Le gouvernement du Québec mise sur une transition énergétique graduelle pour le camionnage d’ici 2050

Le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Bernard Drainville, a annoncé le lancement du Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE) 2026-2050, la feuille de route qui guidera les choix énergétiques du Québec au cours des 25 prochaines années, notamment en ce qui concerne le transport lourd.

Le PGIRE constitue la première vision intégrée à long terme de la gestion des ressources énergétiques du Québec. Il vise à anticiper les besoins, à mieux planifier les investissements et à orienter les choix nécessaires pour assurer la sécurité énergétique de la province jusqu’en 2050. Le plan repose sur cinq grandes orientations qui guideront les décisions du gouvernement en matière de production, de transport et de consommation d’énergie.

(Photo : EBI)

«L’énergie est aujourd’hui bien plus qu’une ressource : elle est devenue un levier de prospérité, de souveraineté économique, de lutte contre les changements climatiques et de rayonnement international. Avec le PGIRE 2026-2050, nous faisons le choix d’une vision à long terme fondée sur le pragmatisme et une planification rigoureuse», a déclaré Bernard Drainville.

«Nous préparons le Québec à répondre aux besoins de demain tout en créant les conditions nécessaires pour attirer les investissements, accroître notre productivité, créer des emplois de qualité et renforcer notre sécurité économique. Notre énergie est l’un de nos plus grands atouts. À nous d’en faire l’un des plus grands leviers de notre avenir.»

Une transition énergétique graduelle pour le transport lourd

Le PGIRE 2026-2050 privilégie notamment une approche fondée sur la diversification des sources d’énergie afin d’assurer la décarbonation du secteur des transports tout en préservant la sécurité énergétique et la compétitivité économique.

Le document reconnaît que le transport demeure l’un des principaux consommateurs d’énergie au Québec. Il prévoit toutefois que sa part de la consommation énergétique totale passera d’environ 30% en 2022 à 20% d’ici 2050, grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique et à l’adoption progressive de technologies moins émettrices.

Pour le camionnage, le gouvernement estime que les carburants fossiles continueront de jouer un rôle important pendant plusieurs décennies. Le diesel demeurera nécessaire dans certains usages où les solutions de rechange ne sont pas encore pleinement déployées, même si son utilisation est appelée à diminuer graduellement.

Le plan mise également sur une croissance de l’utilisation des carburants renouvelables. Le Québec entend poursuivre l’intégration du biodiesel et d’autres carburants à faible intensité carbone, conformément au règlement qui prévoit une teneur minimale de 10% de contenu renouvelable dans le diesel et de 15% dans l’essence d’ici 2030.

Le gaz naturel conserve lui aussi une place dans la stratégie énergétique québécoise. Le gouvernement souhaite maintenir les infrastructures existantes tout en augmentant progressivement la proportion de gaz naturel renouvelable distribuée sur le réseau.

L’hydrogène figure également parmi les filières appelées à se développer. Bien que sa contribution demeure modeste dans les projections gouvernementales, il est présenté comme une solution prometteuse pour les secteurs difficiles à électrifier, notamment certaines applications du transport lourd.

Le Québec continuera toutefois de dépendre des produits pétroliers importés pendant la transition. Le gouvernement considère que les installations de raffinage ainsi que les réseaux d’approvisionnement demeureront essentiels pour assurer la sécurité énergétique de la province.

Le PGIRE établit également un lien direct entre l’énergie et les chaînes d’approvisionnement, affirmant que le maintien d’infrastructures énergétiques fiables constitue un élément clé de la résilience économique, particulièrement dans un contexte de tensions géopolitiques et de perturbations des chaînes logistiques.

Parmi les grandes orientations du plan figure aussi l’objectif «d’optimiser les milieux de vie et les réseaux de transport de personnes et de marchandises afin de réduire leur consommation énergétique et de tendre vers leur décarbonation». Le document ne précise toutefois aucune mesure spécifique visant le camionnage lourd pour atteindre cet objectif, comme un calendrier d’abandon du diesel, une cible de ventes de camions électriques ou une obligation d’électrification des flottes commerciales.


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