Isaac Horizon 2026 : moins de vidéos à gérer, plus d’outils pour les flottes

Cinq cents vidéos à examiner chaque semaine. C’est ce que peut générer une flotte de 100 camions équipée de caméras intelligentes capables de détecter les comportements à risque. L’intelligence artificielle permet de surveiller davantage de situations, mais elle peut aussi donner beaucoup plus de travail aux gestionnaires.

Chez Isaac Instruments, on veut maintenant renverser cette tendance : détecter davantage de comportements à risque, mais réduire considérablement le nombre de vidéos que les responsables de la sécurité doivent examiner, comme l’a expliqué Jean-Sébastien Bouchard, chef des produits et cofondateur d’Isaac Instruments, lors de la conférence des utilisateurs Horizon 2026.

En ouverture de la conférence, Jacques DeLarochellière, PDG et cofondateur d’Isaac Instruments, a abordé la conjoncture économique du camionnage.

Jacques DeLarochellière (Photo: Isaac)

Selon lui, les mesures prises au Canada et aux États-Unis pour mieux faire appliquer certaines règles, notamment en matière de qualification des chauffeurs et de lutte contre les pratiques non conformes, pourraient réduire la capacité de transport disponible.

Cette réduction de l’offre pourrait favoriser une remontée des tarifs, mais les transporteurs devront parallèlement composer avec la hausse de leurs dépenses, particulièrement celle du carburant, et avec des difficultés de recrutement. Il ne s’attend donc pas à ce que 2027 soit nécessairement plus facile que 2026.

Jacques DeLarochellière a également repris sa réflexion sur les risques liés à la concentration des données entre les mains d’un seul fournisseur technologique et sur le rôle que pourrait jouer l’intelligence artificielle pour permettre aux flottes de conserver le contrôle de leurs informations. Ces enjeux ont déjà été abordés dans cet article.

Des caméras qui interviennent avant les gestionnaires

L’une des principales nouveautés présentées par Jean-Sébastien Bouchard a trait aux caméras embarquées et à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour détecter les comportements à risque.

Au fil des années, Isaac a multiplié les événements que ses caméras peuvent reconnaître : freinages brusques, distances de suivi insuffisantes, arrêts obligatoires non respectés, excès de vitesse, distraction ou utilisation du téléphone cellulaire.

Selon Jean-Sébastien Bouchard, un chauffeur parcourant environ 120 000 kilomètres par année générait autrefois quelque 150 événements brusques annuellement. L’arrivée des alertes en temps réel sur les tablettes a permis de réduire cette moyenne à environ 30 événements. Mais avec l’ajout des événements détectés par intelligence artificielle, le nombre est remonté à environ 330 par chauffeur et par année, soit cinq à six événements par semaine.

«Mesurer plus, gérer moins», a résumé Jean-Sébastien Bouchard. La solution consiste à intervenir directement auprès du chauffeur, plutôt que d’attendre qu’un gestionnaire examine la vidéo et communique avec lui.

Jean-Sébastien Bouchard (Photo: Isaac)

Lorsqu’un chauffeur ne respecte pas un arrêt obligatoire, dépasse la limite de vitesse, utilise son téléphone ou détourne son attention de la route, le système peut lui transmettre une alerte sonore ou visuelle en cabine.

Isaac ajoute également des avertissements permettant au chauffeur de corriger son comportement avant qu’un événement critique soit officiellement enregistré. Par exemple, lorsqu’un camion dépasse une limite de vitesse, le chauffeur peut disposer de dix secondes pour ralentir. S’il corrige sa vitesse, aucune vidéo n’est générée et aucune intervention du gestionnaire n’est nécessaire.

Selon les projections d’Isaac, les alertes en cabine pourraient ramener le nombre d’événements critiques à environ 90 par chauffeur et par année. Les avertissements préalables devraient permettre de réduire davantage cette quantité.

Des caméras qui respectent la vie privée

Isaac a également développé un mode de confidentialité permettant de détecter certains comportements sans enregistrer systématiquement des images des chauffeurs. Une caméra orientée vers l’intérieur de la cabine peut ainsi reconnaître une distraction ou l’utilisation d’un téléphone et transmettre une alerte sans conserver d’enregistrement vidéo.

Les gestionnaires peuvent créer différents groupes de chauffeurs et activer temporairement l’enregistrement pour ceux dont les comportements nécessitent un suivi plus étroit. Cette approche vise à faciliter l’utilisation des caméras intérieures, particulièrement au Québec où la protection de la vie privée demeure un enjeu important.

Les alertes en cabine sont disponibles dans la version 9 de la plateforme. La version 10, annoncée pour la mi-novembre, doit ajouter les avertissements préalables, le mode confidentialité et de nouveaux paramètres de configuration.

Isaac lance également une alimentation électrique de secours pour ses caméras de deuxième génération. Celle-ci permet de transmettre les vidéos après un accident majeur, même lorsque l’alimentation électrique du camion a été interrompue.

Repérer les fraudes au carburant

La lutte contre la fraude au carburant constitue un autre volet important des nouveautés. Isaac a développé un module qui compare les quantités de carburant réellement ajoutées au réservoir, estimées à partir des données du véhicule et de l’intelligence artificielle, avec les transactions enregistrées par les cartes de carburant ou les pompes de l’entreprise.

Si, par exemple, une transaction indique l’achat de 200 litres alors que le système détecte une augmentation d’environ 100 litres dans le réservoir, une anomalie peut être signalée au gestionnaire.

Selon Jean-Sébastien Bouchard, environ 95% des transactions peuvent être rapprochées automatiquement. Les gestionnaires peuvent ensuite examiner les anomalies et, lorsque les véhicules sont équipés de caméras latérales, consulter les images pour approfondir leur vérification. Le module facilite également la préparation des déclarations IFTA.

Des économies de carburant importantes

Jean-Sébastien Bouchard a aussi présenté les résultats obtenus par des flottes utilisant Isaac Fuel Coach, un outil qui vise à améliorer les habitudes de conduite et à réduire la consommation.

Selon les chiffres communiqués, 21 flottes regroupant environ 3 000 camions et affichant un score supérieur à 90 auraient économisé collectivement quelque 3,4 millions de gallons de carburant au cours des 12 derniers mois, soit près de 13 millions de litres.

Cela représente environ 4 000 litres par camion annuellement, ou des économies estimées entre 8 000 et 9 000$ par véhicule.

Isaac a également mandaté une firme indépendante pour mesurer l’effet des comportements de conduite sur la consommation de carburant. Les essais présentés ont fait ressortir des écarts importants selon les habitudes de conduite.

Simplifier la gestion des heures de service

Plusieurs améliorations ont trait également aux dispositifs de consignation électronique, particulièrement la conduite dans la cour et les mouvements de véhicules attribués au mauvais chauffeur.

Jean-Sébastien Bouchard a indiqué que, sur environ 80 000 chauffeurs utilisant la plateforme Isaac, seulement 10 000 disposent actuellement de l’option de conduite de cour. Ces utilisateurs auraient néanmoins généré environ 500 000 activations de ce mode au cours du seul mois de septembre.

Isaac permet désormais aux flottes de définir des zones géographiques dans lesquelles la conduite de cour est autorisée. Le chauffeur ne peut alors activer cette fonction que lorsqu’il se trouve dans une zone désignée.

Une fonction de désenregistrement automatique permet également de déconnecter un chauffeur lorsqu’un camion demeure stationné pendant une période déterminée dans une zone prévue à cet effet. L’objectif est notamment d’éviter qu’un déplacement ultérieur soit attribué au mauvais chauffeur.

Pour les opérations américaines, Isaac propose aussi une fonction permettant d’exclure certains courts déplacements du calcul des heures de conduite, sans les effacer du registre. Cette possibilité n’est pas offerte au Canada en raison des exigences réglementaires.

Par ailleurs, l’application mobile Isaac Connect permet maintenant aux chauffeurs légalement autorisés à utiliser un registre papier d’inscrire manuellement leurs heures de conduite, de travail et de repos. L’application offre aussi de nouvelles notifications et permet aux chauffeurs de consulter la position de leur matériel roulant, notamment pour vérifier si un camion ou une remorque est disponible.

Isaac a également travaillé avec Trimble Maps pour améliorer la navigation CoPilot. Les mises à jour cartographiques pourront désormais être effectuées de manière incrémentale, ce qui doit réduire considérablement les téléchargements de données Les formulaires deviennent plus dynamiques et des champs s’affichent selon les réponses du chauffeur.

Enfin, une nouvelle fonction permet de signaler lorsqu’un chauffeur s’attelle à une remorque différente de celle qui lui a été attribuée afin d’éviter qu’elle soit transportés vers la mauvaise destination.

Avec ces nouveautés, Isaac entend poursuivre en 2027 le développement d’outils destinés à réduire le travail administratif des gestionnaires tout en facilitant le quotidien des chauffeurs.


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