Grève au Port de Montréal: le Québec et l’Ontario demandent à Ottawa d’intervenir

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Une semaine après le déclenchement d’une grève générale illimitée par le Syndicat des débardeurs au Port de Montréal, les gouvernements du Québec et de l’Ontario demandent conjointement au gouvernement fédéral d’intervenir afin de régler le conflit.

Dans une lettre adressée à Filomena Tassi, ministre du Travail du Canada et Navdeep Bains, ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, des ministres des deux provinces ont fait part de leurs préoccupations concernant les effets du conflit de travail sur la chaîne d’approvisionnement économique du Québec, de l’Ontario et de l’est du Canada, notamment dans les secteurs de l’alimentation, de a fabrication, automobile et du commerce de détail. Ils ont aussi souligné «l’importance de maintenir la compétitivité du Port de Montréal et du fleuve Saint-Laurent face aux ports de la côte est américaine, sachant que le Port de Montréal alimente également nombre d’entreprises du Midwest américain».

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec. (Photo: Facebook)

Les signataires sont Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec; Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité du Québec; Monte McNaughton, ministre du Travail, de la Formation et du Développement des compétences de l’Ontario et Victor Fedeli, ministre du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce de l’Ontario. Ils soutiennent que ce conflit aura des retombées négatives sur les économies du Québec, de l’Ontario et de l’Est du Canada.

«Nous demandons la poursuite des efforts du gouvernement fédéral visant à favoriser le dialogue entre les parties dans le but qu’elles parviennent rapidement à une entente négociée, ce qui permettra de rétablir le fonctionnement normal du Port de Montréal et de limiter l’impact sur l’économie et la population, et ce, au bénéfice des Québécois, des Ontariens et des habitants de l’est du Canada», écrivent-ils.

«Le Québec est à une étape cruciale de la relance économique et nous aurons besoin de tous nos outils économiques pour relever les défis qui nous attendent», soutient le ministre Boulet. «Cette grève a des impacts importants pour le Port de Montréal, mais aussi, et surtout, sur les importateurs, les exportateurs, les entreprises et ultimement sur les citoyens de tout le Québec. De plus, cette situation s’ajoute à une crise économique liée à la pandémie de la COVID-19 qui a déjà des effets négatifs sur de nombreuses entreprises ayant besoin d’importer et d’exporter via les installations portuaires.»

Des associations de l’industrie ont aussi appelé le gouvernement fédéral à intervenir afin de trouver une solution au conflit, notamment la Chambre de commerce du Canada, l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, l’Association des produits forestiers du Canada, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, le Conseil canadien du commerce de détail et les Manufacturiers et exportateurs du Québec.

Cette perturbation nuit à notre capacité à répondre aux besoins de nos clients et à donner du travail à nos employés.  Le gouvernement fédéral doit absolument déployer toutes les ressources nécessaires pour régler ce différend.

«Le Port de Montréal est une infrastructure essentielle au secteur canadien des produits forestiers. Nous exportons des centaines de produits à l’échelle mondiale et recevons des expéditions de l’étranger chaque jour», souligne Derek Nighbor, PDG de l’Association des produits forestiers du Canada . «Nous estimons que cette perturbation a déjà entraîné près d’un million de dollars américains en coûts supplémentaires et en ventes perdues pour notre secteur en Ontario et au Québec, et ce, pendant une période où nous sommes confrontés à une forte demande en bois d’œuvre et à un secteur des pâtes et papiers en difficulté en raison de la COVID-19.  Cette perturbation nuit à notre capacité à répondre aux besoins de nos clients et à donner du travail à nos employés.  Le gouvernement fédéral doit absolument déployer toutes les ressources nécessaires pour régler ce différend.»

« L’industrie minière est un client de premier plan du Port de Montréal. Elle transporte d’importants volumes de minerai de fer, de nickel, de gypse et de métaux recyclés vers des fonderies et affineries de la région. Dans le contexte d’une perturbation massive de la chaîne d’approvisionnement et d’une atteinte sans précédent à la réputation du Canada en tant que partenaire commercial international fiable, cette grève et l’absence de mesures efficaces pour la résoudre témoignent d’une incapacité incompréhensible à accorder la priorité à la reprise économique du Canada en cette période de grande nécessité, a claré Pierre Gratton, PDG de l’Association minière du Canada.

Dans une entrevue accordée à Transport Routier le 7 août dernier, Marc Cadieux, PDG de l’Association du camionnage du Québec a exhorté le gouvernement fédéral à intervenir dans le conflit au Port de Montréal.

«Depuis le début de l’année, notre industrie a été frappée de plein fouet. Des transporteurs se retrouvent actuellement dans une situation précaire. Plusieurs d’entre eux sont à bout de souffle», a-t-il dit.

«Il y a les emplois directs, mais aussi plusieurs emplois indirects, comme chez les expéditeurs qui manutentionnent ou redistribuent les conteneurs. Les effets collatéraux sont considérables», de dire Marc Cadieux. «C’est une situation majeure. Le gouvernement fédéral doit s’impliquer rapidement et de façon significative.»

Les opérations du Port de Montréal, premier port dans l’Est du Canada et seul port à conteneurs sur le Saint-Laurent, génèrent une activité économique évaluée à 2,6 milliards de dollars. Une valeur totale de 100 milliards de dollars y transite annuellement. Il reçoit plus de 2 500 camions par jour, 60 à 80 trains par semaine et 2 000 navires par année et réunit  6 300 entreprises en transport et logistique.

 

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