Volvo fait la lumière sur son projet LIGHTS

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Volvo Trucks North America  a tenu la semaine dernière en Californie son événement LIGHTS, mettant en vitrine son camion régional VNR Electric, auquel quelque 250 personnes ont pris part.

Le projet LIGHTS (Low Impact Green Heavy Transport Solutions) implique 15 partenaires publics et privés et comprend un projet pilote dans le cadre duquel deux transporteurs californiens exploiteront commercialement cinq Volvo VNR Electric dans le port de Long Beach.

«Le projet LIGHTS a commencé en 2018 et maintenant, c’est réel, c’est ici», a déclaré Peter Voorhoeve, PDG de Volvo Trucks North America.

L’objectif est de démontrer la viabilité du transport de marchandises tout électrique dans le trafic à haute densité et les zones urbaines selon une approche globale et innovante. Le groupe Volvo contribue à hauteur de 36,7 millions de dollars US à ce projet qui commande un investissement total de 90 millions de dollars.

Parmi les partenaires, on trouve le South Coast Air Quality Management District, qui a reçu 44,8 millions de dollars du California Air Resources Board dans le cadre du programme California Climate Investments (CCI).

Les camions du projet LIGHTS seront mis en service commercial par deux transporteurs américains, soit Dependable Supply Chain Services et NFI. Les ingénieurs et chefs de projet de Volvo surveilleront et évalueront étroitement les performances, les cycles de conduite, la capacité de charge, le temps de disponibilité, l’autonomie et d’autres paramètres des véhicules dans ces utilisations réelles au cours des prochains mois.

Les camions seront entretenus par TEC Equipment, de Fontana, le plus grand concessionnaire Volvo Mack en Amérique du Nord, qui contribue pour 800 000 $ au projet et qui a installé deux bornes de recharge dans ses installations. Outre TEC, Trillium a installé deux chargeurs rapides de 150 kWh à ses relais routiers d’Anaheim, le port de Long Beach fera de même et les flottes impliquées prévoient également installer leurs propres bornes.

Un clin d’œil à Montréal

Volvo consentira deux milliards de dollars additionnels par année en Amérique du Nord pour la recherche et développement, à partir de cette année.

«Nous croyons en ce continent et nous croyons que beaucoup de choses vont se produire ici. Nous sommes fiers aussi de construire 100 pour cent de nos camions nord-américains ici, aux États-Unis», a indiqué Martin Lundstedt, grand patron du groupe Volvo.

«Vous pouvez voir un certain nombre d’exemples de notre innovation à l’œuvre dans différents secteurs en ce moment même, que ce soit en électrification, en automatisation ou en connectivité» a indiqué M. Lundstedt. «Par exemple, dans le secteur du transport en commun, 5 000 de nos autobus électriques sont en exploitation partout dans le monde, mais principalement en Europe, et la Ville de Montréal conduit présentement des essais plus intensifs pour offrir des solutions de transport en commun tout électriques.»

Lors d’une courte entrevue, nous avons demandé à M. Lundstedt de nous parler plus en détails de ces essais.

«Comme vous savez, avec Prévost et plus particulièrement Nova, nous comptons sur une riche histoire en matière d’électrification du transport en commun. Nous faisons présentement des tests en collaboration avec la Ville de Montréal et, à mesure que nous avancerons, nous verrons quelles seront les possibilités futures et nous continuerons à investir dans nos installations québécoises en conséquence.»

Les essais menés à Montréal permettront notamment de déterminer quels types d’utilisations conviennent le mieux à l’électromobilité, sur quelles lignes et quelles capacités seront requises.

«Il s’avère qu’au Québec, évidemment, vous produisez de l’hydro-électricité verte qui est idéale tant du point de vue culturel qu’énergétique, en vue de guider la société vers une plus grande électromobilité du côté des autocars et des autobus et, possiblement, des camions», de nous confier le numéro un du groupe Volvo.

Mais revenons au projet LIGHTS et à ses camions. Plutôt que d’importer ses camions électriques européens à cabine avancée, Volvo a choisi d’électrifier son VNR nord-américain, dévoilé à Montréal lors d’ExpoCam 2017.

Le VNR Electric sera offert en configuration 4×2, 6×2 avec essieu relevable et 6×4. La propulsion est assurée par deux moteurs électriques reliés à une transmission deux vitesses. En marche arrière, la rotation du moteur électrique est simplement inversée. Lars Stenqvist, directeur de la technologie du groupe Volvo, a expliqué que ce groupe propulseur, importé d’Europe, est le fruit de la stratégie Common Architecture and Shared Technologies (CAST) de Volvo.

«La stratégie CAST, c’est la raison pour laquelle Volvo a pu si rapidement développer l’électromobilité dans chacun de ces secteurs où elle est présente. À mesure que la technologie des batteries va progresser, nous allons apporter l’électromobilité dans des segments de plus en plus lourds et sur des distances de plus en plus longues», d’indiquer M. Stenqvist. «Le développement des batteries va extrêmement vite. Dans le projet LIGHTS, nous allons passer par deux phases de batteries avant d’arriver à la commercialisation.»

D’un poids brut combiné de 66 000 lb, le camion peut être pourvu de quatre ou six batteries selon la tâche à accomplir et la distance à franchir. On prévoit que les premiers VNR Electric rouleront entre 75 et 100 milles par jour. On remarque la présence d’un radiateur afin de refroidir ou de réchauffeur les batteries. Le compartiment moteur loge un boîtier d’alimentation.

Durant sa vie utile, le VNR Electric produira de 40 % à 60 % moins de CO2 que son équivalent au diesel, a souligné Brett Pope, directeur de l’électromobilité pour Volvo Trucks North America. À l’extérieur, on n’entend pratiquement rien du moteur électrique et l’intérieur de la cabine est six décibels plus silencieux que l’intérieur d’une cabine de camion diesel.

J’ai eu l’occasion de faire une boucle du circuit de course de Fontana au volant du camion électrique et, comme avec une voiture électrique, il faut regarder le tableau de bord pour savoir si le moteur est en marche. La régénération d’énergie par freinage, qui peut être réglée selon trois niveaux, donne un effet de compression semblable à un frein moteur. L’accélération est impressionnante, mais c’est une des qualités qui viennent avec la propulsion électrique. Sinon, la conduite du VNR Electric est semblable à celle du VNR diesel. Avec une formation appropriée, un chauffeur pourra apprendre comment tirer le maximum de la propulsion électrique.

Les leçons qui seront tirées du projet LIGHTS serviront lors des dernières étapes de développement qui mèneront à la production en série et à la commercialisation du VNR Electric à la fin de 2020.

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