L’ACC demande à Ottawa de s’attaquer à l’exploitation des camionneurs et au vol de salaires

L’Alliance canadienne du camionnage (ACC) exhorte le gouvernement fédéral à renforcer l’application de la loi afin de lutter contre l’exploitation des travailleurs, le travail forcé et le vol de salaires dans l’industrie du camionnage.

Dans son mémoire présenté dans le cadre des consultations fédérales sur le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement internationales, l’ACC affirme que des pratiques d’emploi illégales touchent le secteur du camionnage. Elle réclame un renforcement de l’application des lois au pays, notamment la mise en place d’un solide Programme des employeurs reconnus afin d’améliorer la surveillance des pratiques en matière d’immigration et d’emploi.

(Photo : iStock)

L’Alliance affirme que le travail forcé dans le secteur du camionnage peut impliquer des réseaux transnationaux reliant des représentants en immigration, des écoles de conduite de camions et des entreprises de camionnage au Canada et à l’étranger.

Selon l’ACC, les travailleurs étrangers temporaires et les personnes qui arrivent au Canada par l’intermédiaire d’autres programmes d’immigration pour travailler dans le camionnage national et transfrontalier peuvent être particulièrement vulnérables. Des signalements indiquent que certains chauffeurs sont rémunérés entre 22 et 24 cents le mille, soit environ le tiers des taux en vigueur sur le marché et bien en deçà du salaire minimum, selon l’Alliance.

L’ACC affirme que des acteurs mal intentionnés peuvent recourir aux menaces, aux représailles et à d’autres formes de contrôle pour maintenir les travailleurs dans une situation d’exploitation, parfois dans le cadre de réseaux criminels organisés. Les profits illicites qui en découlent peuvent largement dépasser ceux que pourraient espérer réaliser des entreprises de camionnage légitimes.

L’Alliance affirme que de telles pratiques désavantagent également sur le plan concurrentiel les transporteurs qui respectent les lois en matière d’emploi et de fiscalité ainsi que les autres exigences réglementaires.

L’ACC souhaite que les efforts du Canada pour lutter contre le travail forcé et l’exploitation des travailleurs s’attaquent également au vol de salaires, à la classification erronée des travailleurs ainsi qu’aux pratiques visant à contourner les obligations en matière de paie, de fiscalité et de normes du travail. Elle réclame également une surveillance accrue des voies d’immigration susceptibles de contribuer à l’exploitation de camionneurs vulnérables.

L’Alliance estime que les mesures d’application de la loi devraient cibler les responsables des pratiques non conformes, tout en protégeant les travailleurs, en favorisant une concurrence équitable et en veillant à ce que les entreprises légitimes ne soient pas pénalisées pour des situations indépendantes de leur volonté.


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