Une Journée d’information de l’industrie du camionnage sous le signe de la prévention

Dans le cadre de leur Journée d’information de l’industrie du camionnage, le courtier en assurances Burrowes et le cabinet d’avocats Dexar ont voulu mettre l’accent, avec leurs invités, sur la prévention, la sensibilisation et les bonnes pratiques.

Animée par le sympathique journaliste sportif Yvan Martineau, la journée a débuté sur les chapeaux de roues avec Me Josée Lamothe de Dexar. Spécialisée en droit du transport, Me Lamothe a pris trois heures et présenté plus de 90 pages de diapositives pour décliner la nouvelle Politique d’évaluation des propriétaires et exploitants de véhicules lourds au Québec qui entrera en vigueur le 1er janvier prochain.

Photo: Istock
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Parmi les faits saillants de cette refonte, notons que la pondération pour les différentes infractions, auparavant réservée aux seuls exploitants d’un véhicule lourd, s’appliquera aussi aux propriétaires de camions.

Une pondération plus sévère

En ce qui a trait à la pondération elle-même, Me Lamothe mentionne que « le pointage, sauf pour de très rares exceptions, a été revue à la hausse ». Notamment en ce qui a trait aux infractions critiques.

Un exemple pour bien imager les intentions du législateur québécois: une infraction au Code criminel impose aujourd’hui cinq points au dossier du responsable. En date du 1er janvier 2023, le pointage monte à six points pour chaque infraction critique.

Pour avoir brûlé un feu rouge ou négliger de faire son arrêt, le chauffeur se verra ajouter cinq plutôt que trois points à son dossier.

Les infractions critiques

Dans la catégorie des Infractions graves et critiques, Me Lamothe précise qu’elles peuvent se produire dans quatre différentes zones de comportement à six points pour chaque infraction.

La première, Règles de circulation, va de la conduite dangereuses au délit de fuite, de la négligence criminelle causant des lésions corporelles ou la mort au chauffeur qu’on laisse conduire un poids lourd alors qu’il est l’objet d’une sanction. Notamment de la Commission des transports du Québec.

La seconde, Utilisation d’un véhicule lourd, s’applique dans les cas suivants: « exploiter ou conduire un véhicule lourd malgré une interdiction; circuler dans un tunnel avec des matières dangereuses; conduire un véhicule lourd ou laisser conduire un véhicule lourd avec une défectuosité majeure; ne pas respecter une interdiction de conduire après une mise hors service du conducteur », dit la conférencière.

La troisième, Charges et dimensions, il y a à retenir: circuler sur un pont ou un viaduc qui impose des restrictions de charges avec un camion dont la masse totale en charge est de 20 000kg ou plus; circuler sans escorte policière alors que le permis l’exige; excéder la hauteur du chargement de 0,5 mètre ou plus, la largeur de un mètre et plus, la longueur de cinq mètres ou plus, et 2,5 mètres ou plus à l’arrière, sur les côtés et à l’avant; avoir une charge excédant de 20% ou plus la masse totale en charge indiquée sur le permis spécial de circulation ou d’un transport normalisé.

Il y a, enfin, la zone Sécurité des véhicules qui pointe du doigt le propriétaire et/ou l’exploitant qui laisse circuler un camion sur les routes malgré une interdiction ou présentant une défectuosité majeure.

La prévention

Pour améliorer le bilan routier au Québec, il y a évidemment le cadre légal dont on vient de décliner quelques faits saillants, il y a la répression sur les routes par les contrôleurs routiers mais il y a également la prévention.

Avec l’objectif d’améliorer le bilan routier au Québec, Évelyne Cazelais de la Société d’assurances automobiles du Québec et Mario Seckinger de Contrôle routier Québec (CRQ) sont venus présenter leur stratégie et leur vision d’un camionnage sécuritaire.

Deux éléments ont retenu notre attention: la sensibilisation auprès des enfants et des personnes âgées (usagers vulnérables) et l’importance de la formation avant et après avoir engagé un conducteur.

Mme Cazelais, qui est conseillère, relations avec le milieu pour les régions de la Montérégie et l’Estrie, fait beaucoup de sensibilisation dans les écoles et les centres pour personnes âgées. Les dangers associés aux angles morts de camions sont pris très au sérieux par les deux organisations. « On fait souvent des démonstrations avec un vrai camion pour que les enfants apprivoisent les angles morts et se mettent physiquement à la place du chauffeur dans la cabine », dit Mme Cazelais.

La formation

L’autre volet est la formation pratique des chauffeurs. Ceux qui viennent d’être embauchés, et ceux qui sont très expérimentés. M. Seckinger indique que « la formation pratique en entreprise pour les nouveaux conducteurs permet de réduire, à la hauteur de 15%, le taux d’accident par rapport aux entreprises qui n’offrent pas la formation ».

Des formations pour les plus expérimentés des chauffeurs aident également à améliorer le bilan des accidents. « Ils sont parfois plus récalcitrants à admettre qu’ils ont pris des mauvais plis au fil des ans ». Avec l’aide de la télématique et la télémétrie, les organisations peuvent identifier les mauvais comportements et les corriger efficacement. « Des interventions qui ont permis de réduire les accidents de 29% », termine le contrôleur routier.

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Pour avoir accès au document complet de la Politique d’évaluation des propriétaires et exploitants de véhicules lourds révisée, c’est par ici.

Rédacteur professionnel depuis plus de 15 ans, Christian possède une expérience considérable à titre de journaliste spécialisé en transport, notamment à titre de directeur de la rédaction de L'Écho du transport, magazine aujourd'hui disparu, et de Transport durable magazine.

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