Un rapport sur la distraction au volant appelle à une action de la part des flottes

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La Fondation de recherche sur les blessures de la route (FRBR) a publié aujourd’hui une nouveau rapport de sa Coalition canadienne contre la distraction au volant intitulé ‘Distraction au volant politiques en matière de sécurité au travail : Dossier d’analyse à l’intention des employeurs’. Il a été élaboré en consultation avec Co-operators, Drop It And Drive, l’industrie du camionnage et les représentants de la santé et de la sécurité au travail.

Ce rapport souligne l’importance des politiques de lutte contre la distraction au volant en milieu de travail pour protéger le personnel. Les difficultés des derniers mois ont entraîné des ajustements majeurs à la nouvelle normalité, alors que les entreprises se préoccupaient de la pandémie de COVID-19 et mettaient en place de nouvelles mesures de santé et de sécurité. À la suite du retour à un volume de circulation normale, la sécurité des travailleurs essentiels et des autres personnes qui dépendent de nos routes reste une priorité.

«En plus des coûts incommensurables pour les communautés et les familles qui subissent des décès et des blessures graves en raison de la distraction au volant, ces collisions ont des coûts et des conséquences importants pour les employeurs», explique Robyn Robertson, présidente et directrice générale de la Fondation de recherche sur les blessures de la route. «Dans plusieurs juridictions canadiennes, les collisions routières représentent près d’un tiers des personnes tuées lors d’incidents traumatisants en milieu de travail.»

En 2017, selon la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (WSIB), le nombre moyen de jours perdus pour les employés de transport blessés dans le mois suivant un incident en milieu de travail s’élevait à neuf. Non seulement les entreprises subissent des pertes économiques dues à l’absentéisme des employés (pour cause de blessures) et au remplacement des travailleurs qualifiés, mais elles doivent également engager des frais importants pour réparer ou remplacer les équipements endommagés ou les biens détruits. Les coûts peuvent être exponentiels et non limités à la durée de la collision. Les employeurs peuvent s’attendre à engager des frais sur une période de plusieurs mois, voire de plusieurs années, ce qui peut avoir des répercussions sur tous les domaines de leurs activités, et ce sont les petites entreprises qui ont le plus à perdre.

Au cours des 20 dernières années, une baisse constante des blessures et des demandes d’indemnisation a été enregistrée dans le secteur des transports grâce à l’engagement des employeurs envers des normes de sécurité plus élevées. De fait, le nombre de gros camions impliqués dans des collisions mortelles a généralement diminué entre 2000 et 2015. Alors qu’au Canada, leur nombre a fluctué entre 309 et 523 entre les années 2000 et 2015, plus récemment le nombre de gros camions impliqués dans des collisions mortelles est passé à 389 en 2017, selon Transports Canada.

Les principales conclusions du rapport sont les suivantes :

Investir dans la sécurité se traduit par un roulement moins important et un taux de rétention plus élevé des conducteurs qualifiés et compétents dans un secteur où le nombre de candidats potentiels diminue.

Le coût pour élaborer une formation standard sur la prévention pour tous les nouveaux employés est toujours inférieur au coût de la formation après l’incident pour le petit nombre d’employés qui peuvent en avoir besoin.

Des collisions et de réclamation répétées sont un indicateur de risque et entraînent en fin de compte des frais d’assurance beaucoup plus élevés.

De nombreuses petites entreprises ne seraient toutefois pas pleinement conscientes des conséquences d’une tache sur leur registre du code national de sécurité, qui peut avoir des effets durables. «L’industrie du camionnage au Canada s’est engagée à éliminer la distraction en travaillant de manière proactive sur plusieurs fronts. Les efforts identifiés dans l’analyse de rentabilité de la FRBR et utilisés par les membres de l’Alliance canadienne du camionnage fournissent des exemples concrets de mesures proactives prises par notre industrie», a déclaré Geoff Wood, vice-président principal, politique, Alliance canadienne du camionnage. «Nous continuons à travailler en coopération avec les gouvernements et à partager des approches innovantes pour lutter contre la distraction au volant dans le cadre de notre plan de sécurité en 10 points qui fait également la promotion de l’importance de la formation des conducteurs.»

Cette analyse de rentabilité décrit les coûts des programmes de prévention et les compare aux coûts des collisions. Elle démontre l’intérêt d’intégrer les politiques de lutte contre les distractions au volant dans les programmes de sécurité au travail et de les faire valoir dans les pratiques de sécurité quotidiennes. Elle contient également un appel à l’action pour que les employeurs de ce secteur mettent en œuvre des politiques de lutte contre la distraction au volant en tant qu’élément normatif des programmes de sécurité au travail. Des outils sont inclus pour aider les employeurs à estimer les coûts pour leur entreprise et à quantifier la valeur des politiques de sécurité en matière de distraction au volant, qui peuvent protéger le personnel et améliorer la sécurité dans les communautés où ils vivent et travaillent.

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