Les industries touchées par les tarifs douaniers peinent à s’en sortir alors que la guerre commerciale s’étire sur une deuxième année

De l’acier laminé aux armoires de cuisine, les entreprises canadiennes visées par des tarifs douaniers ciblés des États-Unis peinent à s’adapter alors que la guerre commerciale se prolonge pour une deuxième année.

Bien que la majorité des exportations continuent de circuler sans droits de douane en vertu de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, des secteurs comme la production de métaux, le bois d’œuvre et l’automobile continuent de faire face à des tarifs élevés plus d’un an après que le président Donald Trump a bouleversé l’ordre commercial mondial. Les entreprises ont réduit leurs effectifs, ralenti leur production et pressé les gouvernements d’intervenir, alors que ces tarifs douaniers importants continuent d’ébranler la relation commerciale avec les États-Unis.

(Photo: iStock)

Prenez l’exemple de Daniel Drapeau, chef de la direction du fabricant québécois d’armoires sur mesure Miralis. Son entreprise a investi 43 millions $ depuis 2022 pour construire deux usines, largement automatisées afin d’accroître la productivité, mais comme bien d’autres acteurs du secteur, elle fonctionne aujourd’hui bien en deçà de sa capacité.

Le problème, comme dans d’autres secteurs touchés par les tarifs de la Section 232, ne se limite pas à la perte du marché américain. Il tient aussi au fait que les pays exclus de la plus grande économie mondiale cherchent eux aussi de nouveaux débouchés, ce qui pousse bon nombre d’entre eux à tenter d’écouler davantage de produits au Canada.

Dans l’ensemble, le secteur des pièces automobiles figure parmi les plus durement touchés. Statistique Canada a rapporté qu’on comptait 64 828 travailleurs dans la fabrication de pièces en décembre, soit une baisse de 9,5 % par rapport à l’année précédente.

Ce recul survient malgré une légère hausse de l’emploi dans l’ensemble du secteur manufacturier l’an dernier, ce qui montre que certains segments précis en subissent le plus lourd impact, a expliqué Claire Fan, économiste principale à RBC.

«En raison de la manière dont ces tarifs sont imposés… cinq ou six sous-secteurs clés de la fabrication sont vraiment, vraiment durement touchés par rapport au reste de l’économie.»

Et certains secteurs souffrent depuis déjà un certain temps. L’industrie du bois d’œuvre résineux a été frappée par des tarifs élevés dès 2017, auxquels Donald Trump a depuis ajouté, ce qui a entraîné une baisse de la production de plus de 25% depuis la première vague, a-t-elle souligné.

Résultat : 22 scieries ont fermé depuis 2022 et 50 autres ont réduit leurs activités.

Si les baisses de production et les suppressions d’emplois figurent parmi les impacts les plus visibles, l’incertitude entourant le commerce se traduira également par une diminution des investissements. Cette incertitude entraîne aussi une baisse des commandes à court terme.

Même si les armoires de cuisine n’ont pas été frappées par un doublement des tarifs, cette simple possibilité crée en soi un problème.

«Nous sommes toujours sous la menace d’une hausse de 50%», a déclaré M. Drapeau. «Je crois que les Américains perçoivent cela comme un risque de commander au Canada, en raison de cette augmentation possible.»

Il a indiqué que, bien que des impacts se fassent déjà sentir, le pire pourrait encore être à venir.

«Des centaines d’emplois ont été perdus et des milliers d’autres sont en travail partagé, et il y en aura malheureusement davantage dans les prochains mois ou années si nous ne trouvons pas de solutions.»


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