Chauffeurs inc. : le PQ promet plus de contrôles et des sanctions renforcées
La campagne électorale n’est pas encore officiellement déclenchée — elle devrait l’être le 29 août en vue du scrutin du 5 octobre — mais la période des promesses est bel et bien commencée. Le Parti québécois (PQ) s’engage à durcir les sanctions et à accroître la surveillance afin de lutter contre le phénomène des «chauffeurs au rabais» s’il forme le prochain gouvernement.
Le parti veut notamment responsabiliser davantage les transporteurs et les donneurs d’ouvrage, intensifier les contrôles à la frontière Québec-Ontario et donner plus de moyens aux contrôleurs routiers.
Le PQ affirme que près de 1 200 incidents impliquant des véhicules associés au modèle des «chauffeurs au rabais» ont été recensés en 2024. Selon lui, les entreprises qui recourent à ce modèle profiteraient des lacunes réglementaires pour réduire leurs coûts de 20 à 30%, au détriment de la sécurité routière, des emplois québécois et de la rentabilité des transporteurs qui respectent les règles.

«Pendant que l’Ontario laisse perdurer des failles importantes dans la formation et la délivrance des permis, que le fédéral tarde à agir contre les pratiques de “chauffeurs au rabais” et que la CAQ n’a toujours pas rétabli les patrouilles des contrôleurs routiers au Québec, ce sont les Québécois et l’industrie qui paient le prix», a déclaré Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine.
Le Parti Québécois reproche notamment au gouvernement de la CAQ de ne pas avoir rétabli les patrouilles des contrôleurs routiers, suspendues depuis 17 mois.
Le parti propose de revoir les amendes imposées pour des infractions comme le dépassement des heures de conduite, le non-respect des règles de circulation et les défectuosités mécaniques. Il souhaite que les sanctions puissent viser les employeurs, et pas seulement les chauffeurs fautifs.
Les grandes entreprises qui confient du travail en sous-traitance à des fournisseurs employant des «chauffeurs au rabais» pourraient également être tenues responsables et recevoir des amendes. Le PQ promet par ailleurs de mieux protéger les chauffeurs qui dénoncent ces pratiques.
«Nous allons donner aux contrôleurs routiers les moyens d’agir efficacement, responsabiliser les employeurs, durcir les sanctions et intensifier la surveillance aux frontières», a affirmé Alex Boissonneault, député d’Arthabaska. «Il faut mieux encadrer l’industrie du camionnage pour lutter contre le modèle des “chauffeurs au rabais”. À travail égal, mêmes règles pour tous.»
Sur le plan de la surveillance, le PQ propose d’élargir les heures d’ouverture des postes de pesée situés à la frontière Québec-Ontario. Il envisage également des restrictions d’accès au territoire québécois pour les transporteurs qui accumulent les infractions.
Le parti veut aussi améliorer le partage de renseignements entre les ministères et organismes concernés, accroître les effectifs dans les postes de contrôle et faciliter l’accès des contrôleurs routiers aux données dont ils ont besoin.
Enfin, il souhaite accélérer la formation des contrôleurs routiers au maniement des armes à feu afin de permettre une reprise rapide de leurs patrouilles sur les routes du Québec.
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