Les flottes se tournent vers des pièces plus abordables et vers les achats en ligne sous la pression des budgets

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Le nom figurant sur l’emballage des pièces de rechange est aujourd’hui moins déterminant qu’il ne l’était auparavant. Sous la pression croissante sur leurs marges, les flottes se montrent de plus en plus disposées à changer de marque, voire à essayer des pièces dites «bon marché».

Certains transporteurs estiment que ces marques à plus faible coût répondent adéquatement à leurs besoins opérationnels et, dans certains cas, trouvent en ligne des produits sans marque offrant des performances comparables à celles des pièces d’origine. Cette tendance est clairement ressortie lors du Heavy Duty Aftermarket Dialogue tenu cette semaine à Grapevine, au Texas.

«Si la pièce est de bonne qualité, qu’elle affiche un faible taux de défaillance et que le distributeur est en mesure de la stocker au niveau requis avec un bon taux de service, je veux obtenir le meilleur rapport qualité-prix dès maintenant», a déclaré Joseph Meyer-Razon, responsable de la catégorie transport chez la coopérative agricole CHS Inc., qui exploite 6 000 unités motrices et 8 000 remorques. «Les tarifs de fret sont tellement bas que je dois économiser partout où c’est possible. Si un filtre fonctionne de la même manière, j’achèterai le moins cher que je peux trouver.»

(Photo : iStock)

Il a toutefois précisé qu’il s’assurait toujours que l’utilisation de pièces à bas prix n’annule pas la garantie des camions avant de les installer. L’approvisionnement en pièces plus économiques et le recours accru au commerce électronique figuraient parmi les thèmes récurrents soulevés par les représentants des flottes présents à l’événement.

M. Meyer-Razon a ajouté : «Il y a encore certaines composantes pour lesquelles nous utilisons des pièces d’origine. Mais nous avons commencé à identifier les fabricants réels derrière certaines pièces OEM et à nous approvisionner directement auprès d’eux. Nous obtenons la même qualité, la même technologie et le même design, sans la marque d’origine. C’est l’une des stratégies que nous mettons en place cette année.»

Dennis Schnautz, président de Clark Freight Lines, a pour sa part commandé une même pièce à la fois auprès du fabricant d’équipement d’origine et sur Amazon, constatant qu’elles étaient pratiquement identiques — jusqu’au texte figurant sur l’emballage — la version achetée en ligne étant toutefois moins coûteuse.

Présentant les résultats d’une enquête menée auprès des membres de la MEMA, Shannon O’Brien a indiqué que la fidélité à la marque persistait, «mais qu’elle évoluait». « Ce n’est plus le facteur décisif qu’elle était autrefois. La marque seule ne justifie plus des prix élevés, surtout dans un contexte où la maîtrise des coûts est primordiale », a-t-elle expliqué.

(Photo : iStock)

Un répondant à l’enquête a d’ailleurs résumé cette évolution en comparant les décisions d’achat professionnelles à celles des consommateurs. «Si quelqu’un fabrique une pièce presque aussi bonne, mais 30 % moins chère, laquelle choisiriez-vous dans votre vie personnelle?», a-t-il lancé.

Cette réalité n’échappe pas aux fournisseurs de pièces de rechange d’origine. Dans une présentation précédente, Drew Backeberg, vice-président principal du marché des pièces de rechange chez Daimler Truck North America, a indiqué que l’entreprise stockait davantage de pièces à forte valeur et à prix compétitif dans ses centres de distribution afin de répondre à cette sensibilité accrue aux coûts. Elle a également simplifié ses processus de commerce électronique, ce qui lui a permis d’atteindre un chiffre d’affaires annuel d’un milliard de dollars en seulement cinq ans dans la vente en ligne de pièces de rechange.

«Ce n’est pas l’avenir, c’est déjà la réalité», a-t-il affirmé à propos du commerce électronique dans le secteur des pièces.

Toutefois, l’approvisionnement en pièces à bas prix, particulièrement en ligne, comporte certains risques, notamment la perte du soutien technique généralement associé aux pièces d’origine. Les retours peuvent également s’avérer plus complexes. Les représentants des flottes présents ont unanimement indiqué vouloir maintenir un contact direct avec les représentants commerciaux pour bénéficier de formation et de soutien.

«Ai-je besoin de ces représentants qui travaillent en personne? Oui. Ne vous en débarrassez pas», a insisté Meyer-Razon.

Et, comme l’a fait remarquer M. Schnautz, lui-même ancien représentant dans le secteur des pièces : «C’est agréable quand on vous invite à dîner. Le commerce électronique ne fait pas ça.»


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