Tesla dévoile enfin son camion électrique

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HAWTHORNE, Californie – Elon Musk a officiellement dévoilé le tracteur routier Tesla Semi 8 entièrement électrique, après des mois de spéculations et de retards. Maintenant, la question est de savoir si son entreprise deviendra le «perturbateur» de l’industrie qu’elle dit vouloir être.

Les deux tracteurs à cabine de ville prototypes qui ont été dévoilés en Californie jeudi dernier étaient très stylisés, ressemblant à des véhicules concepts. Plusieurs journalistes du monde entier étaient sur place pour partager l’expérience, chacun étant guidé dans un hangar sécurisé pour avoir un bref aperçu du camion tant attendu.

Le jour précédant le lancement, Elon Musk est allé d’un élan marketing aussi imagé qu’exagéré en tweetant que ce camion «peut se transformer en robot, combattre les extraterrestres et faire un latté d’enfer». Il n’y avait pas de machine à café, bien sûr, mais le célèbre chef de la direction et architecte du produit de Tesla a attiré beaucoup d’attention avec sa plus récente annonce. Plus de 1000 personnes étaient présentes pour le lancement.

Loblaw et Walmart comptent parmi les premières flottes ayant commandé des camions pour essais au Canada.

Le Tesla Semi aurait une autonomie de 800 kilomètres. Une station de charge haute vitesse permettrait d’ajouter suffisamment d’énergie en trente minutes pour procurer environ 650 kilomètres, alors que de l’énergie est également fournie par le freinage régénératif.

«Vous pouvez aller au milieu de nulle part et revenir», d’ajouter Elon Musk, indiquant que l’autonomie maximale permet de six à sept heures de conduite. «Lorsque vous aurez terminé votre pause, le camion sera prêt à repartir.»

La production d’énergie avec des méga-chargeurs alimentés à l’énergie solaire procurerait encore plus d’économies.

En combinant le prix de la location, l’assurance et l’entretien, un camion diesel coûterait 20 pour cent plus cher au mille qu’un Tesla Semi dès le premier jour, selon des coûts estimés à 1,26 $ US au mille par rapport à 1,51 $.

Même si on est loin d’une voiture Tesla modèle 3, le Tesla Semi partage plusieurs composantes et éléments de design avec ses sœurs à quatre roues. Les deux véhicules utilisent des moteurs électriques communs, par exemple. Mais, contrairement à la voiture qui tire l’énergie d’un seul moteur, le camion en a quatre, faisant appel à une paire sur chaque essieu moteur pour assurer des contrôles indépendants. Cela peut aider à prévenir les mises en portefeuille en transmettant un couple positif ou négatif à chaque bout de roue et en appliquant les freins indépendamment.

«C’est différent de tous les camions que vous avez conduit», a assuré M. Musk. «La mise en portefeuille est impossible. Votre pire cauchemar a disparu de ce camion.»

La batterie au cœur de tout cela se trouve sous la cabine, derrière une barrière de protection, offrant un centre de gravité bas.

Lors du dévoilement des caractéristiques, Elon Musk a rapidement souligné la différence de vitesse entre les camions diesel et le sien. Un Tesla Semi sans remorque atteindra 97 kilomètres/heure en cinq secondes, tandis qu’un poids lourd traditionnel atteindra la vitesse en 20 secondes. Plus pertinent pour le camionnage : le Tesla Semi grimpera une pente de 5 pour cent à 105 kilomètres/heure. Sans changement de vitesse ni activation de l’embrayage, le camion devrait accélérer ou ralentir en douceur, tandis que le freinage récupère l’énergie cinétique disponible.

À l’intérieur

Les portes de la cabine présentent des poignées profilées et escamotables semblables à celles que l’on trouve sur les voitures Tesla. Elles révèlent deux marches menant à l’intérieur. Mais, contrairement à un camion traditionnel, le siège du conducteur est placé au centre de la cabine, comme dans une voiture de course. Un siège repliable pour un passager est placé juste à droite, contre le mur du fond.

«C’est un bel intérieur spacieux. Vous pouvez vous tenir debout à l’intérieur», a précisé le patron de Tesla.

Le volant lui-même est muni d’une paire d’écrans tactiles (également empruntés au modèle 3) qui offrent un accès au système de navigation, aux moniteurs d’angles morts et à un dispositif d’enregistrement électronique, entre autres. Les capacités télématiques s’intégreront aux systèmes de gestion de flotte existants pour tout couvrir, du routage à la télésurveillance. Un écran activé, présent sur le prototype, comprenait également une soupape électronique de protection du tracteur et une soupape d’alimentation de la remorque.

Une application Tesla offrira des informations sur le camion. «Le camion anticipe réellement quand il a besoin d’entretien», a ajouté M. Musk,

Des caméras ont été installées autour du véhicule, au-dessus et au-dessous du pare-brise ainsi que sur de petites ailes montées derrière chaque porte. En plus d’offrir une meilleure visibilité, elles assureront des fonctions améliorées de pilotage automatique comme le freinage d’urgence automatique, la mémorisation automatique de voie, les avertissements de sortie de voie et l’enregistrement d’événements. Le pilote automatique est offert en équipement standard.

Le système appellera automatiquement les services d’urgence s’il n’y a pas de réponse après un événement de freinage d’urgence. «Cela rehausse substantiellement la sécurité», a déclaré M. Musk, ajoutant, «Je peux conduire cette chose et je ne sais pas comment conduire un camion semi-remorque.»

Le Tesla Semi promet même une forme de suivi en peloton, ou «platooning», c’est-à-dire un convoi où plusieurs camions se suivent. «Vous êtes davantage comme un conducteur de train», a comparé Elon Musk, suggérant que cela peut être 10 fois plus sécuritaire qu’un conducteur humain. «Présentement [dans un convoi], un camion diesel est deux fois plus cher qu’un Tesla Semi. Ça bat le rail.»

Un véhicule électrique procure plusieurs économies d’entretien, étant donné qu’il comporte moins de pièces. Il n’y a pas de moteur à combustion interne, de système de post-traitement, de transmission ou de différentiel, par exemple. Sous le capot, on trouve un espace de rangement supplémentaire plutôt qu’un compartiment moteur.

«La fiabilité est incroyablement importante», a déclaré M. Musk. «Nous garantissons que ce camion ne tombera pas en panne pendant un million de milles [1,6 million de kilomètres]. Si deux moteurs tombaient en panne en même temps, le camion avancerait toujours, et même à cette capacité réduite, il battrait encore de vitesse un camion à moteur diesel.»

Un tour rapide autour du camion a exposé quelques composantes familières, comme une sellette d’attelage Jost et une suspension qui semble traditionnelle. L’écart entre le tracteur et la remorque est fermé avec des rallonges latérales et le camion est recouvert de panneaux lisses pour améliorer l’aérodynamisme.

«Cela procure un meilleur coefficient de traînée qu’une super voiture», a déclaré M. Musk.

Le marché décidera du parcours du fabricant dans ce segment.

La production doit commencer en 2019.

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