Une deuxième grève des ingénieurs du gouvernement du Québec pourrait entraîner des retards sur certains chantiers routiers

Après deux semaines de trêve, les 1 800 ingénieurs du gouvernement du Québec – dont 1 200 sont rattachés au ministère des Transports du Québec (MTQ) – regroupés au sein de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), sont retournés en grève hier, le 1er juin. Ces nouvelles perturbations, si elles se prolongent, auront un impact négatif sur l’avancement de certains chantiers et la circulation routière dont les camionneurs feront aussi les frais.

Au coeur du litige, il y a les salaires et la rétention de l’expertise à l’interne. Deux problèmes qui sont étroitement liés, évidemment. Or, et malgré des avancées importantes dans les négociations, notamment en ce qui a trait aux salaires, l’APIGQ reproche au gouvernement de négliger les ingénieurs des échelons inférieurs.

Le noeud du problème

Bitume Québec
Une grève prolongée des ingénieurs du gouvernement du Québec pourrait entraîner de graves conséquences sur la séquence de travail de certains chantiers routiers au Québec. (Photo: Bitume Québec)

« Nous avons accepté la semaine à 37,5 heures et la classification d’experts de Sonia Lebel mais, de son côté, elle n’a pas bougé sur le rattrapage salarial. Encore aujourd’hui, plus de 50 % de nos membres ne recevraient presque rien. C’est impossible que ça passe au vote auprès des ingénieurs dans de telles circonstances. Il faut être pragmatique. C’est à croire qu’elle aime ça voir ses ingénieurs en grève», a raillé le président de l’APIGQ, Marc-André Martin, dans un communiqué envoyé aux médias hier.

Pour la présidente du Conseil du trésor du Québec, Sonia Lebel, « les deux parties étaient à un cheveu de s’entendre. » Notamment en ce qui a trait aux échelons supérieurs des salaires. De 95 900$, le maximum passe à 125 000$ pour un ingénieur et 130 000$ pour un chef d’équipe.

C’est du côté des échelons inférieurs que ça bloque, donc.

Ce soubresaut imprévu dans les négociations aura des conséquences, parmi lesquelles l’arrêt ou le ralentissement des travaux sur certains chantiers routiers névralgiques. On pense ici au pont de l’Île-aux-Tourtes, qui enjambe l’Île de Montréal, et la ville de Vaudreuil-Dorion à l’Ouest, mais également l’autoroute 50 entre Mirabel et Gatineau, l’autoroute 117 entre Rivière-Rouge et Labelle dans les Laurentides et au pont de l’Île d’Orléans, en banlieue de Québec.

Bitume Québec en furie

Réagissant au nom de ses membres, Bitume Québec, par l’entremise de son président, Tytus Zurawski, craint que les impacts de ce conflit de travail entraînent des mises à pied massives d’employés et une impossibilité d’effectuer certains travaux d’urgence sur les chantiers, le cas échéant.

Précisions :

« Nos entreprises ne pourront tolérer encore longtemps de garder leurs travailleurs en emploi, en l’absence de travail et de revenus, précise M. Zurawski, ajoutant que les entreprises pourraient même être dans l’impossibilité, dans ce contexte, de vaquer aux travaux d’urgence qui pourraient advenir. »

Un retour à la normal, dans un contexte de mises à pied massives, serait pour le moins incertain. Plusieurs travailleurs saisonniers licenciés pourraient décider de ne pas retourner sur les chantiers une fois réglé ce conflit. Et comme les membres de Bitume Québec sont pris entre l’arbre et l’écorce, ils ne peuvent que constater leur impuissance à régler un conflit qui s’étire dangereusement dans le temps.

Rédacteur professionnel depuis plus de 15 ans, Christian possède une expérience considérable à titre de journaliste spécialisé en transport, notamment à titre de directeur de la rédaction de L'Écho du transport, magazine aujourd'hui disparu, et de Transport durable magazine.

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  • Se conflit affecte aussi le marquage routier sur les route qui appartiennent à la mtq !
    Nous ne pouvons faire notre travail du à la grève.
    Il y a rien de plaisant quand ont se fait couper nos heures quand ont travaillent saisonnier !
    Si le conflit ne se règle pas très vite nous allons manquer d’heures pour avoir notre chômage cette hiver.