Les flottes américaines prudemment optimistes pour 2026, sans se précipiter sur les commandes
Si l’ambiance qui régnait parmi les flottes lors du Heavy Duty Aftermarket Dialogue au cours des deux dernières années était marquée par l’«incertitude», elle a cette année évolué vers un «optimisme prudent».
«Nous avons connu qu’une seule semaine exceptionnelle en 2025», a déclaré James Burg, président-directeur général de James Burg Trucking, une entreprise de camionnage établie au Michigan. «Nous avons déjà enregistré deux semaines exceptionnelles en janvier, ce qui me laisse croire que la dynamique est là.»
Malgré cette amélioration, James Burg Trucking compte encore des camions immobilisés. M. Burg précise qu’il faudrait une hausse de 10 à 15 % du chiffre d’affaires avant d’envisager de nouvelles commandes. «Cela dit, il suffit d’un seul coup de fil. Si nous obtenons un gros contrat, nous nous lancerons immédiatement et je consulterai les carnets de commandes pour voir à quelle vitesse nous pouvons commander.»

Le président de Nationalease, Dean Vicha, partage l’opinion selon laquelle 2026 devrait être meilleure que l’année précédente. À tel point que l’entreprise a commencé à commander de nouveaux camions.
«Je suis vraiment prudent dans mon optimisme», a-t-il déclaré lors d’une table ronde tenue dans le cadre du Heavy Duty Aftermarket Dialogue. «Nos ventes ont été très bonnes au cours des deux premières semaines de 2026. Nous avons commandé un nombre important de camions afin d’anticiper les hausses de prix liées à la norme EPA27.»
Cette confiance repose sur une demande plus soutenue de la part des clients de location à court et à long terme, qui n’achètent généralement des camions que lorsqu’ils ont du fret immédiat à transporter.
«Dans ce secteur, on fait faillite quand on a trop de camions. On ne fait jamais faillite quand on n’en a pas assez», a souligné M. Vicha, tout en reconnaissant l’urgence de commander avant que les règles EPA27 sur les émissions de NOx ne fassent grimper les prix. «Nous pensons qu’il restera peu de temps avant que les fabricants ne soient en rupture de stock pour 2026. Ensuite, nous commencerons à regarder du côté des prix pour 2027.»
Les tarifs de fret, les prix des camions d’occasion et le taux d’utilisation des unités de location sont tous en hausse, a-t-il ajouté. La demande devrait continuer de croître aux deuxième et troisième trimestres. «Nous serons probablement encore en deçà des niveaux de commandes d’avant la COVID, mais certainement au-dessus de ceux de l’an dernier.»
De son côté, Shannon O’Brien, directrice principale de la programmation et de la stratégie chez MEMA, a présenté les résultats de l’enquête annuelle menée auprès des membres de l’organisation. La majorité des répondants s’attendent à une amélioration du marché du fret au second semestre de 2026 — une prévision formulée pour une troisième année consécutive.
Le «prudent optimisme» ressort également de cette enquête, les membres anticipant une croissance modérée cette année. «Le scénario dominant demeure un début d’année lent, suivi d’une amélioration plus soutenue au second semestre», a indiqué Mme O’Brien.
La plupart des dirigeants de transporteurs ayant participé à un panel sur les flottes ont indiqué n’avoir commandé aucun camion l’an dernier. Peu d’entre eux prévoient augmenter leurs commandes en 2026, à moins d’un redressement soudain de la demande de fret.
David Schnautz, président de Clark Freight Lines, un transporteur de conteneurs basé au Texas, a indiqué que son entreprise avait opté pour la première fois pour un contrat de location avec services complets.
«L’entretien de nos camions nous coûtait très cher», a-t-il expliqué. «On avait l’impression que le fabricant d’équipement d’origine ne se souciait pas de remettre rapidement nos camions en service.»
L’entreprise a donc dû louer des véhicules à ses frais afin de permettre aux chauffeurs de continuer à rouler et de respecter ses engagements envers les clients.
Chez Groendyke Transport, spécialisée dans le vrac, « 2025 a été la pire année que nous ayons connue », a affirmé Joseph Richley, vice-président à la maintenance. Le chiffre d’affaires a reculé pendant que les coûts explosaient. L’entreprise, qui exploite une flotte de 750 camions, n’a acheté aucun véhicule l’an dernier et ne prévoit aucune commande cette année. Elle n’a pas non plus commandé de nouvelles remorques, bien que son matériel roulant spécialisé ait généralement une durée de vie d’environ 20 ans.
Enfin, pour la coopérative agricole CHS Inc., qui exploite environ 6 000 unités motrices et 8 000 remorques, l’activité a été freinée non seulement par la hausse des coûts, mais aussi par les perturbations liées aux tarifs douaniers. La coopérative a notamment été touchée par les tarifs sur le soja ainsi que par la baisse des expéditions de pétrole brut et d’engrais en provenance du Canada.
CHS a toutefois acheté 150 camions l’an dernier et prévoit en ajouter environ 50 en 2026.
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