Crime organisé : l’ACC réclame des réformes pour renforcer la sécurité du camionnage
L’Alliance canadienne du camionnage (ACC) exhorte le gouvernement fédéral à faire du camionnage une priorité dans le cadre des consultations en cours sur la sécurité des transports et le travail forcé. Cette demande fait suite à des reportages médiatiques fondés sur des documents de renseignement récemment rendus publics, qui décrivent comment le crime organisé exploite les chaînes d’approvisionnement canadiennes.
L’Alliance affirme que ces reportages viennent renforcer les préoccupations de longue date concernant le crime organisé, l’exploitation de la main-d’œuvre et les «transporteurs caméléons», des entreprises qui contournent les mesures d’application de la loi en fermant leurs portes pour ensuite reprendre leurs activités sous un nouveau nom.

«Le crime organisé, l’exploitation de la main-d’œuvre et les transporteurs caméléons qui ne respectent pas les règles de sécurité constituent depuis longtemps des problèmes majeurs pour l’industrie du camionnage», a déclaré Greg Arndt, président du Conseil de l’ACC. «Les plus récentes révélations en matière de sécurité démontrent clairement que notre secteur doit faire l’objet d’une attention particulière et de haut niveau dans le cadre de ces processus de consultation fédéraux.»
L’ACC affirme réclamer des mesures de sécurité plus strictes auprès des autorités canadiennes et américaines depuis la publication, plus tôt cette année, de décrets présidentiels américains visant à lutter contre le trafic transfrontalier illicite.
Parmi ses recommandations, l’Alliance réclame un contrôle plus rigoureux des entreprises de camionnage, de leurs propriétaires et des chauffeurs qui participent aux activités transfrontalières. Elle estime que les programmes de sécurité existants devraient être élargis afin de mieux détecter les activités liées au crime organisé et au travail forcé. Elle souhaite également que seuls les transporteurs conformes et ayant fait l’objet d’une vérification par le gouvernement puissent participer aux programmes d’immigration et de travailleurs étrangers.
L’Alliance estime que les prochaines révisions de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), ainsi que les consultations en cours du gouvernement fédéral sur la sécurité des chaînes d’approvisionnement, offrent l’occasion de renforcer les mécanismes de surveillance.
L’ACC a également relevé ce qu’elle considère comme plusieurs vulnérabilités systémiques, notamment :
- L’exploitation présumée du programme canadien de visas pour étudiants étrangers par des organisations criminelles afin de recruter des chauffeurs de véhicules commerciaux.
- Des enquêtes sur le trafic transfrontalier de drogues qui ont identifié des entreprises canadiennes de camionnage parmi les réseaux de transport utilisés pour acheminer des stupéfiants.
- Le recours abusif au modèle Chauffeur inc. afin de sous-payer certains étudiants étrangers et travailleurs étrangers temporaires, tout en se soustrayant aux obligations liées à l’emploi.
- La poursuite des activités de transporteurs caméléons qui réapparaissent sous de nouvelles identités d’entreprise après avoir fait l’objet de mesures d’application de la loi.
«Les transporteurs respectueux des lois qui sont en première ligne font face à une double menace : ceux qui font systématiquement des compromis en matière de sécurité et les réseaux criminels qui exploitent exactement les mêmes failles réglementaires», a affirmé M. Arndt.
L’ACC affirme que sa proposition permettrait d’orienter la surveillance fédérale vers une application plus proactive de la réglementation, tout en renforçant la vérification des transporteurs qui participent aux programmes d’immigration et de travailleurs étrangers temporaires.
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