendance saisonnière.
Après la semaine de l’Action de trâce américaine, une forte augmentation des affichages de cargaisons à transporter a largement dépassé la reprise des affichages de camions disponibles, propulsant l’indice de la demande du marché à 107,5 — son plus haut niveau depuis la semaine de l’International Roadcheck en mai.
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