Les transporteurs privilégient les outils d’IA qui améliorent l’efficacité en temps réel

Avatar photo

L’intelligence artificielle (IA) gagne du terrain dans la gestion des transports. Bien que l’industrie n’en soit encore qu’aux premières étapes de son adoption, les transporteurs ont déjà une idée claire du rôle qu’ils souhaitent que l’IA joue dans leurs activités.

Selon le plus récent rapport State of AI de Trimble, la majorité des transporteurs ne cherchent pas à déléguer entièrement la prise de décision à des systèmes autonomes. Ils privilégient plutôt des outils d’IA capables d’améliorer l’efficacité opérationnelle en temps réel, notamment en matière de tarification, de routage, de gestion des heures d’arrivée prévues (ETA) et de répartition.

L’enquête repose sur les réponses de plus de 230 expéditeurs, transporteurs et prestataires de services logistiques (PSL), ainsi que sur des entretiens menés auprès de plus de 20 cadres supérieurs en Europe et aux États-Unis.

Seuls 13% des transporteurs et des PSL se disent favorables à une prise de décision entièrement autonome au sein d’un système de gestion des transports (TMS). La majorité privilégie plutôt un modèle avec intervention humaine, dans lequel l’IA prend en charge les tâches routinières, fournit des analyses et signale les exceptions.

Pour les flottes, la valeur de l’IA réside avant tout dans sa capacité à accélérer les réactions et à optimiser les opérations, plutôt que dans le remplacement du jugement humain, conclut Trimble.

Où les transporteurs utilisent-ils l’IA aujourd’hui?

Chez les transporteurs et les PSL, les cas d’utilisation les plus courants de l’IA touchent directement l’utilisation des actifs et la fiabilité du service. L’optimisation des tarifs et des itinéraires arrive en tête (42%), suivie du suivi en temps réel et de la gestion des ETA (39%). La planification des horaires des chauffeurs et des itinéraires (31%), l’acceptation et la répartition des chargements (29%) ainsi que la facturation et l’audit du fret (25%) figurent également parmi les principales applications.

Du côté des expéditeurs, près de la moitié (44%) déclarent utiliser l’IA pour la planification et l’optimisation du transport. D’autres citent l’approvisionnement en fret (37%) et la visibilité en temps réel (32%). Toutefois, 25% indiquent ne pas utiliser l’IA du tout, et environ 18% affirment ne même pas disposer d’un TMS.

L’enquête révèle également que seulement 8% des transporteurs et des PSL ne disposent pas de TMS, tandis que 24% indiquent que leur système ne comprend aucune capacité d’IA. En revanche, 39% utilisent un TMS doté de capacités d’IA de base et 13% les qualifient de modérées.

Lorsqu’on leur demande quelles capacités d’IA amélioreraient le plus la planification des itinéraires et l’optimisation de la flotte, plus de la moitié des transporteurs mentionnent le réacheminement en temps réel selon les conditions (54%) et la planification prédictive des itinéraires et des chargements (52%). La réduction des coûts de carburant et des kilomètres à vide suit à 42%.

(Graphique : Rapport State of AI, Trimble)

Plus de la moitié des expéditeurs interrogés estiment pour leur part que la simulation de scénarios en temps réel et la planification basée sur des prévisions tenant compte de la variabilité de la demande seraient les plus bénéfiques pour leurs processus.

Les intégrations de l’IA

Les transporteurs ont aussi des préférences claires quant à la manière d’intégrer l’IA dans leurs flux de travail quotidiens. Selon l’enquête, 63% des transporteurs et des PSL privilégient les tableaux de bord visuels accompagnés d’alertes. Les alertes ou notifications automatiques sont favorisées par 43% des répondants, tandis que 39% souhaitent que les recommandations de l’IA soient intégrées directement dans les flux de travail des répartiteurs ou des chauffeurs.

À l’inverse, l’intérêt diminue lorsque l’interaction devient plus passive. Seuls 31% des répondants se disent favorables à une automatisation basée sur l’IA avec un minimum d’intervention humaine, et moins du tiers apprécient les chatbots, les assistants vocaux ou les notifications via applications mobiles.

(Graphique : Rapport State of AI, Trimble)

Ces résultats suggèrent que les transporteurs sont plus à l’aise avec une IA qui améliore la conscience situationnelle et s’intègre naturellement aux outils existants, plutôt qu’avec des systèmes fonctionnant de manière autonome en arrière-plan, indique Trimble.

Même si l’autonomie totale demeure hors de portée pour la plupart des flottes, une ouverture croissante à l’automatisation des tâches se dessine. Les transporteurs citent en priorité le calcul et les alertes d’ETA (59%), l’optimisation des itinéraires et du carburant (40%) et la négociation de tarifs ponctuels (36%). L’acceptation et la répartition des chargements (34%), la vérification des factures et le traitement des exceptions (31%), ainsi que la prise de rendez-vous avec les expéditeurs figurent aussi parmi les usages envisagés.

La maintenance des actifs arrive toutefois loin derrière (8 %), ce qui démontre une réticence à confier à l’IA des décisions critiques touchant directement la sécurité.

(Graphique : Rapport State of AI, Trimble)

Un regard vers l’avenir

Au cours des trois à cinq prochaines années, 59% des transporteurs s’attendent à ce que l’IA ait un impact majeur sur la tarification et l’optimisation des itinéraires. La planification des horaires des chauffeurs (41%) et le suivi en temps réel des ETA (40%) suivent de près.

Les expéditeurs partagent cette vision, 86% d’entre eux anticipant un impact significatif de l’IA sur la planification et l’optimisation du transport au cours de la même période. En matière d’approvisionnement en fret, ils identifient la notation des performances des transporteurs (60%), les tendances prévisionnelles des tarifs (57%) et l’analyse comparative dynamique du marché (53%) comme les capacités offrant le plus de valeur à long terme.

(Graphique : Rapport State of AI, Trimble)

La qualité des données freine l’adoption

Malgré l’intérêt croissant pour l’IA, plusieurs obstacles persistent. Plus de la moitié des transporteurs et des PSL (57%) citent la qualité des données et les limites des systèmes comme principaux freins à l’adoption, suivis des défis d’intégration avec les plateformes des expéditeurs ou des courtiers (36%).

Les expéditeurs évoquent des préoccupations similaires, près de la moitié d’entre eux pointant la qualité des données comme principal enjeu, suivie des risques liés à la cybersécurité et à la protection des données (38%).

(Graphique : Rapport State of AI, Trimble)

Les répondants soulignent qu’un système d’IA ne peut fournir des analyses fiables lorsque les données sont incomplètes, incohérentes ou cloisonnées dans des plateformes non connectées. Dans ce contexte, transporteurs et expéditeurs privilégient la stabilisation de leurs données et de leurs systèmes internes avant d’envisager une planification collaborative élargie basée sur l’IA.

Ainsi, la planification collaborative interorganisationnelle figure parmi les derniers usages anticipés, tandis que l’amélioration de l’appariement et de la priorisation des chargements (55%) et l’agrégation des opportunités de fret en temps réel (43%) sont perçues comme plus porteuses. Les expéditeurs mettent également de l’avant le potentiel des capacités prédictives, notamment l’amélioration de la précision des ETA et la gestion des risques de perturbation (43%).

Avatar photo


Donnez votre avis

Vos données ne seront ni publiées, ni partagées.

*