Vaudreuil-Soulanges presse Québec d’achever l’autoroute 20

À l’approche des élections provinciales, plusieurs voix de la région de Vaudreuil-Soulanges lancent un appel aux chefs de partis afin que le projet d’optimisation du tronçon manquant de 7 km de l’autoroute 20 soit inscrit au prochain Plan québécois des infrastructures (PQI).

Parmi celles-ci figurent des représentants de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, de Développement Vaudreuil-Soulanges (DEV), de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges (CCIVS) et du comité citoyen Pour une vraie 20, tous membres de la campagne régionale non partisane L’inachevée.

Depuis 1964, une portion de 7 km de l’autoroute 20 demeure inachevée. L’autoroute devient ainsi un boulevard urbain à Vaudreuil-Soulanges et à L’Île-Perrot, ponctué de dix feux de circulation.

(Photo : Développement Vaudreuil-Soulanges)

«C’est inacceptable qu’au Québec, en 2026, une infrastructure aussi stratégique soit encore inachevée. Les 23 municipalités de la MRC parlent d’une seule voix et le ministère des Transports arrive à la même conclusion : un axe autoroutier ininterrompu s’impose. Il ne manque maintenant qu’une décision politique : inscrire l’optimisation de l’autoroute 20 au prochain PQI», a déclaré Patrick Bousez, préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges et maire de Rivière-Beaudette.

Cette position s’appuie notamment sur le mémoire déposé par la MRC en 2024 et sur l’étude d’opportunité réalisée par le ministère des Transports et de la Mobilité durable, dont les conclusions, rendues publiques en mai 2025, vont dans le même sens.

«Dès 1964, le gouvernement du Québec a exproprié des familles et des commerçants pour compléter l’autoroute 20. Soixante ans plus tard, les terrains lui appartiennent toujours, mais le projet n’est pas réalisé», a affirmé Paul Dumoulin, maire de Vaudreuil-Dorion.

«Cet inachèvement a laissé une cicatrice et crée encore aujourd’hui des irritants importants pour notre population et notre développement. Nos familles ont fait leur part il y a 60 ans. Il est temps que le gouvernement fasse la sienne.»

Selon les représentants, le tronçon inachevé constitue un important frein économique pour la région. Il est situé sur l’un des principaux corridors routiers entre Toronto et Montréal, où circulent plus de 21,5 millions de véhicules, dont un sur dix est un camion de marchandises. Tous sont ralentis par la congestion et les feux de circulation. Selon une étude indépendante de Raymond Chabot Grant Thornton, le statu quo pourrait représenter 1,1 milliard $ en pertes évitables sur 20 ans.

«Ne rien faire n’est pas gratuit : le statu quo nous coûte déjà 1,1 milliard $ sur 20 ans, en congestion et en occasions manquées. Nous payons déjà cette autoroute sans en récolter les bénéfices. Les études sont faites, les terrains sont publics, la solution est connue : il ne manque qu’une inscription au PQI», a indiqué Danie Deschênes, présidente de DEV, mairesse de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot et représentante des maires de l’île Perrot.

«Nos entreprises réclament depuis longtemps l’optimisation de la 20», a ajouté Mélanie Bossé, présidente de la CCIVS. «La situation actuelle fait fuir la clientèle, retarde les livraisons, fait perdre du temps et crée des enjeux de main-d’œuvre. Les conséquences sur notre économie sont bien réelles. Les impacts ne sont pas vécus uniquement par la communauté d’affaires d’ici : du Port de Montréal à Toronto, les entreprises en subissent toutes les conséquences.»

La pétition portée par le comité citoyen Pour une vraie 20 a recueilli 16 222 signatures, témoignant de l’importance accordée à cet enjeu par la population.

«L’inachevée impacte beaucoup nos communautés et cela depuis de nombreuses générations», a fait part Me Pierre Séguin, du comité citoyen Pour une vraie 20. «Le projet d’optimisation de la 20 n’est pas l’affaire d’un parti, mais d’un gouvernement. Nous serons là après l’élection pour rappeler cet engagement au prochain gouvernement.»


Donnez votre avis

Vos données ne seront ni publiées, ni partagées.

*